La Corée du Nord va pouvoir se doter de missiles intercontinentaux, prévient le général Brooks

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Le général d'armée Vincent Brooks, le nouveau commandant des forces américaines en Corée (U.S. Forces Korea/Combined Forces Command and United Nations Command), le 19 avril 2016 devant la commission des Forces armées du Sénat, présidée par le sénateur John McCain. (Capture d'écran/45eNord.ca/DoD)
Le général d’armée Vincent Brooks, le nouveau commandant des forces américaines en Corée (U.S. Forces Korea/Combined Forces Command and United Nations Command), le 19 avril 2016 devant la commission des Forces armées du Sénat, présidée par le sénateur John McCain. (Capture d’écran/45eNord.ca/DoD)

La Corée du Nord va pouvoir se doter de missiles balistiques intercontinentaux, sauf si des pays l’en empêchent, a affirmé mardi le général américain nommé pour diriger les forces américaines basées en Corée du Sud.

« On voit très clairement dans les défilés ce qu’ils ont fait, les systèmes qu’ils ont et certains essais (…). Avec le temps, nous allons les voir acquérir ces capacités si on ne les arrête pas », a affirmé le général Vincent Brooks lors d’une audition devant la commission des Forces armées du Sénat.

Le responsable militaire répondait à une question sur la capacité de la Corée du Nord à concevoir des missiles intercontinentaux, c’est-à-dire capables par exemple d’atteindre les États-Unis.

Le sénateur John McCain, qui préside cette commission, a demandé au général Brooks ce qu’il pensait de « l’immaturité et de l’imprévisibilité du dirigeant replet de Pyongyang ».

« Je suis très préoccupé de la direction qu’il prend, et c’est sûr qu’il n’a pas encore été dissuadé de la suivre », a répondu M. Brooks.

« Si ma nomination est confirmée (par le Congrès), j’ai l’intention d’être un partenaire étroit de la Corée du Sud pour être sûr qu’ils sont prêts », a ajouté le général américain.

Le général Brooks s’est aussi inquiété des capacités nord-coréennes à construire des missiles balistiques pouvant être lancés depuis un sous-marin.

« Bien qu’ils n’aient pas encore réussi, c’est comme regarder quelqu’un qui fait du vélo et qui en tombe, mais qui peut au final devenir un champion de vélo tout terrain », a-t-il déclaré.

L’armée américaine a gardé des troupes importantes en Corée du Sud depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, avec actuellement quelque 28.500 soldats. Les deux armées ont des liens militaires très étroits et mènent régulièrement des exercices communs.

Washington et Séoul discutent actuellement d’un possible déploiement en Corée du Sud du système antimissile américain dit THAAD (Theater High Altitude Area Defense System).

Les deux Corées sont techniquement encore en guerre car c’est une armistice et non un traité de paix qui a mis fin au conflit.

Le Pentagone assure qu’il a les missiles adéquats pour se protéger de la Corée du Nord, mais des responsables s’inquiètent de plus en plus des avancées revendiquées par Pyongyang dans ses programmes nucléaire et balistique interdits.

Pyongyang a toutefois subi un cinglant revers en échouant vendredi à tirer un missile, sans doute un Musudan, qui a explosé en plein vol.

La Corée du Sud, le Japon et les États-Unis ont averti mardi la Corée du Nord qu’elle s’exposerait à un durcissement des sanctions et à un isolement encore plus grand si elle procédait à un cinquième essai nucléaire ou à toute autre provocation.

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