Kingston pourrait accueillir un centre de formation sur les opérations de maintien de la paix

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(Photo: Archives/ONU)
(Archives/ONU)

Canadem, une ONG internationale de promotion de la paix réputée, demande au gouvernement fédéral d’ouvrir un nouveau centre de formation sur les opérations de maintien de la paix trois ans après la fermeture du réputé Centre Pearson que le gouvernement précédant avait laissé mourir.

Le nouveau centre serait situé à Kingston, en Ontario, près de la base des Forces armées canadiennes et du collège militaire.Par contre, l’établissement serait dirigé par des civils puisqu’il s’agirait essentiellement d’une revitalisation du centre Pearson, qui avait cessé ses activités faite de financement.

Avant sa fermeture, le Centre fournissait l’enseignement supérieur aux officiers militaires canadiens et étrangers ainsi qu’aux employés d’organismes qui pouvaient être impliqués dans les missions de maintien de la paix, comme la GRC.

En 2013, tournant le dos à son passé de gardien de la paix, le Canada avait laissé laisse le Centre Pearson pour le maintien de la paix, un des fleurons de l’engagement (passé) du pays au service du maintien de la paix, qui a fermé ses portes en octobre de cette année après avoir été pendant près de 20 ans un chef de file mondial dans l’élaboration de stratégies et de solutions relatives à la paix et à la sécurité.

Le Centre Pearson pour le maintien de la paix avait été créé à la demande du gouvernement du Canada en 1994 et nommé en l’honneur de Lester B. Pearson, ancien premier ministre du Canada et récipiendaire du Prix Nobel de la paix en 1957 pour la création de la FUNU (Force d’urgence des Nations unies), première opération de maintien de la paix des temps modernes.

La proposition de recréer un centre de formation de formation sur les opérations de paix sur le modèle du défunt centre Pearson vient donc de Canadem, une organisation non gouvernementale créé en 1996 grâce à un financement initial du gouvernement canadien, CANADEM avec, pour mission, « la promotion de la paix et de la sécurité mondiales à travers la sélection, la mobilisation rapide et la gestion en mission d’experts dévoués au service international avec l’ONU, d’autres organisations gouvernementales internationales, des ONG et des gouvernements ».

Le vice-président du conseil de Canadem est Warren Allmand, ex député libéral fédéral de Notre-Dame de Grâce pendant 33 ans et ex Procureur général (1972-1976), Ministre des Affaires indiennes et du développement nordique (1976-1977), et Ministre de la consommation et des affaires corporatives (1977-1979). M. Allmand est maintenant devenu un expert international indépendant reconnu dans le domaine des droits de la personne. Le président du conseil de Canadem est aussi un Montréalais, Claude Rochon, qui, après une carrière policière de 33 ans, a servi avec les Nations Unies à titre de conseiller principal au Directeur général de la Police nationale haïtienne avec la Mission internationale d’appui en Haïti (MICAH) ainsi que comme commandant de l’unité UNPOL pour la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP). Il a également servi comme conseiller principal pour l’Agence canadienne de développement international (ACDI), et pour le défunt Centre Pearson.

La capacité de l’armée canadienne à mener des opérations de maintien de paix s’est essentiellement estompée, après une décennie de guerre en Afghanistan, selon Canadem et selon, aussi, la plupart des experts, d’où l’importance d’un nouveau centre de formation.

«Plusieurs officiers généraux ont reconnu qu’ils avaient besoin de revigorer leur formation pour les opérations de paix de l’ONU et ils ont reconnu les avantages de tirer parti des formateurs civils», déclare Paul Larose-Edwards, le directeur exécutif de Canadem, cité par La Presse Canadienne.

M. Larose-Edwards a indiqué à l’agence de presse que son organisme avait dressé une liste d’experts qui pourraient remplir cette tâche. «Nous avons des milliers d’individus sur notre liste qui sont sur le terrain, qui ont les connaissances de l’ONU et des opérations de terrain de l’ONU», a-t-il précisé.

L’une des réformes chères au gouvernement libéral en politique étrangère est de rétablir la participation du Canada dans les opérations de maintien de la paix, alors que la contribution du pays est à son plus bas, réduite à quelques dizaines dans le monde. Le premier ministre Justin Trudeau a récemment déclaré devant l’ONU que le Canada s’impliquera davantage dans les activités de maintien de paix afin de poursuivre son objectif de remporter un siège temporaire à l’important Conseil de sécurité, en 2020.

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