Le ministre Dion accueille son homologue chilien Heraldo Muñoz à Ottawa

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Le drapeau en berne à l'ambassade du Chili à Ottawa le 19 avril 2016, jour du  décès de l'ex président chilien Patricio Aylwin, qui dirigea le Chili entre 1990 et 1994 et fut l'un des principaux artisans de la transition démocratique chilienne.(Compte twitter/@juanvargasv)
Le drapeau en berne à l’ambassade du Chili à Ottawa le 19 avril 2016, jour du décès de l’ex président chilien Patricio Aylwin, qui dirigea le Chili entre 1990 et 1994 et fut l’un des principaux artisans de la transition démocratique chilienne.(Compte twitter/@juanvargasv)

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, accueille aujourd’hui à Ottawa le ministre des Affaires étrangères du Chili, Heraldo Muñoz, qui est le premier ministre des Affaires étrangères d’Amérique latine à visiter le Canada au cours de l’administration du premier ministre Justin Trudeau.

Cette visite coïncide, hélas, avec un moment bien triste, le décès ce 19 avril de Patricio Aylwin, premier président chilien élu après la dictature d’Augusto Pinochet et l’un des principaux artisans de la transition démocratique chilienne après 17 années de dictature.

À Ottawa, les ministres Dion et Muñoz ont discuté des divers aspects de la collaboration établie de longue date entre le Canada et le Chili, collaboration marquée notamment cette année par le 75e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques Canada-Chili, dit le communiqué du ministère canadien des Affaires étrangères canadien qui annonce cette visite.

«Le partenariat du Canada avec le Chili, d’une importance stratégique, a atteint un haut niveau de maturité. Nous souhaitons approfondir cette coopération, qui a le potentiel de se développer davantage, compte tenu de nos priorités internationales et de nos engagements communs à l’égard de la démocratie, des droits de la personne, de l’environnement et de la libéralisation des marchés.», a déclaré le ministre Dion avant la rencontre.

Les discussions des ministres ont porté, selon le ministère canadien des Affaires étrangères, sur les intérêts communs des deux pays dans l’Alliance du Pacifique, les changements politiques en Amérique du Sud et la coopération bilatérale au sein de tribunes multilatérales.

En ce premier jour de visite, le ministre Muñoz a aussi pu rencontrer le personnel de l’ambassade chilienne, dont Carmen Gloria Quintana, qui y a été nommée attaché militaire en 2014. Installée en 2011 avec sa famille à Montréal où elle a fait des études doctorales en psychologie, Carmen Gloria Quintana est cette jeune femme qui, il y a trente ans, alors qu’elle n’avait que 18 ans, a été brûlée vive par des soldats du régime de Pinochet. Elle a survécu et, pendant des années, n’a pas cessé de dénoncer à travers le monde les abus du dictateur, décédé en décembre 2006 sans avoir été jugé.

Le ministre Muñoz devait aussi rencontrer pendant sa visite le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre et directeur de ParlaAmericas, Robert Nault.

Ce soir, le ministre chilien donne une conférence au Centre d’Études « Canada 2020 » qui sera suivie demain par une autre conférence, cette fois au « Canadian Council of the Americas » .

Les relations Canada-Chili

Le Canada et le Chili sont de proches partenaires au sein d’instances multilatérales, notamment les Nations Unies, la Coopération économique Asie-Pacifique, l’Organisation mondiale du commerce et l’Organisation des États américains, de même que dans le cadre du processus du Sommet des Amériques.

De plus, l’Accord de libre-échange Canada-Chili est en vigueur depuis 1997, ce qui en fait le plus ancien accord de libre-échange du Canada avec un partenaire de l’Amérique du Sud. Le Chili est le seul pays des Amériques avec lequel le Canada a établi un cadre de partenariat stratégique et la modernisation de cet accord figure parmi les principales priorités de la ministre du Commerce international.

Il y a deux ans le Chili est devenu en outre le seul pays d’Amérique latine à signer le Programme d’exemption de visas canadiens « Autorisation de voyage électronique » (AVE), qui permet aux voyageurs étrangers d’entrer au Canada avec simplement un passeport valide.Chaque année, plus de 30.000 Chiliens voyagent au Canada en utilisant ce programme, soulignait d’ailleurs de son côté le ministère chilien des Affaires étrangères peu avant la visite du ministre Muñoz.

Cette année, indique Ottawa, les deux pays focaliseront leurs efforts sur une collaboration accrue dans le domaine de l’environnement afin de soutenir leurs engagements communs dans la lutte contre les changements climatiques, y compris ceux de l’Accord de coopération environnementale entre le Canada et le Chili.

La relation de défense Canada-Chili

Le navire ravitailleur chilien Almirante Montt arrive à Esquimalt. (MARPAC)
Le navire ravitailleur chilien Almirante Montt arrive à Esquimalt le 3 juillet 2015. (MARPAC)
Le Protocole d’Entente de coopération en matière de Défense entre le Canada et le Chili, signé en avril 2012, prévoit la coopération des deux payys dans les champs suivants :

  • Politiques de défense et de sécurité;
  • La recherche et le développement;
  • Les acquisitions et logistique;
  • Les Opérations de paix et opérations humanitaires;
  • L’Organisation des ressources humaines civiles et militaires;
  • L’Entrainement et l’éducation militaire

Les activités de défense avec le Chili ont substantiellement augmenté depuis les dernières années.

Le Chili est membre du Programme canadien d’Instruction et de Coopération Militaire fournit des cours de français et d’anglais, de développement professionnel ou de personnel, ainsi que de l’entrainement pour le support aux opérations de paix, rejoignant annuellement approximativement 1200 militaires provenant de plus de 62 États membres.

Le Centre conjoint d’Opération de Maintien de la Paix du Chili utilise fréquemment l’expérience canadienne en maintien de la paix comme exemple dans ses formations et incorpore occasionnellement un membre des Forces armées canadiennes en tant qu’instructeur.

La Marine Royale Canadienne (MRC) et la Marine Chilienne maintiennent une forte collaboration à travers d’importants dialogues, combinés à des exercices d’entraînement et des échanges.

Depuis 2011, la Marine Chilienne a accueilli des officiers juniors du Canada sur leurs navires dans le cadre du programme de la MRC Regulus. Des douzaines d’officiers de la MRC ont navigué sur les eaux de l’Antarctique chilien, s’occupant du pont d’un navire chilien et apprenant l’espagnol dans un environnement opérationnel. Le Canada a aussi envoyé chaque année à l’école polytechnique de la Marine Chilienne une équipe de techniciens et d’opérateurs afin qu’ils fournissent des directives sur les systèmes navals de haute technologie, dans le cadre du programme de formation et d’échange CANCHIL.

Les Forces Aériennes Royales Canadiennes et les Forces Aériennes Chiliennes ont coopéré lors de plusieurs entrainements et échanges tels que de l’entrainement de recherches et sauvetage, ainsi que lors d’échanges entre pilotes sur le Twin Otter et les CF 18/F-16.

Quant aux deux armées, elles ont travaillé ensemble sur de nombreuses opérations et plusieurs formations conjointes.

C’est aussi ce mois-ci, le 4, qu’est arrivé le vaisseau de ravitaillement chilien Almirante Montt à la Base des Forces canadiennes Esquimalt pour la deuxième année consécutive dans le cadre d’une entente de soutien logistique mutuel à court terme entre la Marine royale canadienne et la marine chilienne.

Cette entente permet aux marins de la MRC d’acquérir une expérience professionnelle essentielle qui enrichit leurs compétences individuelles et leurs aptitudes de base en matelotage. Elle leur permet aussi d’acquérir l’expertise nécessaire pour exploiter les navires ravitailleurs de classe Queenston lorsqu’ils seront livrés, tout en favorisant la collaboration entre la MRC et la marine chilienne.

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