Le chef du gouvernement libyen parrainé par l’ONU est arrivé à Tripoli

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Le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj, le 8 janvier 2016 à Tunis. (Archives/FETHI BELAID/AFP)
Le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj, le 8 janvier 2016 à Tunis. (Archives/FETHI BELAID/AFP)

Le chef du gouvernement libyen d’union nationale parrainé par l’ONU, Fayez al-Sarraj, est arrivé mercredi à Tripoli, bravant l’hostilité déclarée de la coalition de milices qui contrôle la capitale.
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Mise à jour au 30/03/2016 à 15h24

Les autorités non reconnues siégeant à Tripoli ont sommé mercredi le chef du gouvernement d’union contesté Fayez al-Sarraj de quitter la capitale libyenne quelques heures après son arrivée.

Dans une allocution télévisée, Khalifa el-Ghwell, chef du gouvernement non reconnu, a dénoncé comme « illégal » le gouvernement de M. Sarraj, qui est soutenu par l’ONU, et affirmé qu’il devrait « quitter » la capitale libyenne ou « se rendre ».

Pour sa part,’exprimant à chaîne de télévision al-Nabaa, Awad Abdelsadeq, vice-président du congrès général national (CGN), parlement non reconnu basé à Tripoli, a affirmé que Fayez al-Sarraj et les membres du conseil présidentiel « sont entrés illégalement en territoire libyen (…) aidés par des soldats et quelques traîtres afin d’enfoncer le pays dans un tunnel sombre ».

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« Accompagné par plusieurs membres du conseil présidentiel, M. Sarraj est arrivé à la base navale (de Tripoli) où ils a tenu une réunion avec les officiers de la base », a indiqué à l’AFP un responsable de la marine.

« Le président et les membres du Conseil présidentiel (CP) sont arrivés sains et sauf à Tripoli », a annoncé le CP sur sa page officielle sur Facebook.

M. Sarraj, qui était à Tunis mardi, a débarqué du bateau militaire libyen « Assaddada », escorté de navires pour le protéger, a-t-il précisé.

Il a été accueilli par des hauts gradés de la marine et des responsables locaux, dont Ares el-Khoja, ministre de l’Intérieur des autorités non reconnues de Tripoli.

تحية إكبار وإجلال لكل أبناء الشعب الليبي…#حان_وقت_العمل.#ليبيا

Posté par ‎فائز السراج رئيس وزراء حكومة التوافق-الصفحة الرسمية‎ sur mercredi 30 mars 2016

Il était accompagné de six des neuf membres du Conseil présidentiel, dont les vice-présidents Ahmad Meitig et Moussa el-Koni. « C’est aujourd’hui, depuis Tripoli, capitale de tous les Libyens, que nous allons travailler », a déclaré Ahmed Meitig sur sa page Facebook.

Les autorités qui contrôlent la capitale ont cherché ces derniers jours à empêcher par tous les moyens la venue de M. Sarraj à Tripoli, allant jusqu’à la fermeture de l’espace aérien à plusieurs reprises pendant plusieurs heures.

Elles avaient décrété vendredi « l’état d’urgence maximal » dans la capitale après l’annonce par le gouvernement d’union nationale de sa volonté de s’y installer prochainement.

Le gouvernement d’union nationale a été créé en vertu d’un accord signé en décembre 2015 au Maroc et parrainé par l’ONU. Il est censé mettre fin au conflit qui oppose deux « gouvernements » rivaux siégeant l’un à Tripoli et l’autre à Tobrouk dans l’est.

Les Tripolitains craignent des affrontements entre les autorités de Tripoli et celles qui soutiennent le gouvernement d’union.

L’envoyé de l’ONU pour la Libye Martin Kobler s’est réjoui quant à lui de l’arrivée du chef du gouvernement d’union nationale parrainé par l’ONU Fayez al-Sarraj à Tripoli, « une étape importante » dans la transition démocratique libyenne.

« L’arrivée du président du Conseil marque une étape importante dans la transition démocratique en Libye », a estimé M. Kobler sur Twitter, en appelant à un transfert de pouvoir « pacifique » dans la capitale.

L’Union européenne a elle aussi salué une « opportunité unique de se rassembler et de se réconcilier » après l’arrivée du chef du gouvernement d’union nationale soutenu par l’ONU à Tripoli.

« L’arrivée du conseil présidentiel dans la capitale représente une opportunité unique pour les Libyens de toutes factions de se rassembler et de se réconcilier », a déclaré la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

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