Conférence de Genève sur les réfugiés syriens: le Canada continuera de donner l’exemple

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Le ministre canadien de l'Immigration, John McCallum, en compagnie du commissaire européen à l'Immigration Dimitris Avramopoulos, en marge de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les voies d’admission des réfugiés syriens qui s’est déroulée le 30 avril 2016 à Genève. (Compte twitter/@HonJohnMcCallum)
Le ministre canadien de l’Immigration, John McCallum, en compagnie du commissaire européen à l’Immigration Dimitris Avramopoulos, en marge de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les voies d’admission des réfugiés syriens qui s’est déroulée le 30 avril 2016 à Genève. (Compte twitter/@HonJohnMcCallum)

Alors que la plupart des pays riches se font tirer l’oreille pour accueillir des réfugiés, le Canada s’est engagé dans le cadre de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les voies d’admission des réfugiés syriens qui s’est déroulée aujourd’hui à Genève à continuer à réinstaller des réfugiés syriens tout au long de 2016 et par la suite.

Dans son allocution lors de la séance plénière de la réunion de haut niveau de l’UNHCR, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, John McCallum, a également exprimé son soutien aux efforts déployés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés visant à obtenir la participation des pays membres.

Depuis le premier appel lancé par l’ONU aux pays de réinstallation, en juin 2013, le Canada a accueilli plus de 29 300 réfugiés syriens, et il continuera de réinstaller les réfugiés syriens pris en charge par le gouvernement et ceux parrainés par le secteur privé tout au long de 2016. Notre plan cette année consiste à réinstaller jusqu’à 44 800 réfugiés, dont la majorité sont des Syriens. C’est le triple du nombre de réfugiés que le Canada a réinstallés au cours des dernières années.

Mais, si le Canada est exemplaire, les pays riches n’ont réinstallé qu’une fraction des près de cinq millions de réfugiés qui ont fui la Syrie, indiquait dans un rapport mardi l’ONG britannique Oxfam, leur lançant un appel pour en prendre plus.

L’ONG demande aux pays riches de prendre au moins 10% des 4,8 millions de réfugiés syriens enregistrés dans la région entourant le pays déchiré par la guerre. Mais à ce jour les pays riches n’ont réinstallé que 67 100 personnes, soit 1,39% des réfugiés, selon elle.

La grande majorité restent donc dans les pays proches, alors que le conflit entre dans sa 6ème année.

Pour sa part, le Secrétaire général de l’ONU a déclaré ce mercredi à Genève que la crise des réfugiés syriens exigeait « une hausse exponentielle de la solidarité mondiale », à l’ouverture d’une conférence destinée à trouver des pays d’accueil.

« Nous sommes ici pour répondre à la plus grande crise de réfugiés et de déplacés de notre temps », a dit Ban Ki-moon. « Ceci exige une hausse exponentielle de la solidarité mondiale », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a indiqué qu’au moins 480.000 Syriens, soit 10% des réfugiés et déplacés qui ont fui le conflit en Syrie, avaient besoin de trouver un pays d’accueil au cours des trois prochaines années.

« Les voisins de la Syrie ont fait preuve d’une hospitalité exceptionnelle », a-t-il dit. Le Liban, a-t-il rappelé, a accueilli plus d’un million de Syriens, la Turquie plus de 2,7 millions et la Jordanie plus de 600.000.

Aujourd’hui à Genève, les pays riches sont de nouveau sont priés de prévoir des places de réinstallation pour les réfugiés syriens, alors que, à part le Canada, l’Allemagne et la Norvège, l’Occident dans son ensemble, et notamment les États-Unis, n’ont carrément pas fait leur part.

Le Canada, lui, en plus de ses engagements concernant les réfugiés syriens, dispose en ce moment de plusieurs engagements pluriannuels à l’égard, notamment, des Congolais, des Érythréens et des Colombiens. Et la réinstallation des personnes d’autres nationalités désignées par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et par des répondants du secteur privé au Canada se poursuivra, a annoncé le ministre canadien.

En plus de cet engagement, le Canada jouera un rôle de premier plan en offrant de la formation et du soutien technique à d’autres pays afin d’aider à accroître le nombre de places de réinstallation à l’échelle mondiale, en travaillant avec Entraide universitaire mondiale du Canada pour explorer des façons d’élargir le Programme d’étudiants réfugiés, et en prolongeant d’un an l’assouplissement de certaines exigences administratives, souligne aussi Ottawa.

« Ensemble, ces mesures contribueront à renforcer la position du Canada en tant que partenaire solide et novateur du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés dans sa réponse à l’une des pires crises humanitaires de notre génération », de conclure le ministre McCallum.

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