Guerre au Yémen: pourparlers «productifs» entre les parties rivales

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Un membre des forces de sécurité loyales au président Abedrabbo Mansour Hadi , le 7 janvier 2016 à l'aéroport d'Aden. (Saleh Al-Obeidi/AFP)
Un membre des forces de sécurité loyales au président Abedrabbo Mansour Hadi , le 7 janvier 2016 à l’aéroport d’Aden. (Saleh Al-Obeidi/AFP)

Les parties en conflit au Yémen ont eu samedi à Koweït des discussions directes « productives » sur « les questions clés » pour mettre fin à la guerre meurtrière qui ravage leur pays depuis plus d’un an, selon l’ONU.

« Les discussions d’aujourd’hui ont été positives et productives (…) C’est un début encourageant », a déclaré le médiateur de l’ONU pour le Yémen Ismail Ould Cheikh Ahmed lors d’une conférence de presse organisée après la première journée de pourparlers directs.

Cette réunion a mis face à face la délégation du gouvernement yéménite et celle des rebelles houthis alliés aux partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh.

Depuis le début des pourparlers le 21 avril à Koweït sous l’égide de l’ONU, les délégations avaient rencontré M. Cheikh Ahmed séparément.

Le médiateur de l’ONU a toutefois reconnu qu’il « existe encore des obstacles et que les positions sont encore très éloignées ».

Le conflit au Yémen a débuté lorsque les houthis et leurs alliés se sont emparés en septembre 2014 de la capitale Sanaa et de plusieurs régions de ce pays pauvre de la péninsule arabique.

Il a pris une dimension régionale avec l’entrée en jeu d’une coalition arabo-sunnite dirigée par l’Arabie saoudite en mars 2015 pour chasser les rebelles chiites Houthis des territoires conquis. Le conflit s’est enlisé depuis et deux précédents rounds de pourparlers en Suisse ont échoué.

Parmi les sujets abordés samedi figurent le retrait des insurgés des zones occupées, la restitution des armes lourdes à l’État, la transition politique et la libération des prisonniers.

Cette nouvelle phase intervient après la remise par chaque partie d’un plan portant sur une solution politique et sécuritaire, dont peu de détails ont filtré.

La délégation du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale, a indiqué que son plan était basé sur la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’ONU qui somme les rebelles de se retirer des zones conquises.

« Aujourd’hui, nous avons entendu les parties promettre un engagement total envers la résolution 2216 et aux décisions qui lui sont liées, mais aussi envers les résultats du Dialogue national yéménite et de l’initiative du Golfe comme base d’une solution politique », a précisé le médiateur de l’ONU.

Les rebelles proposent la mise en place « d’une autorité de consensus qui superviserait la transition » politique, d’après une source anonyme de leur délégation citée par le site d’information sabanews lié aux insurgés.

Les pourparlers du Koweït ont été précédés par l’entrée en vigueur d’une trêve le 11 avril.

Depuis l’intervention saoudienne, 6800 personnes ont péri tandis que 2,8 millions de personnes ont été déplacées et 80 % de la population a besoin d’une assistance humanitaire, selon l’ONU.

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