Les rangs de l’EI n’ont «jamais été aussi clairsemés» depuis 2014, affirme les Américains

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Le secrétaire d'État adjoint Antony J Blinken lors d'une conférence de presse à Paris le 2 juin 2015 (Stéphane de Sakutin/AFP)
Le secrétaire d’État adjoint Antony J Blinken lors d’une conférence de presse à Paris le 2 juin 2015 (Photo d’illustration/Archives/Stéphane de Sakutin/AFP)

Les rangs du groupe État islamique (EI) n’ont « jamais été aussi clairsemés » depuis 2014 lorsque les États-Unis ont commencé à recenser ces combattants, a affirmé mardi un haut responsable de la diplomatie américaine à la veille d’une réunion de Barack Obama sur la lutte antidjihadiste.

Mercredi, l’équipe de sécurité du président sera réunie au siège de la CIA et ses membres conviés à « faire des propositions » pour accentuer la pression sur les djihadistes en Irak et en Syrie, a détaillé le porte-parole de M. Obama, Josh Earnest.

« En travaillant avec des partenaires locaux, nous avons repris 40% des territoires que Daech (acronyme en arabe du groupe État islamique, ndlr) contrôlait il y a un an en Irak et 10% en Syrie », a affirmé pour sa part Antony Blinken, secrétaire d’État adjoint.

« Nous estimons que les rangs de Daech n’ont jamais été aussi clairsemés depuis que nous avons commencé à dénombrer leurs partisans en 2014 », a ajouté M. Blinken qui s’adressait au comité du Sénat chargé de superviser les fonds alloués au département d’Etat dans la lutte pour contrer l’extrémisme violent.

Antony Blinken n’a pas donné de chiffres sur les effectifs actuels de l’EI, mais en septembre 2014, un responsable du renseignement américain avait affirmé à l’AFP que la CIA estimait de 20.000 à 31.500 le nombre de combattants de l’EI, locaux et étrangers.

Depuis cette date, les forces irakiennes et kurdes appuyées par la coalition internationale conduite par Washington ont repris les villes de Tikrit et Ramadi en Irak et les djihadistes de l’EI ont été chassés de Palmyre en Syrie par les troupes du régime de Bachar al-Assad, appuyées par Moscou.

Les Etats-Unis, qui se sont retirés militairement d’Irak fin 2011 après huit ans de guerre, y ont redéployé officiellement 3.870 soldats non-combattants ces derniers mois.

L’EI « est clairement en train de perdre du terrain, de perdre des chefs, de perdre des combattants, de perdre de l’argent, et donc, sans surprise, ses membres sont aussi en train de perdre espoir », avait souligné vendredi à Bagdad le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

La coalition militaire menée par les Etats-Unis a franchi « avec succès » la première étape de son combat contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie qui consistait à « affaiblir » l’organisation djihadiste et s’efforce maintenant de le « démanteler », a affirmé pour sa part mercredi rappelé depuis Bagdad le colonel Steve Warren, porte-parole du Pentagone.

Les deux autres phases consistent à « démanteler » cet ennemi puis à s’assurer dans un troisième temps que le groupe djihadiste subisse une dernière défaite, en rendant les forces locales capables d’empêcher une résurgence de l’influence djihadiste, a ajouté M. Warren lors d’une conférence de presse téléphonique.

L’EI est «sur la défensive» en Irak comme en Syrie, affirme aussi Obama

Le président des États-Unis Barack Obama a affirmé à son tour un peu plus tard mercredi que le groupe État islamique était «sur la défensive» en Irak comme en Syrie, mettant en avant la mort de nombre de ses leaders et la baisse du nombre de ses combattants.

«Aujourd’hui, sur le terrain, en Syrie et en Irak, l’EI est sur la défensive et nous sommes à l’offensive», a déclaré M. Obama, à l’issue d’une réunion avec son équipe de sécurité nationale au siège de la CIA.

Les djihadistes «n’ont pas enregistré une seul opération au sol couronnée de succès depuis l’été dernier», a-t-il souligné. «Son leadership vient de vivre des mois difficiles», a-t-il ajouté, promettant que la tendance allait se poursuivre dans les semaines et les mois à venir.

«Les rangs de leurs combattants sont estimés être à leur plus bas niveau depuis deux ans et de plus en plus d’entre eux réalisent qu’ils se battent pour une cause perdue», a-t-il poursuivi.

Réaffirmant que la seule façon de «détruire l’EI» était de mettre fin à la guerre civile en Syrie, le président américain a insisté sur la détermination des États-Unis à poursuivre les efforts diplomatiques engagés pour mettre fin à «cet horrible conflit».

Les délicates négociations de paix ont repris mercredi à Genève, avec pour objectif la mise en place d’une transition politique mais un réel fossé demeure sur ce point entre le régime de Damas et l’opposition.

Soulignant que la cessation des hostilités sur le terrain depuis six semaines avait permis de sauver des vies et d’acheminer l’aide humanitaire, M. Obama a aussi rappelé à quel point la trêve était «précaire».

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