Syrie: le négociateur de l’opposition appelle à attaquer l’armée malgré la trêve

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Le négociateur en chef de l'opposition syrienne Mohammad Allouche a appelé dimanche à de nouvelles attaques contre l'armée du régime de Bachar al-Assad malgré la trêve. (AFP)
Le négociateur en chef de l’opposition syrienne Mohammad Allouche a appelé dimanche à de nouvelles attaques contre l’armée du régime de Bachar al-Assad malgré la trêve. (AFP)

Le négociateur en chef de l’opposition syrienne Mohammed Allouche a appelé dimanche à de nouvelles attaques contre l’armée du régime de Bachar al-Assad malgré la trêve en vigueur en Syrie depuis plus d’un mois et demi.

« Ne vous fiez pas au régime et ne vous attendez pas à ce qu’il prenne pitié de vous. Frappez-les (…) de tous les côtés », a tweeté Mohammed Allouche, en citant un verset du Coran.

Un membre de l’opposant participant au round de négociations de paix en cours à Genève a toutefois affirmé à l’AFP que M. Allouche exprimait son opinion personnelle.

« La position d’Allouche est personnelle. Nous au Haut Comité des négociations (HCN) ne pouvons pas adopter une telle position », a réagi Yahya al-Aridi membre de cet organisme qui regroupe les principaux représentants de l’opposition et de la rébellion hostile au régime.

M. Allouche dirige le mouvement armé d’inspiration salafiste Jaich al-Islam, qui fait partie de la centaine de groupes rebelles ayant approuvé fin février l’accord de cessation des hostilités imposé fin février par les Etats-Unis et la Russie.

Ce cessez-le-feu tenait globalement mais depuis une semaine une escalade des combats et des bombardements dans la ville d’Alep et sa province menace de le faire voler en éclats.

Une nouvelle session de négociations indirectes entre le régime de Bachar al-Assad et l’opposition a débuté mercredi dans l’espoir de mettre fin à cinq ans de guerre qui ont fait plus de 270.000 morts et déplacé la moitié de la population.

L’opposition syrienne a rejeté samedi une proposition de l’émissaire de l’ONU d’accorder à M. Assad une fonction protocolaire dans le processus de transition. Le sort du président syrien, au pouvoir depuis 16 ans, reste la principale pierre d’achoppement des pourparlers.

L’opposition n’exclut pas de suspendre les négociations

Par ailleurs, l’opposition syrienne envisage de suspendre sa participation aux négociations de Genève si le régime de Damas continue à refuser de parler du sort du président Bachar al-Assad, a-t-on appris dimanche auprès d’opposants.

«Les négociations sont presque arrivées à une impasse en raison de l’entêtement du régime à refuser de discuter du sort d’Assad», a déclaré à l’AFP un membre de la délégation du Haut comité des négociations (HCN), qui regroupe les principaux représentants de l’opposition au régime et de la rébellion.

«Ce round est menacé d’un échec si les grandes puissances, et notamment les États-Unis et la Russie, n’interviennent pas pour faire pression» sur Damas, a-t-il dit, sous couvert de l’anonymat.

Une nouvelle session de négociations indirectes entre le régime de Bachar al-Assad et l’opposition a débuté mercredi à Genève, sous l’égide de l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. Le conflit syrien, qui est entré dans sa sixième année, a déjà fait plus de 270 000 morts et déplacé la moitié de la population.

Abdel Hakim Bachar, membre du HCN et vice-président de la Coalition de l’opposition, a déclaré pour sa part qu’il n’excluait pas une suspension de la participation de l’opposition à ces pourparlers.

«Tous les scénarios sont possibles», a-t-il dit à l’AFP. «Pas un retrait pur et simple, mais une suspension (.) si la situation reste telle quelle.»

Le HCN réclame la mise en place d’un organe gouvernemental de transition, mais sans la présence du président syrien, au pouvoir depuis 16 ans, dont il exige le départ préalable.

Le régime de Damas se dit prêt à envisager un gouvernement de coalition avec l’opposition, mais considère que le sort du président Assad n’est pas négociable.

M. Bachar a souligné que le HCN était «en train de procéder à une revue complète» de la situation. «Les réunions vont se poursuivre aujourd’hui et demain (lundi), nous prendrons une décision», a-t-il dit.

Vendredi, le HCN a rejeté catégoriquement une proposition soumise par le médiateur de l’ONU qui prévoit d’accorder au président Assad une fonction protocolaire dans le processus de transition.

M. Bachar a souligné qu’aucun progrès n’avait été fait sur le plan de l’aide humanitaire ni sur celui des prisonniers. «Et la trêve est pratiquement rompue, car il y a actuellement une offensive contre Alep sur trois axes», a-t-il déploré.

Une cessation des hostilités est entrée en vigueur le 27 février, grâce à l’action combinée de Moscou et de Washington, mais elle risque de voler en éclats en raison des combats intenses qui opposent depuis plusieurs jours l’armée du régime aux rebelles autour d’Alep.

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