Une partie des réfugiés syriens à venir probablement logés bientôt à Valcartier et Kingston

Jusqu'à 3000 réfugiés syriens pourraient être hébergés temporairement sur la base militaire de Valcartier, au nord de Québec. (Archives/45eNord.ca)
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Jusqu'à 3000 réfugiés syriens pourraient être hébergés temporairement sur la base militaire de Valcartier, au nord de Québec. (Archives/45eNord.ca)
La base militaire de Valcartier, au nord de Québec. Jusqu’à 2700 places d’hébergement temporaire sont disponibles au total sur les bases de Valcartier, près de Québec, et de Kingston, en Ontario.(Archives/45eNord.ca)

Le gouvernement canadien, qui doit encore accueillir près de 10.000 Syriens d’ici fin février, pourrait finalement devoir recourir à des bases militaires pour les héberger, en raison d’une pénurie de logements disponibles, a indiqué mercredi le ministre de l’Immigration.

Élus en octobre dernier, les libéraux du Premier ministre Justin Trudeau s’étaient engagés à accueillir 25.000 réfugiés syriens avant Noël, avant de réviser cette échéance à fin février face aux défis logistiques et sécuritaires.

Depuis le 4 novembre, et le début d’un pont aérien avec les camps de réfugiés du Liban et de Jordanie, 15.685 Syriens sont arrivés au Canada et les dossiers de quelque 6.000 autres ont été approuvés par les autorités fédérales, a déclaré le ministre de l’Immigration John McCallum.

« Je suis convaincu que nous aurons reçu 25.000 réfugiés avant la fin février », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.
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15 366 réfugiés syriens sont arrivés au Canada depuis le 4 novembre 2015

13 978 demandes des réinstallation des réfugiés en cours de traitement

6 355 demandes présentées par des réfugiés ont été traitées, mais ces réfugiés ne se sont pas encore rendus au Canada

(Source: Immigration Canada)[/toggle]
De Toronto à Vancouver, plusieurs grandes villes canadiennes avaient demandé il y a deux semaines aux autorités fédérales de surseoir à l’arrivée des réfugiés syriens, se disant incapables de leur fournir des logements convenables alors que l’hiver sévit.

Le gouvernement les a entendues et, le temps que ces municipalités s’organisent, les réfugiés ont été orientés vers des villes mieux disposées à les accueillir.

« Nous n’avons pas arrêté ni ralenti l’arrivée (des Syriens) aux aéroports », a assuré le ministre, tout en reconnaissant que « des problèmes persistent pour trouver rapidement des logements adéquats ».

Pour cette raison, le gouvernement canadien envisage d’héberger certains réfugiés sur les bases militaires de Kingston (Ontario, centre) et de Valcartier (Québec, est), qui ont déjà préparé des baraquements à ces fins.

« Il est assez probable que nous en ayons besoin avant la fin de l’opération », a dit M. McCallum.


Le Canada ne fait et ne fera aucun compromis sur la sécurité

Par ailleurs, l’accueil au Canada de 25 000 réfugiés syriens en un an a été l’objet d’un examen du comité sénatorial américain sur la sécurité intérieure, qui évalue les impacts de ce programme sur la sécurité intérieure aux États-Unis.

Le comité sénatorial, à majorité républicaine, a entendu notamment, mercredi, les témoignages de deux citoyens Canadiens qui se sont montrés critiques à l’égard du programme canadien.

L’un, David Harris, d’Ottawa, qui a déjà travaillé pour le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), a laissé entendre que l’un des moyens de se prémunir contre la menace terroriste serait d’accueillir moins d’immigrants. L’autre, un avocat de Toronto spécialisé en immigration, Guidy Maman, a qualifié d’irréalistes les objectifs chiffrés d’accueil du programme du gouvernement Trudeau.

Mais le sénateur démocrate du Delaware, Thomas Carper, a déposé devant le comité une lettre de l’ambassade canadienne à Washington qui décrit les diverses mesures mises en place par les autorités canadiennes pour sélectionner soigneusement les 25 000 réfugiés, et vante la coopération exemplaire avec les autorités américaines responsables de la sécurité.

Ottawa prévient aussi les sénateurs américains que ces réfugiés ne deviendront pas citoyens canadiens avant plusieurs années, et qu’ils devront obtenir un visa pour entrer aux États-Unis.

De l’avis du sénateur du Delaware cet afflux soudain de réfugiés n’exigera pas du Canada qu’il baisse la garde lors du processus de sélection.

«J’estime que nous devrions soutenir notre allié le Canada, qui veut bien faire, a soutenu le sénateur Carper. Par ailleurs, ne perdons pas de vue notre objectif ultime. En s’en prenant aux réfugiés qui arrivent aux États-Unis ou au Canada, on se détourne de notre réel défi: vaincre le groupe armé État islamique sur le terrain et lutter contre l’extrémisme violent chez nous.»

La question des réfugiés est devenue très chargée aux États-Unis en cette période des primaires avant la présidentielle de novembre 2016 et tout le monde, ou presque, dit un peu n’importe quoi du côté républicain pour plaire à sa base et remporter l’investiture du parti. Mais, entre les outrances d’un Carson qui déclare que la foi musulmane n’est pas compatible avec la présidence ou d’un Trump qui veut fermer la porte des États-Unis à tout musulman, la pression grimpe dans les pays voisins de la Syrie qui croulent sous le fardeau de millions de réfugiés et en Europe assaillie par une horde de demandeurs d’asile.

Et pendant ce temps, au Canada, qui fait sa modeste part pour soulager la pression et éviter l’explosion de réfugiés au Moyen-Orient, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a réitéré aujourd’hui lors de la période des questions à la Chambre des Communes qu’Ottawa ne fait et ne fera pour autant aucun compromis sur la sécurité.