La nouvelles arme américaine: des soldats à l’intelligence augmentée

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Le Pentagone veut booster l’intelligence des soldats. (DARPA/Projet TNT)
Le Pentagone veut booster l’intelligence des soldats. (DARPA/Projet TNT)

La Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), qui planche sur les guerres de demain et d’après-demain, avec des projets dignes des meilleures séries de science-fiction: rayons laser, robots militarisés, etc, travaille également sur un projet visant à produire…des soldats plus intelligents.

La Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), ou, en français, « Agence pour les projets de recherche avancée de défense », est une agence du département de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire.

Elle a été à l’origine du développement de nombreuses technologies qui ont eu des conséquences considérables dans le monde entier, dont notamment les réseaux

Aujourd’hui, la DARPA cherche à mettre au point un dispositif permettant d’améliorer la capacité d’apprentissage du cerveau humain en se servant de la neuroplasticité du cerveau. Cette propriété, la neuroplasticité, permet au cerveau d’évoluer grâce à l’expérience acquise et de rétablir les connexions entre neurones perdus suite à une maladie ou un traumatisme.

Le nouveau programme de l’agence de recherche militaire, appelé Targeted Neuroplasticity Training (TNT), cherche à faire avancer le rythme et l’efficacité d’un type spécifique de capacités cognitives par l’activation précise des nerfs périphériques qui peuvent à leur tour promouvoir et renforcer les connexions neuronales dans le cerveau, explique le centre de recherche militaire américain dans un document.

« Les récentes recherches ont démontré qu’une stimulation légère et indolore de certains nerfs périphériques à travers la peau est capable de rendre plus actives les zones du cerveau responsables de l’apprentissage », indique le directeur du projet, Doug [Douglas] Weber, ajoutant que les signaux peuvent potentiellement déclencher la libération de neurotransmetteurs dans le cerveau qui organisent des connexions neuronales en réponse à des expériences spécifiques.

« Ce processus naturel de la plasticité synaptique est essentielle pour l’apprentissage, mais il y a beaucoup d’inconnu sur les mécanismes physiologiques qui relient la stimulation des nerfs périphériques à l’amélioration de la plasticité et à l’apprentissage », note aussi Weber.

« Vous pouvez penser à la stimulation des nerfs périphériques comme un moyen de rouvrir la fameuse ‘période critique’ lorsque le cerveau est plus souple et davantage capable d’apprendre. La technologie TNT sera conçu pour moduler en toute sécurité et avec précision les nerfs périphériques pour contrôler la plasticité aux points optimaux dans le processus d’apprentissage », explique le directeur du projet TNT

Le programme TNT va ainsi poursuivre le développement d’une plate-forme technologique pour améliorer l’apprentissage d’un large éventail de compétences cognitives, avec pour objectif de réduire le coût et la durée des programmes d’entraînement du Département de la Défense, tout en améliorant les résultats. En cas de succès, TNT pourrait accélérer l’apprentissage et réduire considérablement le temps nécessaire pour former des spécialistes en langues étrangères, des analystes du renseignement, des cryptographes et d’autres experts dont les forces armées américaines ont besoin.

Les entreprises qui pourraient être intéressées à participer au projet sont d’ailleurs invitées à une séance d’information technique le 8 avril dans un hîtel d’Arlington, en Virginie, où est située le siège de la DARPA.

Imaginez, apprendre une langue étrangère avant de partir en mission en un temps record, résoudre enfin ses problèmes de maths qui vous cassaient la tête, produire des analyses brillantes et des rapports lumineux en moins de deux. On ne veut pas faire de jeu de mots facile, mais le projet TNT, c’est de la dynamite. Et sait-on jamais, si la DARPA peut fabriquer des soldats plus intelligents, il est permis d’espérer qu’un jour, elle nous fabriquera peut-être également des politiciens moins bêtes.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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