Attentats de Paris: Salah Abdeslam transféré en France

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Une photo de Salah Abdeslam diffusée dans un appel à témoins par la police le 15 novembre 2015. (POLICE NATIONALE/AFP/Archives/DSK)
Une photo de Salah Abdeslam diffusée dans un appel à témoins par la police le 15 novembre 2015. (POLICE NATIONALE/AFP/Archives/DSK)

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos des attentats de Paris qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés le 13 novembre, a été remis mercredi par la Belgique à la France, où l’attendent les juges antiterroristes et la prison.

Abdeslam « a été remis ce matin aux autorités françaises » en exécution du mandat d’arrêt européen délivré à son encontre le 19 mars 2016 par la France, a indiqué le parquet fédéral belge dans un communiqué.

Il a été transféré par voie aérienne sous escorte du GIGN, unité d’élite de la gendarmerie française, ont précisé des sources proches du dossier.

Arrivé sur le territoire national à 09H05, « il sera présenté dans la journée aux magistrats instructeurs en vue de sa mise en examen », a annoncé de son côté le parquet de Paris.

Il sera ensuite présenté à un juge des libertés et de la détention qui statuera sur son placement en détention provisoire.

Représenté jusqu’à présent par l’avocat belge Sven Mary, il sera défendu en France par le ténor du barreau lillois Frank Berton.

Salah Abdeslam est le seul protagoniste direct des tueries du 13 novembre (130 morts) à avoir été arrêté vivant, après la mort des neuf assaillants, en kamikazes comme son frère Brahim ou abattus par les forces de l’ordre comme son ami d’enfance Abdelhamid Abaaoud.

S’il assure, via son avocat belge, qu’il n’était pas au courant des attentats de Bruxelles (32 morts), commis le 22 mars, quatre jours après son arrestation, il est en tous cas lié aux trois hommes qui se sont fait exploser ce jour-là et qui ont, eux aussi, un lien avec les attentats du 13 novembre, les plus meurtriers de l’histoire de France.

« Aller au procès »

Agé de 26 ans, né à Bruxelles mais de nationalité française, Salah Abdeslam avait été arrêté le 18 mars à Molenbeek, commune de la capitale belge où il a grandi, après quatre mois de cavale pendant lesquelles il a nécessairement bénéficié de complicités.

Plusieurs hommes ont été inculpés en Belgique pour l’avoir exfiltré de Paris, au lendemain des attentats, puis caché à Bruxelles, où sa trace s’était perdue le 16 novembre.

Proche du Belge Abdelhamid Abaaoud, que les enquêteurs considèrent comme l’organisateur des attentats du 13 novembre et avec lequel il avait été emprisonné pour vol, Salah Abdeslam est au coeur des préparatifs des tueries.

C’est lui qui a loué deux des trois véhicules utilisés au soir des massacres, dont la Polo noire retrouvée devant le Bataclan, où trois jihadistes ont tué 90 personnes à la kalachnikov. Lui aussi qui a loué une planque à Alfortville, d’où sont partis certains des tueurs. Lui, encore, qui a acheté des déclencheurs à distance.

Autre certitude, Salah Abdeslam a conduit en voiture les trois kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du stade de France, pendant que des dizaines de milliers de personnes, dont François Hollande, assistaient à une rencontre de football entre la France et l’Allemagne.

La suite est plus floue. En fin de soirée, il a garé le véhicule dans le XVIIIe arrondissement, évoqué par l’organisation Etat islamique dans sa revendication et pourtant épargné. Devait-il à son tour y mener une attaque ? Au final, Salah Abdeslam a abandonné une ceinture explosive à Montrouge, à l’autre extrémité de la capitale, avant d’être emmené au petit matin par deux amis venus le chercher depuis Bruxelles.

Contrôlé ou repéré avec des protagonistes dans différents pays européens dans les mois ayant précédé les attaques, il est également soupçonné d’avoir participé, en amont, à la constitution des commandos.

Lors de son premier interrogatoire, il a semblé vouloir minimiser son rôle, assurant avoir fait machine arrière alors qu’il aurait été missionné pour se faire sauter au Stade de France. Une position réaffirmée par son frère qui l’a vu en prison.

S’il assure désormais vouloir collaborer avec les enquêteurs, il a d’abord contesté sa remise à la France, avant de faire volte-face au lendemain des attentats de Bruxelles.

« Le jour où un juge décidera son incarcération, nous prendrons toutes les mesures nécessaires », avait assuré début avril le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. « Il sera probablement à l’isolement sous surveillance constante, tout simplement parce qu’il faut qu’il puisse aller au procès ».

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