Raïf Badawi: Amnistie Internationale s’impatiente, Ottawa plaide la discrétion

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Photo de Raef Badaoui prise en 2012 et diffusée le 16 janvier 2015 par sa famille (AFP)
Photo de Raef Badaoui prise en 2012 et diffusée le 16 janvier 2015 par sa famille (AFP)

Alors que Raïf Badawi s’apprête à vivre l’anniversaire du jour de son arrestation il y a quatre ans, la cause du blogueur emprisonné en Arabie saoudite et condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet continue d’occuper Amnistie Internationale, qui appelait cette semaine ses sympathisants à contacter l’ambassade saoudienne au Canada, alors qu’Ottawa de son côté plaide plutôt la discrétion.

Raif Badawi, nous ne t'oublions pas.Cette semaine on appelle l'ambassade d'Arabie saoudite à Ottawa (Canada) pour leur…

Posté par Amnistie Internationale Canada Francophone sur mercredi 6 avril 2016

La famille de M. Badawi, installée à Sherbrooke, espérait beaucoup des libéraux à leur arrivée au pouvoir. Alors qu’il était dans l’opposition, Stéphane Dion, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, avait réclamé que le premier ministre de l’époque, Stephen Harper, intervienne personnellement auprès du gouvernement saoudien pour libérer l’homme,

Estimant aujourd’hui que, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral en a fait «très peu» et n’a offert que des «miettes» dans cette affaire, la directrice des communications et porte-parole de la section francophone d’Amnistie Internationale, Anne Sainte-Marie, réclame maintenant de voir une stratégie ou, au moins, un calendrier.

« Est-ce qu’il prévoit faire des rencontres tous les mois, tous les six mois, tous les 20 ans avec l’Arabie saoudite, avec Raïf Badawi à l’ordre du jour? « , s’est impatientée Mme Sainte-Marie, rapportait aujourd’hui La Presse Canadienne.

À la radio montréalaise ce matin, le premier ministre Justin Trudeau a dit qu’il ne faut pas agir « trop vite » dans ce dossier pour éviter de possibles « conséquences néfastes »: « C’est certain que, nous, on veut pouvoir aider. Et des fois, de pousser trop fort, trop vite, ça a des conséquences néfastes pour les gens qu’on veut essayer d’aider », a déclaré le premier ministre.

Le ministre des Affaires étrangères, lors d’une téléconférence ce matin à son retour d’une visite en Birmanie alors qu’un nouveau gouvernement démocratique accédait au pouvoir pour la toute première fois en dans ce pays depuis plus d’un demi-siècle, a lui aussi plaidé la discrétion: « Je ne peux pas donner des détails qui pourraient nuire à l’objectif – qui est le mien et celui du premier ministre – que M. Badawi soit libéré », a déclaré le ministre Dion.

« Il ne faut pas faire d’effets de toge pour la galerie dans ce genre de situation. Il faut essayer d’être le plus efficace possible pour avoir un résultat », a insisté le chef de la diplomatie canadienne.

Amnistie Internationale pour sa part fixe tout de même une nouvelle cible: le 17 juin, date anniversaire de l’arrestation de M. Badawi. « Nous, on souhaiterait, comme cadeau de la fête des Pères pour ses enfants, que Raïf puisse être libéré », a dit espérer la porte-parole de L,organisation de défense des droits humains.

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