Un média canadien doit remettre à la police ses échanges avec le présumé djihadiste Farah Shirdon

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Farah SHIRDON (GRC)
Farah SHIRDON (GRC)

Un tribunal a ordonné au média canadien Vice News Canada de remettre à la police fédérale la totalité de ses échanges avec un présumé djihadiste, dans un jugement récent obtenu jeudi par l’AFP.

La police réclamait les captures d’écran des conversations qu’un journaliste de Vice News Canada, Ben Makuch, a eues sur un site d’échanges en ligne avec Farah Shirdon, un Canadien parti en Irak ou en Syrie en mars 2014 et soupçonné depuis l’automne dernier d’avoir rallié le groupe armé Etat Islamique (EI).

Appelé à trancher, le juge de la Cour supérieure de l’Ontario Ian MacDonnell a estimé que les informations détenues par le journaliste constituaient des éléments de preuve importants pour permettre à la police de mener à bien son enquête.

Contacté par l’AFP, Ben Makuch s’est dit « contrarié par la décision » de la justice. « Elle va avoir des conséquences négatives pour les journalistes, car des sources vont vouloir éviter de leur parler, craignant qu’ils soient au service de l’État, des forces de l’ordre ou des agences de renseignement ».

Pour le journaliste, la décision est d’autant moins justifiée qu’il avait déjà publié trois articles entre juin et octobre 2014 au sujet de Farah Shirdon, reprenant l’essentiel de leurs échanges.

Le directeur de l’organisation Journalistes canadiens pour la liberté d’expression, Tom Henheffer, a aussi abondé dans le même sens: « Les journalistes ne sont pas des auxiliaires de justice », a-t-il dit à l’AFP.

Vice News examine le jugement et « envisage sérieusement » de faire appel, a indiqué le groupe.

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