Trois bombardiers furtifs américains déployés dans la zone Asie-Pacifique

Trois bombardiers furtifs américains B-2 déployés dans la zone Asie-Pacifique. (US Air Force)
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Trois bombardiers furtifs américains B-2 déployés dans la zone Asie-Pacifique. (US Air Force)
Trois bombardiers furtifs américains B-2 déployés dans la zone Asie-Pacifique. (US Air Force)

L’armée américaine a annoncé mercredi le déploiement de trois bombardiers furtifs à long rayon d’action B-2 pour des exercices dans la zone Indo-Asie-Pacifique, au moment où les tensions redoublent sur la péninsule coréenne.

« Des événements récents démontrent le besoin persistant d’avoir une force aérienne crédible et cohérente dans toute la région Indo-Asie-Pacifique », a déclaré le général Lori J. Robinson, commandant de l’US Air Force pour le Pacifique.

Les responsables militaires américains ont refusé cependant d’indiquer la zone précise où évolueraient les bombardiers, capables d’emporter l’arme nucléaire, et dont l’US Air Force ne possède que vingt exemplaires.

« Comme tous les avions militaires dans la région, les B-2 ont déjà volé et continueront de voler dans l’espace aérien international, en accord avec les règlements internationaux », a déclaré le capitaine Ray Geoffroy, un porte-parole de l’US Air Force dans la zone Pacifique.

« Ces missions de routine permettent à nos équipages de continuer à maîtriser une série de compétences, dont les capacités de combat, le commandement et la coordination, et la familiarité avec la zone d’opérations », a-t-il ajouté.

La Corée du Nord a tiré jeudi deux missiles balistiques à courte portée au large de ses côtes orientales, alimentant les tensions régionales après de récents tests nucléaires, a annoncé son voisin sud-coréen.

Les tests de missiles à courte portée sont relativement fréquents par le régime de Pyongyang, de plus en plus isolé sur la question de son arsenal nucléaire.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a soutenu cette semaine que son pays avait réussi à miniaturiser des têtes nucléaires pouvant être placées sur un missile balistique, créant ainsi une « vraie » dissuasion nucléaire, selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Le B-2, en forme d’aile volante, a été construit par Northrop Grumman. Il a un rayon d’action de 6.000 milles nautiques (11.000 kilomètres). L’US Air Force évalue à 1,1 milliard de dollars (valeur 1998) le prix de chacun de ces appareils.

Washington traite Kim Jong-un de «jeune dictateur» insouciant du droit international

Par ailleurs,la diplomatie américaine a traité mercredi le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un de « jeune dictateur » coupable de « violations » répétées du droit international, dernier épisode du bras de fer entre Washington et Pyongyang sur son programme nucléaire militaire.

Le porte-parole du département d’État John Kirby n’a pas voulu s’attarder sur les dernières affirmations de Kim Jong-Un selon lesquelles son régime a réussi à miniaturiser des têtes thermonucléaires afin de les monter sur des missiles balistiques.

« Une fois encore, nous sommes confrontés à une rhétorique et des déclarations provocatrices de Pyongyang qui ne font rien pour réduire les tensions sur la péninsule » coréenne, a tonné M. Kirby. Il a réaffirmé que les États-Unis « prenaient au sérieux » les menaces nord-coréennes de frappes nucléaires.

Mais plutôt que de désigner Kim Jong-Un par son titre officiel, le porte-parole de la diplomatie américaine l’a, à plusieurs reprises devant la presse, appelé « jeune homme ».

« Ce jeune homme devrait se soucier davantage du peuple nord-coréen » ou « ce jeune homme a prouvé qu’il était parfaitement désireux et capable de violer ses obligations internationales », a insisté John Kirby.

Interrogé pour savoir si ce changement de ton protocolaire était délibéré de la part de Washington, qui n’a pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord, M. Kirby a jugé que « ce jeune dictateur continuait de violer ses obligations internationales, continuait d’ignorer les besoins criants de son peuple et continuait de faire monter les tensions sur la péninsule ».

La Corée du Nord s’était déjà vantée par le passé d’être capable de miniaturiser une charge nucléaire. Mais c’est la première fois que son numéro un revendique de façon aussi explicite une telle percée et les experts estiment qu’il s’agit d’un pas susceptible de changer la donne vers une menace nucléaire crédible pour les États-Unis.

Washington a été la pièce maîtresse début mars d’une nouvelle série de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre Pyongyang après les derniers essais nucléaire et balistique menés par le régime communiste.

Parallèlement, la diplomatie américaine rappelle régulièrement que des négociations en vue d’un « traité de paix » sur la péninsule coréenne restent possibles si la Corée du Nord s’engage à une « dénucléarisation » de son arsenal.

Pyongyang veut liquider les actifs sud-coréens dans les projets conjoints

Un soldat sud-coréen met en place une barricade sur une route menant au Nord, dans la zone industrielle de Kaesong, près de la frontière entre les deux pays.(Archives/JUNG YEON-JE/AFP)
La Corée du Nord a annoncé en outre jeudi qu’elle allait se débarrasser de tous les actifs laissés sur son sol par les entreprises sud-coréennes impliquées dans deux projets communs aujourd’hui au point mort, un geste qui risque d’aggraver les tensions sur la péninsule.

« Nous allons complètement liquider tous les actifs des entreprises sud-coréennes et des institutions liées qu’elles ont laissé derrière elles chez nous », a annoncé le Comité pour la réunification pacifique de la Corée dans un communiqué diffusé par l’agence officielle KCNA.

Il précise que les projets concernés sont la station de montagne nord-coréenne du mont Kumgang et le complexe industriel intercoréen de Kaesong.

Le Comité précise que cette décision est une réponse aux sanctions unilatérales annoncées mardi par la Corée du Sud, qui étaient elles-mêmes une mesure de rétorsion après le quatrième essai nucléaire nord-coréen en janvier et le tir en février d’une fusée.

« À compter de maintenant, nous déclarons nuls tous les accords conclus entre la Corée du Nord et la Corée du Sud en matière de coopération économique et de programmes d’échanges », peut-on lire dans le communiqué.

Séoul avait riposté en février au lancement d’une fusée par Pyongyang en annonçant la suspension des opérations sur la zone industrielle intercoréenne de Kaesong, un des ultimes projets communs de coopération entre Nord et Sud.

Séoul avait accusé Pyongyang de détourner le produit de ce programme commun pour financer ses programmes nucléaire et balistique proscrits.

Pyongyang avait en réponse expulsé tous les Sud-Coréens travaillant à Kaesong, un complexe situé en territoire nord-coréen, et gelé les actifs sud-coréens.

Les entreprises sud-coréennes jusqu’alors présentes dans la zone industrielle avaient évalué leurs pertes à 820 milliards de wons (617 millions d’euros).

Environ 53.000 Nord-Coréens travaillaient à Kaesong dans 124 entreprises manufacturières sud-coréennes, essentiellement dans la confection, l’électronique et la production chimique.

La station de Kumgang, construite par le géant sud-coréen Hyundai Asan, était elle le premier projet majeur de coopération intercoréenne. Des milliers de Sud-Coréens ont pu s’y rendre en vacances entre 1998 et 2008.

Séoul avait suspendu ces voyages en 2008 lorsqu’une touriste sud-coréenne, qui venait de pénétrer dans une zone militaire interdite lors d’une promenade, avait été abattue par un soldat nord-coréen.

Pyongyang avait finalement en 2011 mis un terme à son accord de coopération avec Hyundai Asan et saisi tous les avoirs sud-coréens sur place.