Trudeau annonce son plan de lutte contre l’EI et triplera la taille de la mission de formation

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Accompagné des ministres de la Défense nationale, du Développement international et des Affaires étrangères, le Premier ministre annonce le nouveau plan de lutte contre l'EI.
Accompagné des ministres de la Défense nationale, du Développement international et des Affaires étrangères, le Premier ministre annonce le nouveau plan de lutte contre l’EI. (CPM)

Le Premier ministre Justin Trudeau a annoncé lundi le nouveau plan de lutte contre le groupe armé État islamique. Le nouveau volet militaire durera au moins deux ans. Les CF-18 seront retirés d’ici quelques semaines, tandis que la mission de formation triplera de volume.

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Mise à jour à 16h30:

Le Pentagone a salué la décision du Canada de tripler le nombre de troupes de formation des forces kurdes en Irak. Le porte-parole du Pentagone Peter Cook a déclaré que la décision prise par le Canada a ajouté de «l’élan à l’effort» en amont des discussions entre les principaux ministres de la Défense à Bruxelles qui se tiendra cette semaine sur les moyens d’accélérer la lutte contre l’État islamique.
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Depuis qu’il a été élu à la tête du pays, Justin Trudeau a rappelé à plusieurs reprises qu’il comptait retirer les avions de chasse CF-18 de l’équation. Or, plusieurs mois ont passé sans en apprendre davantage.

Lors d’un point de presse lundi matin, le Premier ministre accompagné de ses ministres de la Défense, des Affaires étrangères et du Développement international, a donc annoncé que la capacité militaire canadienne dans la région passera de 650 à 830 soldats, et ce, malgré le retrait des CF-18. Il y aura donc environ 400 militaires supplémentaires, même une fois les CF-18 retirés.

Ainsi, les frappes aériennes cesseront au plus tard le 22 février, mais les autres avions resteront en place. De plus, la mission de formation passera de 69 à 230 conseillers militaires des forces spéciales.

Lors d’un briefing technique suivant le point de presse, le général Jonathan Vance a souligné qu’il y a suffisamment d’avions de la Coalition dans la région, c’est pour quoi, les Canadiens participeront davantage dans le ciblage de bâtiments et positions de combat de l’EI. Il a cependant prévenu que «des morts et des blessés sont possibles», et qu’il fallait être prêts car l’EI est un ennemi actif. Comme les conseillers feront la même mission qu’ils faisaient auparavant, les Canadiens se retrouveront donc près de la ligne de front, et pourraient devoir répondre à des tirs ennemis.



Du personnel médical des Forces armées canadiennes offrira aussi de la formation aux forces irakiennes  pour la prise en charge de blessés. Le Canada va également fournir des armes de petit calibre, des munitions et des dispositifs optiques aux forces irakiennes.

Le Canada déploiera également du personnel militaire dans divers quartiers généraux de la Coalition afin d’aider encore davantage les membres de la Coalition et les forces de sécurité irakiennes à planifier et exécuter les opérations militaires, ainsi qu’une centaine de militaires environ au Liban et en Jordanie.

La mission militaire est prévue pour durer deux années supplémentaires, mais sera réévaluée d’ici au 31 mars 2017.

Comme il s’agit d’un changement majeur, Justin Trudeau a annoncé que la mission sera soumis au vote de la Chambre des Communes.

Au total, Ottawa consacrera plus de 1,6 milliard $ sur trois ans pour la sécurité, la stabilisation, l’aide humanitaire et l’aide au développement dans la région. L’aide financière et militaire du Canada s’étendra par ailleurs en Jordanie et au Liban afin, selon Ottawa, «d’éviter la propagation de l’extrémisme violent».

Le volet humanitaire comporte un budget de 840 millions $ pour les trois prochaines années, et 270 autres millions pour améliorer les services de base offerts aux réfugiés.

Jusqu’à présent, la contribution canadienne à la lutte contre le groupe EI se résumait à six CF-18, un aéronef de ravitaillement CC-150 et deux aéronefs de patrouille CP-140, ainsi que 69 conseillers des forces spéciales.

Dans un communiqué, la cheffe du Parti conservateur Rona Ambrose est restée sur la ligne du parti en critiquant le retrait des CF-18.

«Depuis des générations, nos hommes et femmes en uniforme se battent courageusement contre ceux qui bafouent les droits de la personne et ceux qui menacent et terrorisent les innocents et les vulnérables, a dit Rona Ambrose. Aujourd’hui, dans sa première décision majeure en matière de politique étrangère, le premier ministre montre que le Canada n’est pas ‘de retour’. En fait, le premier ministre s’éloigne de nos fières traditions en retirant nos CF-18 et le Canada d’un rôle de combat contre la pire menace terroriste du monde».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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