Militaires poignardés à Toronto: «Allah m’a dit de tuer ces gens» a déclaré l’assaillant

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Le chef de la police de Toronto, Mark Saunders, présente le suspect de l'attaque contre 2 militaires, Ayanie Hassan Ali. (CBC/45eNord.ca)
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Le chef de la police de Toronto, Mark Saunders, présente le suspect de l'attaque contre 2 militaires, Ayanie Hassan Ali. (CBC/45eNord.ca)
Le chef de la police de Toronto, Mark Saunders, présente le suspect de l’attaque contre 2 militaires, Ayanle Hassan Ali. (CBC/45eNord.ca)

L’homme qui est entré hier dans un centre de recrutement des Forces armées de Toronto et a poignardé deux militaires a déclaré avoir agit au nom d’Allah.
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Mise à jour au 18/03/2016 à 10h34

Hassan Ali a comparu brièvement en Cour ce matin. Cette fois, c’est son avocat, Me David Burke, qui a déclaré qu’il n’était pas prêt à discuter de la demande de libération sous caution de son client. Hassan Ali demeure donc détenu et l’affaire a été remise à la semaine prochaine.

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Mise à jour au 15/03/2016 à 14h40

L’assaillant fera finalement, non pas à 5, mais plutôt à 9 chefs d’accusations: deux chefs de tentative de meurtre et d’agression avec une arme, contre Jésus Castillo, Tracy Ann Gerhardt et Ryan Kong ( donc,, au total, 6 accusations), plus deux accusations de voies de fait graves contre Castillo et Kong, et une accusation d’avoir porté une arme « dans un dessein dangereux pour la paix publique. »

Ali est représenté par Me David Burke du bureau d’avocats Calvin Barry de Toronto. Me Burke a dit que son client était « bouleversé » et compte demander à ce que la Cour fixe une caution pour la libération de son client vendredi. La Couronne, pour sa part, demande un délai supplémentaire de trois jours d’enquête avant de se prononcer sur une éventuelle demande de libération sous caution.

D’ici là, l’accusé demeurera détenu.

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Ayanle Hassan Ali, né à Montréal, mais vivant à Toronto depuis 2011, a déclaré «Allah m’a dit de faire cela. Allah m’a dit de venir ici tuer ces gens», a révélé ce matin le chef de police de Toronto Mark Saunders ce matin en conférence de presse.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) assistée du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ont été saisis de l’enquête afin de déterminer un lien éventuel avec la sécurité nationale.Pour l’instant, rien n’indique que le suspect ne soit en lien avec quelque organisation terroriste que ce soit.

La comparution d’Hassan Ali est prévue pour 14h cet après-midi à la Cour de Justice de l’Ontario à Toronto où il sera accusé, non seulement de voie de fait armé, mais aussi de tentative de meurtre.

Il fera en tout face à plusieurs chefs d’accusation:

1) 2 chefs d’attaque armée
2) 1 chefs de tentative de meurtre
3) 1 chef d’usage d’armes dangereuses
4) 1 chefs de voie de fait armée

Les enquêteurs font aussi appel à la population dans cet affaire.

Toute personne ayant des renseignements est priée de communiquer avec la police au 416-808-3200, avec /Échec au crime » de façon anonyme au 416-222-TIPS (8477), ou en ligne à www.222tips.com, ou par texto à TOR et à envoyer votre message à CRIMES (274637).

Résumé des événements

L’ attaque est survenue à 14h45 au Centre de recrutement à Toronto des Forces armées canadiennes, a confirmé pour sa part le ministère de la Défense nationale hier en soirée. Un individu armé d’un couteau est entré dans les installations et a attaqué un membre des Forces armées qui travaillait à la réception, mais le militaire n’a pas été gravement blessé.




L’agresseur a été immédiatement maîtrisé par un groupe de militaires sur place, a aussi confirmé la Défense nationale. Un deuxième membre des Forces armées a reçu des blessures mineures en tentant de maîtriser l’agresseur et les deux membres des Forces canadiennes blessés ont été emmenés à l’hôpital où ils ont reçu des soins médicaux.

Les Forces armées canadiennes travaillent en collaboration avec les autorités civiles et la police locale pour faire progresser l’enquête officielle.

Aucune activité suspecte n’avait été observée par les membres des Forces armées canadiennes qui travaillent à cet endroit avant l’incident, note la Défense canadienne qui déclare que les Forces armées canadiennes «vont continuer à faire preuve de vigilance et à appliquer les mesures de protection de la force nécessaires».

Les Forces armées ne se laisseront pas intimidées

Le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense, a tenu pour sa part à faire savoir aujourd’hui que les Forces armées canadiennes ne se laisseront pas décourager par ce genre d’incidents.

Le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense. (Cpl Darcy Lefebvre/Caméra de combat des Forces canadiennes)
« Alors que nous demeurons inébranlables dans notre engagement à défendre la population canadienne et les intérêts canadiens, nous ne nous laisserons pas décourager par les attentats d’hier au centre de recrutement des Forces canadiennes (CRFC) à Toronto », a dit le chef d’état-major.

Les Forces armées canadiennes adaptent continuellement les mesures de protection des forces pour répondre aux exigences d’un environnement de sécurité en constante évolution. La sécurité et le bien-être du personnel est une préoccupation majeure, a souligné le ministère de la Défense et le général Vance a indiqué aujourd’hui que, « Tandis que les responsables de l’enquête continuent leur travail à l’égard de ce grave événement, les Forces armées canadiennes adapteront les mesures de protection des forces pour assurer la sécurité continue des membres de notre personnel partout au Canada ». « Leur sûreté et leur bien-être [étant], comme toujours, notre principale préoccupation », de rappeler le général,

« Comme d’habitude, nous ne discuterons pas des détails de ces mesures. Cependant, étant donné les circonstances actuelles, nos hommes et femmes continueront de porter fièrement leur uniforme en public », a toutefois préciser le général.

On se rappelle qu’au lendemain des attentats d’octobre 2014, quand, coup sur coup, à deux jours d,intervalle, des aspirants-djihadistes avaient assassiné deux militaires canadiens, les Forces armées avaient non seulement renforcé la sécurité des installations militaires, mais interdit aux soldats de porter leur uniforme en public hors de leur travail pour éviter d’en faire des cibles.

Le premier ministre Trudeau, abondant dans le même sens que son chef d’état-major de la Défense, a lui aussi déclaré que « Ni les Canadiens, ni les Forces canadiennes ne seront intimidés par la terreur et la haine ».

Gare à l’islamophobie

Hier en fin de soirée, le ministre de la sécurité publique, Ralph Goodale, se voulait quant à lui rassurant.

«Bien qu’il soit prématuré de commenter durant une enquête qui est en cours», a-t-il écrit sur son compte Twitter, «les renseignements disponibles de la GRC indiquent qu’il s’agit d’un incident isolé et qu’aucun danger à la population ne se pose en ce moment».

«Je veux assurer les Canadiens et les Canadiennes que leurs forces policières ainsi que celles du renseignement de sécurité sont pleinement engagées et font leur travail».

Quant au chef de police de Toronto, il a pris la peine ce matin en conférence de presse de mettre en garde les Canadiens contre l’islamophobie et contre tout amalgame. «Une chose sur laquelle je vais être très, très prudent en matière de sécurité nationale (est) que nous tombions pas dans cette folie de l’islamophobie», a-t-il déclaré ce matin. Islamophobie qui ne ferait que servir les extrémistes.