Malgré les tensions, l’Otan et la Russie reprennent le dialogue

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Le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg. (OTAN)
Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. (OTAN)

L’Otan et la Russie, dont les relations ont été mises à mal par la crise ukrainienne, reprennent mercredi à Bruxelles un « dialogue » entre diplomates alors que les tensions, notamment en mer Baltique, restent « fortes ».

Les 28 ambassadeurs des pays membres de l’Otan et l’ambassadeur de Russie se retrouvent dans la matinée au siège de l’Alliance à Bruxelles, pour la première fois depuis juin 2014, au sein d’une instance de dialogue, le Conseil Otan-Russie.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, donnera une conférence de presse à l’issue du Conseil à 10H00 GMT.

Pour protester contre l’annexion de la Crimée par la Russie et contre l’offensive des séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine au printemps 2014, l’Otan avait suspendu toute coopération pratique avec Moscou, qu’elle accuse de soutenir les rebelles en armes et en troupes.

En théorie, les canaux de dialogue politique sont restés ouverts, mais les relations étaient tellement tendues qu’aucun véritable échange n’a eu lieu depuis, si ce n’est quelques entrevues suivies de commentaires acrimonieux entre M. Stoltenberg et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

« Je m’attends à ce que les Russes présentent leur point de vue (…) Nous n’avons pas peur du dialogue, nous pensons au contraire que le dialogue compte d’autant plus quand les temps sont difficiles et les tensions fortes », a expliqué mardi le patron de l’Otan.

Le 13 avril, un avion d'attaque russe Sukhoi Su-24 avait fait un passage à très basse altitude au dessus du destroyer lance-missiles de classe Arleigh Burke, USS Donald Cook (DDG 75).(Photo fournie par U.S. Navy 6th Fleet)
Le 13 avril, un avion d’attaque russe Sukhoi Su-24 avait fait un passage à très basse altitude au dessus du destroyer lance-missiles de classe Arleigh Burke, USS Donald Cook (DDG 75).(Photo fournie par U.S. Navy 6th Fleet)
Ce dernier a notamment jugé que « les incidents dangereux » depuis une semaine en mer Baltique, lors du survol par des avions de chasse russes d’un navire de guerre, puis d’un avion de reconnaissance de l’armée américaine, méritaient de réclamer à Moscou des « mécanismes renforcés de réduction des risques liés aux activités militaires ».

Les accords de Minsk censés régler le conflit ukrainien, la transparence et la prévisibilité en matière militaire, mais aussi la situation de l’Afghanistan, sont également inscrits à l’agenda de la réunion.

« L’Otan ne cherche pas une nouvelle guerre froide et l’Otan ne veut pas de nouvelle course à l’armement », a assuré M. Stoltenberg, en réagissant aux critiques de la Russie qui accuse l’Alliance d’avoir procédé à un renforcement militaire « absolument injustifié » dans les pays baltes depuis dix-huit mois.

En réponse à la crise ukrainienne et inquiète des manoeuvres russes mobilisant en quelques jours jusqu’à 100.000 soldats, l’Otan a déployé à l’Est avions de chasse et navires, stocké des armes et de l’équipement, et procédé à des rotations de troupes, musclant sa « défense collective » comme jamais depuis la Guerre froide.

« Les relations entre l’Otan et la Russie sont très mauvaises. De fait, nous n’avons pas d’agenda positif », a regretté l’ambassadeur de Russie auprès de l’Otan, Alexandre Grouchko, déplorant la « logique de dissuasion » de l’Alliance.

« C’est défensif, proportionné et une réponse directe à l’attitude agressive de la Russie dont nous avons été témoins en Ukraine », a insisté de son côté M. Stoltenberg.

« Ça va être désagréable, mais au moins on se parlera », a expliqué un diplomate, interrogé par l’AFP sur la tonalité attendue des débats, qui permettront surtout de « jauger jusqu’où les Russes sont prêts à aller pour essayer de gérer les tensions », selon lui.

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