Syrie: Assad pour un gouvernement de transition rassemblant ses fidèles et l’opposition

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Le président syrien Bachar al-Assad, le 11 février 2016 à Damas. (Joseph Eid/AFP)
Le président syrien Bachar al-Assad, le 11 février 2016 à Damas. (Photo d’illustration/Archives/Joseph Eid/AFP)

Le président syrien Bachar al-Assad a appelé de ses vœux mercredi un gouvernement de transition rassemblant ses fidèles mais aussi l’opposition, pendant qu’à Genève l’ONU demandait aux pays développés de faire preuve de davantage de solidarité pour accueillir les réfugiés.

Interviewé par l’agence de presse russe Ria Novosti, Bachar al-Assad a estimé « logique que des forces indépendantes et de l’opposition » participent à un tel gouvernement, se disant même confiant dans le fait que les négociations de Genève permettent de « régler » la question de la distribution des portefeuilles ministériels.

Cette annonce intervient alors que le président syrien fait face à une pression internationale pour inclure des représentants de l’opposition dans « l’organe de transition » qui, selon la feuille de route fixée par l’ONU, doit être élaboré lors des pourparlers de paix de Genève entre le régime et l’opposition.

Le rôle de cet organe de transition — un gouvernement élargi selon le régime, un organe ayant les pleins pouvoirs dans lequel le président Bachar al-Assad n’aurait aucun rôle selon l’opposition — constitue l’un des principaux points de blocage.

Le président syrien a également estimé qu’un « projet de Constitution », réclamée elle aussi dans la feuille de route de l’ONU, pourrait être prêt en quelques semaines. Moscou et Washington espèrent eux un brouillon de projet d’ici août.

Bachar al-Assad a en outre estimé les dommages causés par cinq ans de conflit à « plus de 200 milliards de dollars » et annoncé que les entreprises des principaux alliés de la Syrie — la Russie, l’Iran et la Chine — seraient les premières naturellement invitées à participer à la reconstruction du pays.

Mais la Maison Blanche exclut tout gouvernement syrien d’union avec Assad

La Maison Blanche a quant à elle exclu mercredi toute possibilité d’un gouvernement d’union en Syrie qui inclurait le président Bachar al-Assad, l’opposition syrienne ayant aussi catégoriquement rejeté cette hypothèse.

Réagissant à un nouvel appel de M. Assad en faveur d’un gouvernement d’union nationale, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a estimé qu’il était « hors de question » que le président syrien y prenne part.

Des pourparlers de paix sur la Syrie doivent reprendre à Genève autour du 10 avril sous l’égide de l’ONU.

Estimant « logique que des forces indépendantes et de l’opposition » participent au futur gouvernement, le président syrien s’est dit confiant mercredi dans le fait que les négociations de Genève permettent de « régler » la question de la distribution des portefeuilles ministériels.

La forme du corps exécutif qui doit diriger le pays en guerre jusqu’aux prochaines élections -prévues par l’ONU dans 18 mois-, est la principale pomme de discorde entre les deux camps.

Dans sa résolution 2254, le Conseil de sécurité de l’ONU évoque l’établissement d’une « gouvernance » en charge de la « transition politique » mais reste vague sur la forme qu’elle doit prendre.

Offensive militaire

Sur le terrain, les troupes du régime de Damas poursuivaient leur offensive contre le groupe État islamique dans le centre de la Syrie après la reconquête de la ville de Palmyre désertée par ses habitants.

De violents combats se déroulaient mercredi aux environs d’Al-Qaryatayn, une localité à majorité sunnite située à 120 km à l’ouest de Palmyre tenue par l’EI. L’armée cherche à s’en emparer afin de sécuriser Palmyre et empêcher les jihadistes de l’attaquer de nouveau.

L’aviation syrienne menait également des frappes sur Sokhné (à l’est de Palmyre) où se sont retranchés des jihadistes. Si le régime s’emparait de cette ville, il serait aux portes de la province pétrolière de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par l’EI.

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