Syrie: Kerry évoque un «plan B» en cas d’échec de la diplomatie

Un soldat syrien à un point de contrôle à l'extérieur de la ville syrienne de Raqa, le 19 février 2016. (AFP/Archives)
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Un soldat syrien à un point de contrôle à l'extérieur de la ville syrienne de Raqa, le 19 février 2016. (AFP/Archives)
Un soldat syrien à un point de contrôle à l’extérieur de la ville syrienne de Raqa, le 19 février 2016. (AFP/Archives)

Le secrétaire d’État américain John Kerry a évoqué mardi un éventuel « plan B » pour la Syrie en cas d’échec du processus diplomatique et politique que les États-Unis et la Russie tentent de faire avancer notamment via le cessez-le-feu prévu en fin de semaine.

« Il y a en ce moment des discussions importantes à propos d’un plan B, au cas où nous ne réussirions pas à la table » des négociations, a admis M. Kerry devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain.

Des informations sur cet hypothétique « plan B », qui mettrait davantage l’accent sur l’option militaire pour mettre fin au conflit en Syrie, avaient circulé début février entre des diplomates et dans la presse, à l’occasion d’un énième voyage de John Kerry en Europe.

Mais le secrétaire d’État mise tout depuis trois ans sur la diplomatie pour trouver une porte de sortie à la guerre.

Il est l’artisan avec son homologue russe Sergueï Lavrov d’un plan de paix qui s’est traduit par plusieurs accords internationaux depuis 2012: à Genève, Vienne, New York et le dernier à Munich le 12 février, signé par 17 pays et trois organisations multilatérales du groupe international de soutien à la Syrie (ISSG).

Volet de ce texte, les présidents américain et russe Barack Obama et Vladimir Poutine se sont entendus lundi sur les modalités d’un cessez-le-feu à compter de vendredi 26 février à 22H00 GMT.

Les accords internationaux prévoient aussi un processus de transition politique, comme des élections et une Constitution dans les prochains mois.

« Quand j’ai rencontré le président Poutine (en décembre à Moscou, ndlr) je lui ai dit très directement que le test n’allait pas avoir lieu dans six mois ou dans un an et demi quand les élections seront censées se dérouler », a relaté M. Kerry devant les sénateurs.

« Nous allons savoir dans un mois ou deux si ce processus de transition est vraiment sérieux. (Le président syrien Bachar al) Assad va lui-même devoir prendre de véritables décisions sur l’élaboration d’un processus de gouvernement de transition », a poursuivi le chef de la diplomatie américaine.

Et « si ce n’est pas le cas, comme vous l’avez lu dans les journaux et probablement entendu, des options d’un plan B sont évidemment examinées », a-t-il insisté, mais sans donner de précisions.

Ce sceptique de l’interventionnisme militaire, réputé optimiste, s’est dit toutefois sans « illusions »: « s’il n’y a aucun progrès, si rien ne se passe, ce sera très dur de garder les gens à la table » des discussions.

Depuis le début de la crise et de la guerre en Syrie en 2011, l’administration Obama a opté pour un soutien financier et militaire à des groupes d’opposition syriens, puis a monté une coalition militaire internationale qui frappe depuis l’été 2014 le groupe Etat islamique (EI).

Mais les Etats-Unis refusent de s’impliquer davantage militairement en Syrie, notamment par l’envoi de troupes aux sol, à l’exception de forces spéciales.

A propos du cessez-le-feu porté par Washington et Moscou, des groupes de l’opposition syrienne réunis dans le Haut comité des négociations (HCN) avaient annoncé lundi qu’ils l’acceptaient à condition que les dispositions de la résolution 2254 de l’ONU soient respectées.

« Nous exhortons le maximum de factions de l’opposition armée à exprimer leur soutien et leur disposition à prendre part à la cessation » des combats, a insisté dans un communiqué le porte-parole du département d’Etat, John Kirby.