Ban Ki-moon appelle à ratifier le Traité d’interdiction des essais nucléaires

0
Explosion de Ivy Mike, la première bombe H testée, le 1er novembre 1952. (National Nuclear Security Administration/Nevada Site Office)
Explosion de Ivy Mike, la première bombe H testée, le 1er novembre 1952. (National Nuclear Security Administration/Nevada Site Office)

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé mercredi les États-Unis, la Chine et six autres puissances à ratifier « sans délai » le Traité d’interdiction des essais nucléaires, toujours lettre morte vingt ans après son adoption.

Ratifié par 164 pays dont le Russie, la France et la Grande-Bretagne, ce traité conclu en 1996 voit son entrée en vigueur suspendue par l’absence de ratification de huit États, dont les États-Unis et la Chine.

« J’appelle les États restants, les huit États restants, à signer et à ratifier le traité sans délai », a déclaré M. Ban à l’occasion d’une cérémonie à Vienne.

« Les essais nucléaires empoisonnent les eaux, provoquent des cancers et polluent avec des retombées radioactives pour des générations et des générations », a ajouté le patron de l’ONU, en appelant à « mettre fin à cette folie ».

Outre les États-Unis et la Chine, l’Égypte, l’Iran et Israël ont signé le traité mais ne l’ont pas ratifié. Trois autres États – l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord – doivent de plus signer et ratifier le traité pour qu’il puisse entrer en vigueur.

Pilote dans la négociation, l’administration du président américain Bill Clinton avait vu le processus de ratification bloqué par le Congrès en 1999.

Dix ans plus tard, en 2009, son successeur Barack Obama avait promis de faire de cette ratification sa priorité. Mais il s’est lui aussi heurté aux réticences du Congrès, aujourd’hui dominé par l’opposition républicaine.

Le principal argument des opposants à une ratification – l’impossibilité de vérifier que les autres parties respectent le traité – est aujourd’hui caduc, l’ONU ayant déployé une réseau sophistiqué de senseurs pour détecter la moindre explosion suspecte, souligne l’analyste Daryl Kimball, de l’organisation américaine Arms Control Association.

Depuis 1998, année où l’Inde et le Pakistan ont procédé à deux essais chacun, seule la Corée du Nord viole le traité, avec quatre essais revendiqués en 2006, 2009, 2013 et le 6 janvier dernier.

Mais ce quasi moratoire de fait « ne remplacera jamais l’obligation légale que représente le Traité d’interdiction des essais nucléaires », a souligné M. Ban.

Au total, plus de 2.000 essais nucléaires ont été effectués depuis 1945. Le dernier essai de la Russie (alors URSS) remonte à 1990, celui de la Grande-Bretagne à 1991, celui des États-Unis à 1992, ceux de la Chine et de la France à 1996.

Le texte du TRAITÉ D’INTERDICTION COMPLÈTE DES ESSAIS NUCLÉAIRES >>

Les commentaires sont fermés.