Rassemblement pour Raïf Badawi et les prisonniers d’opinion saoudiens à Montréal

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Un rassemblement organisé par Amnistie internationale pour le blogueur saoudien emprisonné Raif Badawi a eu lieu jeudi 21 avril à Montréal, devant le Devant le Complexe Guy-Favreau, sur René-Lévesque, entre St-Urbain et Jeanne-Mance.(Photo d'illustration/Compte twitter/UNEQ/@Ecrivains_QC)
Un rassemblement organisé par Amnistie internationale pour le blogueur saoudien emprisonné Raif Badawi a eu lieu jeudi 21 avril à Montréal, devant le Devant le Complexe Guy-Favreau, sur René-Lévesque, entre St-Urbain et Jeanne-Mance.(Photo d’illustration/Compte twitter/UNEQ/@Ecrivains_QC)

Un rassemblement organisé par Amnistie internationale pour le blogueur saoudien emprisonné Raif Badawi, dont la femme et les trois enfants sont réfugiés au Québec, à Sherbrooke, et pour les autres prisonniers d’opinion en Arabie saoudite, a eu lieu ce jeudi 21 avril à Montréal.

Badawi été arrêté le 16 juin 2012 « pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression ». Il a été condamné à 1 000 coups de fouets en plus de 10 ans de prison suivis de 10 autres années sans pouvoir quitter le pays ni utiliser les réseaux sociaux, le tout en plus d’une amende de 290 000$. Sa santé a été mise en péril suite à une flagellation publique le 9 janvier 2015.

L’organisation de défense des droits humains affirme, se référant au contrat de vente controversé de blindés au royaume saoudien, que le Canada devrait davantage soigner sa réputation de défenseur des droits de la personne que respecter sa signature sur des contrats militaires.

Le gouvernement Trudeau a décidé récemment d’honorer le contrat de 15 milliards $ conclu par le gouvernement conservateur précédent avec l’Arabie saoudite pour la vente de véhicules blindés légers.

Et le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a pour sa part défendu la décision de maintenir le contrat pour une question de crédibilité, la nécessité de choisir les bons leviers pour améliorer la situation des droits de la personne en Arabie saoudite (l’annulation du contrat n’en étant pas un à ses yeux), et la promesse d’une surveillance rigoureuse et constante des droits de la personne.

Mais Amnistie internationale estime que ces blindés « peuvent nuire à la vie civile » en Arabie saoudite et que ce seul risque devrait être suffisant pour annuler le contrat. « Il est temps, vraiment, que le Canada soit en ligne avec sa réputation de défenseur des droits humains, et non pas sa réputation d’honorer des contrats commerciaux», a estimé Mme Vaugrante.

Revoir les relations avec l’Arabie, suggère Amnistie

Prenant la parole jeudi lors de la manifestation dans la métropole québécoise, la directrice générale d’Amnistie internationale au Canada francophone, Béatrice Vaugrante, a estimé que les pays occidentaux « devraient peut-être revoir leur stratégie de relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite ».

« La situation des droits humains n’a cessé de se détériorer en Arabie saoudite. Le Royaume continue d’interdire les associations indépendantes de défense des droits humains et d’incarcérer leurs membres fondateurs, condamnés à de lourdes peines, et ce au titre de la loi antiterroriste en vigueur depuis février 2014. Des dizaines de prisonniers d’opinion sont toujours derrière les barreaux et tous risquent de subir des sanctions et des mauvais traitements en raison de leurs activités pacifiques », explique Amnistie internationale

Parmi ces détenus, souligne également l’organisation internationale, figure aussi l’avocat de Raif Badawi, Waleed Abu al Khair.

« Avec la Chine et l’Iran, l’Arabie saoudite est un des pays qui exécute le plus grand nombre de prisonniers, ce qui constitue une violation flagrante des droits humains. La plupart des personnes exécutées l’ont été pour des crimes qui ne devraient pas, d’après le droit international, être passibles de la peine de mort. Tous les rassemblements publics, y compris les manifestations pacifiques, demeurent interdits aux termes d’un arrêté pris en 2011 par le ministère de l’Intérieur », poursuit la section Canada francophone d’Amnistie internationale.

Libérez Raïf

Amnistie internationale, qui a mis en ligne une pétition, demande à au premier ministre Trudeau d’en faire plus pour faire libérer Raïf Badawi et le réunir à sa famille.

Le premier ministre canadien soutient qu’il ne faut pas agir « trop vite » dans ce dossier, pour éviter de possibles « conséquences néfastes », mais La femme de M. Badawi, Ensaf Haidar, a rétorqué lors du rassemblement d’aujourd’hui que quatre ans, c’est déjà « beaucoup » pour elle et ses enfants.

Elle voudrait que le gouvernement canadien parle maintenant directement avec le roi et le prince saoudiens.

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