Syrie: les perspective de solution politique en danger

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Alep carrément abandonnée au régime Assad. (AMC)
Alep carrément abandonnée au régime Assad. (AMC)

Le chef du principal groupe d’opposition syrien a estimé samedi, après de nouveaux raids sur la région d’Alep, que les chances d’une solution politique en Syrie étaient en danger à moins que la communauté internationale ne fasse pression sur le régime de Damas.
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Mise à jour au 30/04/2016 à 20h41

John Kerry a réclamé un rétablissement du cessez-le-feu sur tout le territoire en Syrie, notamment à Alep bombardé par le régime, a indiqué samedi soir le département d’État, quelques heures avant le départ pour Genève du secrétaire d’État américain pour des entretiens d’urgence sur le conflit.

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« Le régime n’est pas réellement intéressé par une solution politique, et ils ne sont pas réellement intéressés par une cessation des hostilités », a déclaré à l’AFP à Istanbul Anas al-Abdeh, chef de la Coalition nationale syrienne.

« A moins que la communauté internationale ne fasse quelque chose, la perspective d’une solution politique est en danger », a ajouté le responsable de l’opposition après l’assemblée générale à Istanbul de la principale plateforme de l’opposition syrienne.

Samedi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a déclaré que la Russie ne demanderait pas au régime de Damas de cesser ses bombardements sur la région d’Alep.

« Il est évident que la Russie soutient toujours le régime, et qu’elle soutient la politique d’agression contre le peuple syrien du régime », a ajouté M. Abdeh.

Des dizaines d’habitants du côté rebelle de la ville d’Alep ont fui samedi leurs quartiers pour échapper aux nouveaux raids aériens du régime, qui ont repris pour le 9e jour consécutif.

« La Russie ne fait pas ce qu’elle est supposée faire, à savoir exercer une pression suffisante sur le régime de Damas pour qu’il fasse preuve de retenue et cesse de viser des civils », a ajouté le responsable de l’opposition.

Pour M. Abdeh, c’est aux États-Unis, engagés dans d’intenses pourparlers avec la Russie pour trouver une solution en Syrie, que revient la tâche de sauver le processus de paix de Genève après les derniers combats.

« Les Américains savent très bien qu’il doivent faire quelque chose de spécial pour faire renaître le processus politique en Syrie et remettre sur les rails les négociations politiques. J’espère que les Américains le font, car autrement, tous les efforts déployés au cours des derniers quatre mois l’auront été en vain », a ajouté l’opposant.

Un nouveau round de négociations doit commencer le 10 mai à Genève.

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