Premier anniversaire de l’opération RENAISSANCE 15 au Népal: coûts de l’opération

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Des membres du génie de combat de l'équipe d'intervention en cas de catastrophe des Forces armées canadiennes dégagent une ruelle à l'aide d'une mini-excaveuse, dans la ville de Sankhu au Népal, durant l'opération Renaissance 15-1, le 10 mai 2015.  Photo: Sgt Yannick Bédard, Caméra de combat des Forces canadiennes. IS01-2015-0004-068
Des membres du génie de combat de l’équipe d’intervention en cas de catastrophe des Forces armées canadiennes dégagent une ruelle à l’aide d’une mini-excaveuse, dans la ville de Sankhu au Népal, durant l’opération Renaissance 15-1, le 10 mai 2015. (Sgt Yannick Bédard, Caméra de combat des Forces canadiennes)

En mai dernier, il y a presque un an déjà, l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) des Forces armées canadiennes, ainsi que le personnel civil, politique et humanitaire du ministère des Affaires étrangères, se retirait du Népal après y avoir été déployés à la suite du séisme dévastateur qui avait secoué le pays le 25 avril 2015.

Bien que les chiffres définitifs ne devraient être connus qu’à l’automne, on peut déjà estimer les coûts de l’opération RENAISSANCE, l’intervention de l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) du Canada du 25 avril au 12 mai 2015 à environ 3,849 millions $.

Il s’agit là du coût différentiel et non du coût total. Une notion devenue presque familière aux Canadiens durant le débat sur l’acquisition des F-35 pour remplacer nos chasseurs.

Le coût différentiel pour le ministère de la Défense nationale (MDN), explique-t-on dans les documents du ministère, est le coût supplémentaire en personnel et en équipement directement attribuable à une opération des Forces armées canadiennes (FAC).

Plus particulièrement, précise-on, les coûts différentiels englobent le coût additionnel de déploiement des troupes et de l’équipement et les coûts pour fournir un entretien et un soutien continus durant l’opération concernée, en plus de toute la formation spécialisée nécessaire pour l’opération. N’est pas calculé dans le coût différentiel le coût total d’acquisition de l’immobilisation de l’équipement majeur, sauf si l’équipement a été acquis particulièrement pour la mission et qu’il n’y a pas de vie résiduelle prévue après l’opération.

Les coûts de RENAISSANCE sont bien peu élevés comparés à ceux d’opérations comme REASSURANCE et UNIFIER, en Ukraine.

À titre de comparaison (bien qu’on ne puisse comparer des missions aussi dissemblables), on estime le coût de la participation des FAC en Europe centrale et orientale dans le cadre des mesures d’assurance de l’OTAN pour l,année financière 2015-2016 s’élèvent à 40,438 millions $ et les coûts prévus pour 2016-2017 la mission approuvé jusqu’au mois de juin 2016 sont de 16,870 millions $.

Le coût de l’opération UNIFIER, l’opération d’instruction militaire des FAC et de développement des capacités en Ukraine, est quant à lui estimé à 16 millions pour l’année financière 2015-2016 et il devraient être à peu près identique, 16,955 millions $ pour 2016-2017.

Du côté humanitaire

À l’occasion cette semaine du premier anniversaire des tremblements de terre dévastateurs qui ont secoué le Népal l’année dernière, la ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau, annonçait de son côté cette semaine le montant total de l’appui du Canada en réponse à la crise causée par les séismes au Népal.

Entre le 25 avril et le 25 mai 2015, les Canadiens ont donné un total de 51,7 millions de dollars à des organismes admissibles.

Immédiatement après les tremblements de terre, le Canada a versé 27 millions de dollars en aide humanitaire pour fournir des abris d’urgence, une aide alimentaire et médicale, du matériel de secours, des services de protection et d’éducation, ainsi qu’un accès à des installations d’approvisionnement en eau potable, d’assainissement et d’hygiène.

Depuis, les efforts sur le terrain sont passés des opérations de secours à l’étape de redressement. Ainsi, le gouvernement du Canada s’est engagé à verser 24,7 millions de dollars provenant du Fonds de secours afin de soutenir la phase de reconstruction du Népal. De cette somme, 10 millions de dollars iront au Fonds d’affectation spéciale multidonateurs de la Banque mondiale pour son projet de reconstruction de logements dans des localités rurales.

« Il y a un an aujourd’hui, les Canadiens ont été profondément touchés par les ravages des séismes qui ont frappé le Népal, et ils ont fait preuve d’une générosité incroyable. L’appui manifesté par les Canadiens renforce notre engagement à continuer d’aider le Népal à se reconstruire, afin qu’il puisse mener son peuple à un avenir meilleur. », a déclaré la ministre du Développement international.

L’avenir des opérations de secours aux sinistrés et opérations humanitaires

L’importance des opérations de secours aux sinistrés et opérations humanitaires alors que le Canada semble vouloir recentrer son action militaire sur l’humanitaire et le soutien de la paix devrait aller en grandissant.

Pour l’instant, dans l’analyse des programmes par résultat stratégique du Rapport sur les plans et priorités 2016-2017 rendu public le mois dernier, le ministère de la Défense nationale indiquait pour le Programme Opérations de secours aux sinistrés et opérations humanitaires auquel sont affectés 187 militaires et qui vise à porter assistance aux populations en détresse dans le cadre d’opérations militaires, les chiffres suivants de dépenses prévues.

Ressources financières budgétaires (en dollars)

Dépenses prévues 2016‑2017:17 898 969

Dépenses prévues 2017‑2018: 18 186 560

Dépenses prévues 2018‑2019:18 495 657

La mise en œuvre des capacités de défense, explique le rapport, permet d’atténuer les risques et les conditions imposés par les catastrophes et par les incidents nécessitant une aide humanitaire, qui sont sources de souffrance pour les populations canadiennes et étrangères.
Conformément aux directives du gouvernement du Canada, la Défense nationale :

Le Canada compte donc continuer à déployer des forces à l’appui d’opérations de secours aux sinistrés et d’opérations humanitaires, selon les besoins.

En outre,toujours selon le Rapport sur les plans et priorités 2016-2017, la Défense nationale collaborera avec Affaires mondiales Canada pour recentrer sur le soutien humanitaire les efforts du Canada en Iraq et en Syrie et

Elle collaborera également avec Affaires mondiales Canada pour renouer avec l’engagement du pays à l’égard des opérations de soutien à la paix des Nations Unies, notamment en mettant à la disposition les capacités spécialisées du Canada (équipes mobiles, équipes médicales, soutien du génie, transport aérien de matériel et de personnel) après évaluation de la situation.

Toujours selon la même source, elle aidera aussi les Nations Unies à réagir plus rapidement aux conflits qui éclatent ou qui prennent de l’ampleur, en fournissant du personnel dûment formé en interventions internationales et pouvant être déployé rapidement, comme des commandants de mission, des officiers d’état-major et des unités de quartier général.

Au delà des coûts, la fierté

Mais, comme on le soulignait il y a un an, au delà des coûts, il y a la fierté alors qu’entre la gestion des conséquences de la catastrophe, le second tremblement de terre vécu par tous, la mission aura été stressante, mais couronné de succès pour les Canadiens qui sont repartis avec le sentiment du devoir accompli.

L’EICC a:

· traité plus de 700 patients népalais;

· distribué 75 unités de filtration d’eau et permis à environ 3 400 personnes d’avoir accès à de l’eau potable;

· fourni 750 cartes et éléments visuels aux militaires népalais et étrangers ainsi qu’à des organisations non gouvernementales et à des organismes des Nations Unies;

· retiré plus de 3 000 mètres cubes de gravats (soit le contenu d’environ 720 camions-bennes) et dégagé des routes, ce qui a permis d’accéder à environ 204 000 Népalais isolés par la catastrophe;

· aidé à la diffusion de plus de 300 avis de sécurité publique;

· distribué plus de 355 radios à manivelle, ce qui a permis à des collectivités éloignées d’être informées des opérations de secours.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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