Un Chinois vivant au Canada plaide coupable du piratage de sous-traitants de l’armée américaine

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Un F-22 Raptor de la 1st Fighter Wing de Base Langley-Eustis, en Virginie, s'éloigne d'un KC-135 Stratotanker apr;es avoir été ravitaillé en carburant au large de la côte est le 10 mai 2012. (Defense Media Activity-US Air Force)
Un F-22 Raptor de la 1st Fighter Wing de Base Langley-Eustis, en Virginie, s’éloigne d’un KC-135 Stratotanker apr;es avoir été ravitaillé en carburant au large de la côte est le 10 mai 2012. (Defense Media Activity-US Air Force)

Un ressortissant chinois a plaidé coupable mercredi d’avoir piraté les systèmes informatiques de sous-traitants de l’armée américaine afin de voler des données concernant des avions de chasse et de transport, a indiqué le ministère américain de la Justice.

Su Bin, 50 ans, avait été arrêté en juin 2014 au Canada à la demande de la justice américaine, accusé d’avoir piraté le système informatique du géant Boeing et d’autres sous-traitants, afin de voler les fichiers techniques concernant les avions de chasse F-22 et F-35 et du transporteur C-17.

Il a accepté d’être envoyé aux États-Unis en février dernier, indique le ministère dans un communiqué.

Les autorités ne précisent pas à qui étaient destinés les fichiers volés mais l’affaire intervient sur fond de frictions entre les Etats-Unis et la Chine à propos du piratage de secrets commerciaux.

« Su Bin a reconnu avoir joué un rôle important dans un complot, venant de Chine, visant à accéder illégalement à des données militaires sensibles, dont des données concernant des appareils militaires qui sont indispensables pour la sécurité de notre personnel militaires », a précisé le ministre adjoint de la Justice John Carlin, cité dans le communiqué.

Su Bin a reconnu avoir comploté avec deux personnes non identifiées en Chine entre octobre 2008 et mars 2014 pour accéder sans autorisation aux réseaux informatiques de sous-traitants de l’armée afin d’obtenir « des informations militaires sensibles et d’exporter ces informations illégalement depuis les Etats-Unis vers la Chine », selon les termes de l’accord de plaider coupable détaillés par le ministère.

Cet accord, déposé auprès d’un tribunal fédéral californien, « envoie un message fort disant que voler les États-Unis et nos entreprises a un coût significatif », selon John Carlin.

« La cybercriminalité est l’une des menaces les plus sérieuses pesant sur notre sécurité nationale », a souligné la procureure fédérale du centre de la Californie Eileen Decker, dans le même communiqué.

Su Bin, également connu sous le nom de Stephen Su et Stephen Subin, travaillait dans le secteur de l’aéronautique en Chine. Selon le ministère public, il envoyait par email des conseils aux autres comploteurs sur quelles personnes, entreprises ou technologies cibler avec leur piratage.

Une fois les données volées, Su Bin les traduisait de l’anglais au chinois. Les trois acolytes écrivaient et envoyaient des rapports sur les informations ainsi acquises aux « bénéficiaires finaux de leurs activités de piratage », écrit le ministère, sans les identifier.

Alors qu’il était encore au Canada sous le coup de la demande d’extradition, en janvier dernier, le journal canadien Globe and Mail avait affirmé que les deux complices de Su Bin étaient des officiers de l’armée chinoise.

Sa condamnation devrait être prononcée le 13 juillet. Il risque une peine maximale de cinq ans de prison et une amende de 250.000 dollars ou de deux fois la somme gagnée avec ces piratages.

Durant une visite d’État à Washington en septembre dernier, le président chinois Xi Jinping et Barack Obama avaient annoncé un accord de coopération entre Pékin et Washington pour lutter contre les cyber-attaques. Les États-Unis ont toutefois affirmé peu après qu’ils se baseraient sur les actions de la Chine et non sur ses mots pour juger des avancées en la matière.

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