Colombie: plus de 3.000 déplacés par des combats dans l’ouest du pays

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L'ELN (Ejército de liberaciòn nacional) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/courtoisie/Espectador)
L’ELN (Ejército de liberaciòn nacional) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/courtoisie/Espectador)

Plus de 3.000 indigènes et afro-descendants ont été déplacées ces derniers jours en Colombie en raison de la présence de la guérilla ainsi que d’affrontements entre les forces de l’ordre et d’autres groupes armés dans l’ouest, a-t-on annoncé vendredi de source officielle.

« Il y a eu plus de 3.000 déplacés par le récent impact du conflit armé » dans la commune rurale de Litoral de San Juan, département du Choco (ouest), une région de jungle encore particulièrement affectée par la guerre interne colombienne, a précisé dans un communiqué le Défenseur du peuple, entité étatique chargée de la protection des droits humains.

De nombreux déplacés ont regagné leurs terres par leurs propres moyens. Mais il en reste près d’un millier sans abri et réfugiés dans le village principal de la commune, a ajouté cet organisme, dont des membres se sont rendus sur place entre le 18 et le 21 avril avec l’antenne colombienne du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HRC).

Les indigènes et afro-descendants se sont déplacés en raison de « la présence de l’ELN et d’affrontements entre groupes illégaux et la force publique », précise le communiqué qui fait référence à la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste) et aux bandes criminelles actives dans le Choco, dont le Clan Usuga, principal gang de Colombie.

Le HCR et le Défenseur du peuple ont constaté sur place « une situation humanitaire complexe » avec un total de 3.058 personnes déplacées, soit 725 familles de 12 communautés différentes. En outre, 1.133 habitants de six hameaux indigènes de la cette région restent « confinés » sur leurs terres par peur des affrontements.

L’organisme a appelé les autorités à faciliter un retour des déplacés dans des conditions suffisamment sûres, à leur fournir des aliments « du fait des restrictions de mobilité pour chasser et cultiver » et à prendre en charge « les affections physiques et émotionnelles dues au conflit ».

La guerre interne, qui déchire la Colombie depuis des insurrections paysannes au milieu du XXe siècle, a impliqué au fil des décennies guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite -aujourd’hui démobilisés et dont les gangs sont les héritiers- ainsi que forces armées, sur fond de violences des narco-trafiquants.

Ce conflit, auquel le gouvernement tente de mettre fin en négociant la paix avec les guérillas encore actives, a fait plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

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