Les États-Unis admettent avoir tué 20 civils en Irak et en Syrie

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Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter parle aux soldats à la base aérienne Al-Dhafra aux Emirats arabes unis, le 16 avril 2016. (US DoD/AFP/Archives/Senior Master Sgt. Adrian Cadiz)
Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter parle aux soldats à la base aérienne Al-Dhafra aux Emirats arabes unis, le 16 avril 2016. (US DoD/AFP/Archives/Senior Master Sgt. Adrian Cadiz)

Les frappes aériennes des États-Unis contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie ont coûté la vie à 20 civils et en ont blessé 11 autres, entre septembre et février, a admis vendredi le Pentagone.

« La majorité des indices indique que neuf frappes aériennes américaines distinctes, en Irak et en Syrie, entre le 10 septembre 2015 et le 2 février 2016, ont probablement coûté la vie à 20 civils et en ont blessé 11 autres », a précisé US Central Command, le commandement militaire en charge de la région et de l’Afghanistan.
« Nous regrettons profondément les pertes de vies et blessures involontaires résultant de ces frappes », a poursuivi le Centcom dans un communiqué, en adressant sa « profonde compassion » aux familles et aux personnes affectées.

Le Centcom a ajouté que des enquêtes étaient toujours en cours concernant d’autres signalements de victimes civiles lors de frappes visant le groupe jihadiste, indiquant que des informations à ce sujet seraient fournies ultérieurement.

Selon la liste transmise par le Pentagone, six frappes ayant causé des victimes civiles ont été menées en Irak (17 morts au total) et trois en Syrie (trois morts au total). Les frappes les plus meurtrières sont survenues en Irak les 15 octobre (8 morts) et 12 décembre (5 morts).

Une frappe le 11 janvier près de Mossoul en Irak a causé la mort d’un civil. Elle avait attiré l’attention internationale car elle visait une réserve d’argent liquide, et les images rendues publiques montraient des centaines de billets flottant dans les airs après le bombardement.

Des ONG affirment que le nombre de victimes civiles est bien supérieur, du fait des près de 12.000 frappes par avion ou drone.

L’ONG Airwars, basée à Londres, qui compile et recoupe les informations publiquement disponibles sur les bombardements, a indiqué fin mars que les frappes russes avaient probablement tué entre « 1.096 et 1.448 civils » entre octobre et décembre 2015, dans 192 bombardements.

Par comparaison, les frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis ont probablement tué 1.044 personnes en Irak et en Syrie depuis le début de la campagne contre l’EI à l’été 2014, selon cette ONG.

Au total, les États-Unis ont jusqu’à présent reconnu que 41 civils avaient été tués et 28 blessés depuis le début des frappes de la coalition internationale en Irak et en Syrie.

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