Le Hezbollah libanais restera en Syrie jusqu’à la défaite des djihadistes

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Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah (Archives/AFP)
Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah (Archives/AFP)

Le Hezbollah libanais continuera le combat auprès du régime syrien jusqu’à la défaite des djihadistes de l’État islamique et de la branche d’Al-Qaïda, a annoncé lundi le chef du parti chiite Hassan Nasrallah.

« Nous sommes allés en Syrie pour aider le pays à ne pas tomber aux mains de Daech (acronyme de l’EI) et d’Al-Nosra (…) tant que nous avons la responsabilité d’être là-bas, nous resterons là-bas », a affirmé le chef du parti pro-iranien à la chaîne Al-Mayadeen basée à Beyrouth.

L’interview, menée en direct, intervient une semaine après l’annonce par la Russie, grand allié du régime de Bachar al-Assad, qu’elle allait retirer l’essentiel de son contingent militaire en Syrie.

« Tout ce qui se dit à propos de notre retrait de Syrie en ce moment est faux », a souligné Hassan Nasrallah, à la question de savoir si son puissant parti armé allait faire de même.

« Que les Russes partent ou restent, et je vous dis même plus, si les Iraniens partent ou restent, (…) notre destin, nous le Hezbollah, et celui de nos frères syriens est le même et indivisible », a assuré le chef du Hezbollah, qui vit dans un lieu secret.




Le Hezbollah a envoyé des milliers de combattants depuis 2013 pour venir en aide au régime de Damas face aux rebelles et jihadistes, arguant dès le départ qu’il mène une guerre préventive pour écarter la menace jihadiste du Liban.

« Si la Syrie tombe aux mains de Daech et d’Al-Nosra, c’en est fini de la Syrie, c’en est fini du Liban », a poursuivi Hassan Nasrallah.

« Nous nous devons de rester jusqu’à ce que cet objectif (la défaite des jihadistes) soit atteint, que ce soit par le retrait des groupes extrémistes de Syrie ou par un règlement politique », a-t-il encore dit.

Des pouparlers de paix sont en cours depuis le 14 mars à Genève entre le régime et l’opposition syrienne pour tenter de trouver une issue à une guerre qui a fait plus de 270.000 morts depuis 2011.

« Nous sommes capables d’envoyer davantage de forces en Syrie », a précisé Hassan Nasrallah. « Mais nous n’avons pas la mentalité de ceux qui veulent une solution militaire. Nous voulons une solution politique ».

Le Hezbollah, dont le rôle aux côtés de l’armée du régime a été crucial, est la bête noire de la rébellion syrienne et surtout du parrain de celle-ci, l’Arabie saoudite.

Début mars, les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont le Koweït et Bahreïn, avaient pris la décision de classer le Hezbollah – qu’elles accusent de servir de tête de pont à l’Iran – comme organisation « terroriste ».

Les autorités koweïtiennes ont expulsé 11 ressortissants libanais et trois Irakiens pour liens avec le Hezbollah chiite, a rapporté lundi un journal koweïtien.

Et Bahreïn avait annoncé le 14 mars l’expulsion de Libanais pour « appartenance ou soutien au Hezbollah », sans préciser leur nombre.

La décision contre le Hezbollah s’inscrit dans un contexte d’escalade des tensions entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite, chef de file des monarchies sunnites du Golfe, qui sont engagés dans des luttes d’influence par procuration, notamment dans le cadre de conflits régionaux comme en Syrie et au Yémen.