Poutine annonce «Mission accomplie» et ordonne le début du retrait de l’aviation russe de Syrie

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Moscou et Occidentaux continuent à s'affronter sur les cibles, mais les chasseurs russes Su-24M and Su-25 n'en poursuivent pas moins leurs frappes (Compte twitter/@RT_com)
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Le président russe Vladimir Poutine et son homologue Bachar al-Assad, le 21 octobre 2015 à Moscou. (service de presse du Kremlin)
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue Bachar al-Assad, le 21 octobre 2015 à Moscou. (service de presse du Kremlin)

Lors d’une conversation téléphonique avec le président de la Syrie, Bachar al-Assad, aujoiurd’hui, le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, a annoncé ce lundi 14 mars le début du retrait des forces aériennes russes de Syrie dès le lendemain mardi.

« Tel que discuté dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration conjointe de la Russie et les États-Unis sur la cessation des hostilités en tant que co-présidents du Groupe international de soutien à la Syrie, la cessation des hostilités », le Kremlin est d’avis « que la réalisation d’une trêve a contribué à une forte réduction de l’ampleur de l’effusion de sang dans le pays et à l,amélioration améliorer la situation humanitaire », écrit la présidence russe dans un communiqué aujourd’hui, ajoutant que dorénavant « Il était possible de créer des conditions pour le début du processus de paix sous l’égide de l’ONU ».

La présidence russe affirme dans son communiqué « que l’action des forces aériennes de la Russie a permis de changer radicalement la situation de la lutte contre le terrorisme, de désorganiser les combattants et d’infliger des dommages importants à leur infrastructure ».

« Dans cet esprit », poursuit le communiqué du Kremlin, « le président russe a déclaré que les tâches fondamentales des forces armées de la Russie en Syrie -ont été accomplies résolus ». Il annonce donc « le retrait du corps principal des groupes d’aviation des Forces de la Russie. Dans le même temps pour surveiller le respect de la cessation des hostilités, la partie russe conservera une présence en Syrie pour assurer la sécurité de ce qui restera de l’aviation russe ».

La Russie a réussi à couper la voie principale de trafic d’hydrocarbures de Syrie en Turquie, a pour sa part déclaré le ministre Choïgou, cité par l’agence officielle russe Ria Novosti. Les frappes aériennes russes ont permis de priver les terroristes des sources de ravitaillement.

L’aviation russe a détruit 209 sites de production et de transformation de pétrole et plus de 2.000 camions-citernes en Syrie, a précisé Sergueî Choïgou.

En outre, selon le ministre russe, plus de 2.000 combattants djihadistes originaires de Russie dont 17 chefs de guerre ont été tués en Syrie.

Bachar Al-Assad, précise le compte-rendu du Kremlin de la conversation entre les dirigeant russe et syrien, « a noté le professionnalisme, le courage et l’héroïsme des soldats et des officiers des forces armées russes qui ont pris part aux combats, et a exprimé sa profonde gratitude à la Russie pour son aide ‘massive’ dans la lutte contre le ‘terrorisme' ».

« La mission confiée au ministère de la Défense et aux Forces armées a été accomplie. J’ordonne au ministre de la Défense de commencer le retrait de la plus grande partie de notre groupe militaire de Syrie à partir de mardi (…). J’espère que cela sera un bon signal à toutes les parties en conflit et augmentera le niveau de confiance entre tous les participants aux processus de paix », a finalement déclaré Vladimir Poutine.


Historique de l’intervention militaire russe en Syrie

L’intervention militaire de la Russie en Syrie pour sauver son allié en difficulté avait débuté le 30 septembre 2015. Ce jour là, le Conseil de la Fédération de la Fédération de Russie approuvait l’appel de Vladimir Poutine pour permettre l’utilisation des forces armées russes à l’étranger et débutait les bombardements contre tous ceux que le régime de Damas appelaient des « terroristes », rebelles modérés comme djihadistes.

Il s’agissait là de la première intervention militaire de la Russie en dehors des frontières de l’ancienne Union soviétique depuis la guerre d’Afghanistan (1979-1989) où les Russes s’étaient embourbés et avaient dû se retirer, laissant le pays en proie au chaos.

Il semble cette fois que l’intervention en Syrie ait été soigneusement préparée avec une coordination entre les moyens aériens russes et une offensive au sol des forces pro-gouvernementales syriennes, de leurs alliés iraniens et du Hezbollah chiite libanais.

Le lendemain du début des opérations militaires, Poutine propose une résolution à l’ONU, permettant la mise en place d’une «coalition contre le groupe État islamique et le Front al-Nosra» et s’appuyant sur le régime de Bachar el-Assad et l’armée syrienne.

Cette proposition n’obtient pas l’aval des États-Unis et des puissances occidentales qui reprochent à la Russie de cibler davantage les groupes d’oppositions au régime syrien autres que l’État islamique lui-même.

Finalement, après avoir permis au régime de Damas de reprendre les territoires essentiels à sa survie, Moscou parvient le 22 février avec Washington à un accord de cessez-le-feu qui entre finalement en vigueur en Syrie le 27 février à 00H00 heure de Damas (22H00 GMT).

Contre toute attente, l’interruption des hostilités ne concerne pas le groupe djihadiste État islamique (EI) et le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, tient toujours malgré d’inévitables incidents et a pavé la voie à de nouvelles discussions intersyriennes amorcées depuis lundi à Genève.

Les yeux se tournent donc maintenant vers Genève et la mise en place d’un processus de transition politique.


Bulletin‬ du Centre russe pour la réconciliation au 14 mars 2016

Par ailleurs, le ministère russe de la Défense a publié aujourd’hui son plus récent ‎Bulletin‬ d’information du Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes sur le territoire de la République arabe syrienne (14 mars 2016).

Le bulletin russe indique que le nombre de villes où les accords de réconciliation ont été signés reste le même – 44, ainsi que le nombre des groupes armés illicites qui ont adhéré au cessez-le-feu- 42.

Dans le cadre de la coordination du cessez-le-feu, précise aussi le bulletin, 2 conversations téléphoniques ont eu lieu entre les dirigeants des Centres russe (base aérienne Hmeimim) et américain (Amman) de coordination.

#SYRIE#Bulletin d'information du Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes sur le territoire de la…

Posté par Минобороны России sur lundi 14 mars 2016