Irak: Kerry veut mettre la «pression» et libérer Mossoul de l’EI

0
Le secrétaire d'État américain et ses conseillers ont rencontré le premier ministre Barzani du Gouvernement régional autonome du Kurdistan, le vice premier ministre Talabani et le Dr Hussein, chef de cabinet lors d'une visite surprise en Irak, la première depuis 2014. (Department of State)
Le secrétaire d’État américain et ses conseillers ont rencontré le premier ministre Barzani du Gouvernement régional autonome du Kurdistan, le vice premier ministre Talabani et le Dr Hussein, chef de cabinet lors d’une visite surprise en Irak, la première depuis 2014. (Department of State)

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a annoncé vendredi à Bagdad que la pression militaire allait s’accroître « encore plus » sur le groupe État islamique (EI), dont les combattants commencent à « perdre espoir » selon lui.

L’EI « est clairement en train de perdre du terrain, de perdre des chefs, de perdre des combattants, de perdre de l’argent, et donc, sans surprise, ses membres sont aussi en train de perdre espoir », a déclaré M. Kerry à l’issue d’une visite en Irak qui n’avait pas été annoncée.

Dans ce contexte, la coalition internationale pilotée par les États-Unis va, avec les autorités irakiennes, « augmenter encore plus la pression » sur l’EI, a-t-il annoncé. « Et nous continuerons à cibler et à éliminer des dirigeants de Daech (acronyme arabe de l’EI) ».

La coalition a mené depuis plus d’un an et demi quelque 11.000 frappes aériennes contre les djihadistes en Syrie et en Irak, parallèlement aux opérations de l’armée syrienne et de son allié russe.

Ces raids ont contribué à la reconquête par les forces irakiennes d’une partie des territoires tombés aux mains de l’EI en 2014, notamment dans la province occidentale d’Al-Anbar.

Interrogé par la presse sur une éventuelle reprise par les forces irakiennes de Mossoul contrôlée par l’EI depuis juin 2014, John Kerry a assuré que cette ville du nord de l’Irak « finira par être libérée ».

« Sans le moindre doute (…) Mossoul est en haut de la liste des priorités », a martelé le secrétaire d’État, se refusant toutefois à fournir des détails et un calendrier sur les opérations militaires irakiennes et de la coalition pour reprendre la ville.

‘Coordination’ avec Bagdad

Le porte-parole américain de la coalition internationale à Bagdad avait reconnu jeudi qu’elle était mieux préparée pour reprendre aux jihadistes Mossoul que Raqa, la « capitale » auto-proclamée de l’EI en Syrie.

Mais pour ce faire « il faudra une période de planification et de coordination très minutieuses avec les Irakiens », a prévenu un diplomate américain.

Ces questions sécuritaires ont été au centre des entretiens à Bagdad entre M. Kerry et le Premier ministre Haider al-Abadi, son homologue Ibrahim al-Jaafari et le président de la région autonome kurde Nechirvan Barzani.

John Kerry ne s’était pas rendu à Bagdad depuis septembre 2014, soit lors de la mise sur pied de la coalition internationale anti-EI.

Le Pentagone va soumettre « dans les prochaines semaines » ses propositions au président Obama pour renforcer le soutien militaire américain aux forces irakiennes, avait indiqué fin mars le chef d’état-major inter-armées, le général Joe Dunford. La Défense américaine a déployé officiellement 3.870 soldats en Irak. Mais le nombre réel est beaucoup plus important, à environ 5.000, selon des informations de presse.

Le renforcement des moyens militaires américains en Irak est un sujet sensible pour l’administration Obama, le président s’étant engagé à ne pas y déployer de forces terrestres. Il est aussi un sujet délicat en Irak, où des milices chiites s’y opposent.

Soutien à Abadi

M. Kerry a par ailleurs réaffirmé le soutien de Washington à M. Abadi à l’heure où ce dernier doit relever de nombreux défis, dont celui de remanier son gouvernement en incluant des technocrates afin de combattre la corruption et d’améliorer les services publics.

Les États-Unis « continueront de soutenir le peuple irakien qui œuvre à un avenir (pour leur pays) unifié, libre, démocratique et prospère », a affirmé son porte-parole, John Kirby.

Fin mars, M. Abadi avait présenté devant le Parlement une proposition de nouveau gouvernement, une mesure censée apaiser les tensions politiques qui secouaient l’Irak depuis des semaines.

Ayant ainsi obtenu satisfaction à l’une de ses revendications, l’influent chef chiite irakien Moqtada Sadr avait alors appelé ses partisans à mettre fin à deux semaines de sit-in en plein centre de Bagdad. Des milliers de chiites étaient rassemblés depuis la mi-mars devant la Zone verte, un secteur ultra-sécurisé où se concentrent les hautes institutions irakiennes et de nombreuses ambassades, comme celle des Etats-Unis.

L’Irak, dont les États-Unis se sont retirés militairement en décembre 2011 après huit ans de guerre, possède des réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde. Mais des années de corruption et de mauvaise gestion, combinées à la dégringolade des prix du brut, menacent de plonger le pays dans une situation d’insolvabilité.

Les commentaires sont fermés.