Syrie: le prochain round de négociations «crucial» selon l’ONU, la trêve fragile

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L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura le 1er février 2016 à Genève. (AFP/FABRICE COFFRINI)
L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura le 1er février 2016 à Genève. (Photo d’illustration/AFP/FABRICE COFFRINI)

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie a affirmé lundi que le round de négociations qui doit débuter mercredi à Genève sera « crucial » pour trouver une solution politique au conflit dans ce pays où le cessez-le-feu actuel est menacé selon une ONG.

« La prochaine phase des pourparlers de Genève est cruciale car nous allons nous concentrer sur la transition politique, la gouvernance et les principes constitutionnels », a expliqué Staffan de Mistura après une rencontre à Damas avec le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem.

« Nous avons l’intention de rendre constructifs et concrets » ces pourparlers indirects entre représentants du régime et de l’opposition, a précisé M. de Mistura, qui avait supervisé en mars un premier round de dix jours qui n’avait pas permis d’avancée majeure.

La question de la transition politique est particulièrement délicate car l’opposition réclame la création d’un corps exécutif doté de tous les pouvoirs mais dont serait exclu le président Bachar al-Assad, tandis que le régime exige un gouvernement élargi à des membres de l’opposition et sous la présidence d’Assad.

Selon l’agence officielle Sana, M. Mouallem « a réaffirmé durant sa rencontre avec M. de Mistura la position syrienne sur la solution politique ».

M. de Mistura a également abordé avec son interlocuteur le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis fin février, mis en place sous la houlette des États-Unis et de la Russie et qui exclut les deux organisations djihadistes, le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, et le groupe État islamique (EI).

« La cessation des hostilités est peut-être fragile mais elle existe. Nous devons nous assurer qu’elle va se poursuivre même s’il y a des incidents contenus », a dit M. De Mistura.

À deux jours de la reprise des discussions à Genève, cette trêve était toutefois menacée par les offensives contre l’armée syrienne lancées dans le nord, le centre et la région côtière du pays par des combattants d’Al-Nosra alliés à des rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

‘Offensives synchronisées’

« Al-Nosra, allié à des groupes rebelles, mène trois offensives synchronisées » dans les provinces d’Alep (nord), Hama (centre) et Lattaquié (nord-ouest), a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Les djihadistes ont réussi à s’emparer d’une colline dans la région montagneuse de la province de Lattaquié, berceau du président Assad et de la minorité alaouite dont il est issu, d’après l’OSDH.

Une source militaire a dit de son côté que des « groupes armés » avaient « tenté d’attaquer plusieurs positions militaires dans les provinces de Lattaquié et Hama mais sans réussir à avancer ».

Concernant la région d’Alep, le général Sergueï Roudskoï, un haut gradé de l’état-major de l’armée russe qui soutient le régime, a affirmé lundi que le Front Al-Nosra y menait de nombreuses attaques. « Nous savons qu’une offensive d’ampleur se prépare avec pour but de couper la route qui relie Alep à Damas », a-t-il dit.

« Si nous n’empêchons pas les actions des terroristes, alors le nord de la Syrie peut de nouveau se retrouver en état de siège. Toutes les actions de l’armée syrienne et de l’aviation russe sont dirigées vers l’arrêt des plans d’Al-Nosra. Aucun assaut d’Alep n’est toutefois prévu », a ajouté le général russe.

D’après l’OSDH, l’armée syrienne a envoyé lundi des renforts dans le sud, l’est et le nord de la province d’Alep alors que les jihadistes d’Al-Qaïda et leurs alliés rebelles ont également renforcé leurs positions.

De son côté, l’EI a repris la localité d’Al-Raï, un point de passage de première importance avec la Turquie voisine, dont des rebelles s’étaient emparés jeudi.

« Cela démontre qu’il est impossible aux rebelles de conserver une position contre l’EI sans couverture aérienne » de la coalition internationale dirigée par Washington, estime le directeur de l’OSDH.

Selon des médias turcs, l’artillerie turque a frappé des positions de l’EI dans une zone proche de la frontière syrienne.

Le même jour, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accueilli le roi Salmane d’Arabie saoudite, son principal allié contre le régime de Damas.

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