Syrie : Damas poursuit les pourparlers, veut ouvrir le gouvernement à des technocrates

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L'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bachar Jaafari, le 19 septembre 2014 lors d'une réunion du Conseil de sécurité à New York (Eduardo Munoz Alvarez/AFP)
L’ambassadeur de Syrie à l’ONU, Bachar Jaafari, le 19 septembre 2014 lors d’une réunion du Conseil de sécurité à New York (Eduardo Munoz Alvarez/AFP)

Le gouvernement de Damas a poursuivi mercredi ses discussions avec l’ONU à Genève, malgré le retrait de l’opposition syrienne, et a proposé la formation d’un gouvernement d’union avec des opposants qui ne soient pas selon lui sous influence étrangère.

Lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre avec l’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy, le chef de la délégation du régime, Bachar al-Jaafari, a qualifié le départ du HCN (Haut comité des négociations, opposition) de « théâtre absurde » et de « scène hollywoodienne ».

« Il (M. Ramzy) a affirmé que l’ONU poursuit les négociations indépendamment de tout retrait », a expliqué M. Jaafari, qui est l’ambassadeur syrien à l’ONU.

« Dans tous les cas, aucune faction ne dispose d’un droit de veto lui permettant de confisquer les pourparlers », a-t-il insisté.

Jeudi, la délégation du régime de Damas doit rencontrer à nouveau le médiateur de l’ONU, Staffan de Mistura.

Les principaux responsables de l’opposition syrienne ont eux commencé à quitter Genève mardi, jugeant « inacceptable » de poursuivre les négociations de paix avec le régime de Damas qu’ils accusent de massacrer des civils. Le HCN a toutefois laissé sur place une équipe « technique » qui poursuivra les discussions depuis son hôtel.

« En partant, ils ont peut-être levé le principal obstacle » aux pourparlers « et cela va nous permettre de trouver une solution », a affirmé M. Jaafari, accusant le HCN d’être des « extrémistes, terroristes et mercenaires » à la solde de l’Arabie Saoudite.

Il a assuré que la solution politique en Syrie doit reposer sur un « gouvernement d’union national élargi, une Constitution et des élections législatives ».

Concernant la composition de ce gouvernement élargi, il a indiqué que cela devrait être ouvert à « des membres qui rejettent le terrorisme » et des représentants de l' »opposition nationale qui ne travaillent pas pour le compte de puissances étrangères ».

Il a ajouté que le futur gouvernement devrait inclure des « représentants de notre gouvernement actuel » et des « technocrates et des figures indépendantes ».

Le deuxième round de négociations, qui a débuté le 13 avril, devrait en principe s’achever vendredi.

Le sort du président syrien Bachar al-Assad reste la principale pierre d’achoppement dans les négociations. L’opposition insiste pour la constitution d’un « organe gouvernemental de transition » doté de pouvoirs exécutifs et dont serait exclu le président Assad. Mais pour Damas, il est hors de question de discuter de la présidentielle ou du sort du président, depuis 16 ans au pouvoir.

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