Arménie: plusieurs milliers de personnes défilent en mémoire des victimes au Nagorny-Karabakh

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Les chars de l'armée des séparatistes du Nagorny-Karabakh maintiennent leurs positions sur la ligne de front, près d'Hadrut, non loin de la frontière iranienne, le 5 avril 2016 (AFP/Archives / KAREN MINASYAN)
Les chars de l’armée des séparatistes du Nagorny-Karabakh maintiennent leurs positions sur la ligne de front, près d’Hadrut, non loin de la frontière iranienne, le 5 avril 2016 (AFP/Archives / KAREN MINASYAN)

Plusieurs milliers de personnes ont défilé silencieusement à Erevan dimanche en mémoire des victimes des affrontements au Nagorny-Karabakh, région disputée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan où des combats récents ont fait au moins 110 morts.

Le cortège dans lequel les participants brandissaient des drapeaux aux couleurs de l’Arménie et du Nagorny-Karabakh a traversé le centre-ville d’Erevan, la capitale de l’Arménie, avant de se diriger vers un monument rendant hommage aux victimes de la guerre du Nagorny-Karabakh, qui avait fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés au début des années 1990.

« Cela me fait souffrir que des jeunes gens aient été tués mais je suis fier d’eux. Ils ont montré comment être un vrai héros. Ils sont entrés dans l’Histoire et notre peuple se souviendra toujours d’eux », a déclaré à l’AFP une étudiante de 21 ans, Goar Papikian.

Beaucoup d’hommes en uniforme participaient à la marche, certaines personnes étaient descendues dans les rues d’Erevan avec leurs enfants tandis que des prêtres ont organisé une prière avant l’événement.

« Il faut arrêter cette guerre, il faut s’asseoir à la table des négociations. Cette guerre de quatre jours a montré que les armes de l’Azerbaïdjan ne peuvent pas résoudre la question du Nagorny-Karabakh », a pour sa part affirmé un développeur informatique de 35 ans, Aram Karapetian.

Le porte-parole de la « présidence » de la région séparatiste, David Babaïan, a par ailleurs indiqué à l’AFP dimanche que les corps de 18 soldats du Nagorny-Karabakh avaient été rendus par l’Azerbaïdjan, portant le bilan à au moins 110 personnes, civils et militaires des deux camps, tuées depuis la reprise des hostilités il y a une semaine, selon le comptage de l’AFP basé sur les bilans officiels annoncés par les belligérants.

Un cessez-le-feu en vigueur depuis mardi a été négocié par Moscou mais des affrontements sporadiques continuent dans cette région séparatiste peuplée majoritairement d’Arméniens mais reconnue par la communauté internationale comme appartenant à l’Azerbaïdjan.

Il s’agit des pires violences depuis un premier cessez-le-feu conclu en 1994, après une guerre qui avait fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement des Azerbaïdjanais.

Les échanges de tirs le long de la ligne de contact avec le Nagorny-Karabakh ainsi que le long de la frontière entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, n’ont jamais cessé en dépit d’appels internationaux à Bakou et Erevan à mettre fin aux violences et à trouver une issue diplomatique à ce conflit.

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