Obama: «détruire l’EI reste ma priorité numéro un»

0
L'EI exécute huit de ses propres combattants étrangers accusés de tentative de désertion et de sédition dans la province de Raqa. (Compte Twitter/@Raqqa_SL)
Obama: «détruire l’EI reste ma priorité numéro un». (Compte Twitter/@Raqqa_SL)

Le président des États-Unis Barack Obama a affirmé mardi que « détruire » le groupe État islamique (EI) restait sa « priorité numéro un », soulignant que les djihadistes continuaient à perdre du terrain, en Irak comme en Syrie.

« Nous continuons à affaiblir leur leadership, leurs réseaux financiers, leurs infrastructures. Nous allons les pourchasser et nous allons les vaincre », a déclaré M. Obama au début d’une réunion à la Maison Blanche rassemblant les plus hauts responsables militaires américains.

« Comme nous l’avons vu en Turquie comme en Belgique, l’EI a toujours la capacité de lancer de sérieuses attaques terroristes », a-t-il reconnu, avant d’insister sur sa volonté d’intensifier les efforts engagés par la coalition internationale.

« Nous travaillons pour accélérer la campagne contre l’EI », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de « coordonner les activités militaires avec les autres branches du gouvernement ».

« Détruire l’EI reste ma priorité numéro un. Il ne s’agit bien sûr pas seulement d’une opération militaire, mais aussi d’un réel effort en termes de diplomatie et de renseignement », a poursuivi M. Obama qui était entouré du secrétaire à la Défense Ashton Carter, du général Joe Dunford, chef d’état-major inter-armées, mais aussi des responsables des puissants commandements régionaux de l’armée américaine.

Le secrétaire à la Défense a proposé lundi de revoir la loi Goldwater Nichols, adoptée il y a 30 ans, qui structure l’organisation de l’armée américaine (1,3 millions de soldats) et ses rapports avec le pouvoir politique.

La nouvelle organisation préconisée par M. Carter vise à renforcer l’influence du chef d’état-major inter-armées. Le combat contre le groupe État islamique a montré que « les commandements du Moyen-Orient, d’Europe, d’Afrique et des Opérations spéciales devaient coordonner leurs efforts plus que jamais auparavant », a-t-il souligné.

Une coalition internationale conduite par Washington mène depuis septembre 2014 des frappes aériennes contre l’EI en Syrie et en Irak, parallèlement aux opérations de l’armée syrienne et de son allié russe contre les jihadistes.

Dans le centre de la Syrie, l’armée syrienne s’est emparée dimanche d’Al-Qaryatayn, l’un des derniers fiefs de l’EI dans cette région. La prise de cette ville, située à 120 km au sud-ouest de Palmyre, permet de sécuriser la cité antique et d’empêcher un retour des jihadistes qui y avaient détruit des trésors archéologiques et exécuté 280 personnes en 10 mois de présence.

Washington pourrait déplacer des soldats dans le Sinaï

Par ailleurs, l’administration américaine envisage par contre de retirer du nord du Sinaï des soldats américains appartenant à une force de l’ONU pour les déplacer plus au sud de la péninsule, en raison notamment de la menace du groupe État islamique (EI), selon CNN.

Les États-Unis « discutent la possibilité de ce mouvement » avec l’Égypte et Israël, signataires du traité de paix de 1979 qui est à l’origine de la force de l’ONU déployée dans la péninsule dont font partie les soldats américains, a indiqué CNN.

Les États-Unis ont déployé environ 700 hommes dans le cadre de la Force multinationale d’observateurs (FMO) dans le Sinaï, qui compte au total près de 1.700 soldats.

Selon le projet envisagé, un nombre non précisé de soldats américains quitteraient la base du nord pour rejoindre une base plus au sud.

Les menaces d’attentat grandissent dans le nord de la péninsule, près de la frontière avec Israël, selon CNN qui cite des responsables militaires américains anonymes.

Interrogé par l’AFP, le porte-parole du Pentagone Jeff Davis s’est refusé à confirmer ou infirmer le déplacement de soldats mais a précisé que les Etats-Unis « ajusteraient les capacités de protection de la FMO en fonction des circonstances ».

Les États-Unis restent « pleinement engagés dans la mission de la FMO et dans la permanence du traité de paix entre Israël et l’Egypte », a-t-il déclaré.

La FMO, une force indépendante de maintien de la paix chargée de surveiller l’application du traité de paix signé entre Israël et l’Égypte en 1979, est stationnée dans le nord du Sinaï, où les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) mènent des attaques meurtrières contre l’armée égyptienne.

Des soldats de la FMO avaient été blessés en septembre par une bombe artisanale sur une route menant à leur base.

L’Égypte fait face à une insurrection de groupes jihadistes armés dans le Sinaï depuis la destitution en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi.

Les commentaires sont fermés.