Syrie: la Russie doit «changer de cibles» militaires sur le terrain, affirme Kerry à Munich

Le secrétaire d'État américain John Kerry à Munich, le 13 février 2016. (Department of State)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Le secrétaire d'État américain John Kerry à Munich, le 13 février 2016. (Department of State)
Le secrétaire d’État américain John Kerry à Munich, le 13 février 2016. (Department of State)

Le secrétaire d’État américain John Kerry a martelé samedi que la Russie devait « changer de cibles » militaires en Syrie, alors que la crise est à un « moment charnière » avec la perspective d’une trêve d’ici une semaine.

« Aujourd’hui la très grande majorité des attaques russes se concentrent sur les groupes d’opposition légitimes. Pour adhérer à l’accord (sur la trêve), il est essentiel que la Russie change de cibles » en Syrie, a-t-il dit lors de la Conférence sur la sécurité de Munich.

Les Occidentaux reprochent aux Russes de frapper surtout l’opposition modérée, et non les djihadistes les plus durs, afin de conforter le régime de Bachar al-Assad. Les Russes affirment de leur côté ne viser que des groupes « terroristes ».

« Nous sommes à un moment charnière » entre guerre et paix, a insisté John Kerry. « Les décisions qui seront prises dans les prochains jours, semaines ou mois peuvent mettre fin à la guerre (…) ou ouvrir la porte à un conflit encore plus large », a-t-il mis en garde.

Les États-Unis et la Russie viennent de tomber d’accord sur une « cessation des hostilités » en Syrie dans un délai d’une semaine, à l’exception de l’offensive contre les djihadistes, afin de relancer le processus de paix et de stopper l’exode de civils.

Les États-Unis sont prêts à s’asseoir à une même table avec les Russes pour déterminer quels groupes peuvent être bombardés ou pas, a poursuivi John Kerry, alors que Moscou demande une coopération entre militaires russes et américains sur ces questions.

« Il n’y a pas d’autre solution pour une cessation des hostilités que de s’asseoir à une table et de travailler ensemble sur tous les aspects de la question, qu’ils soient politiques, humanitaires ou militaires », a-t-il dit.

« Nous déterminerons ce qui doit être visé, ce qui ne devrait pas l’être, comment travailler ensemble pour que les gens ne quittent pas la table (des négociations) parce que, de toute évidence, si ceux qui sont prêts à participer au processus politique sont bombardés, on n’aura pas beaucoup de conversation », a-t-il ajouté.

La coalition militaire emmenée par les États-Unis mène de son côté depuis l’été 2014 des raids aériens contre le seul groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.