Syrie: l’opposition demande à l’ONU de suspendre les négociations de Genève

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Des membres de l'opposition syrienne du HCN, George Sabra, Asaad al-Zoabi et Mohammad Allouche le 15 avril 2016 à Genève. (POOL/AFP/FABRICE COFFRINI)
Des membres de l’opposition syrienne du HCN, George Sabra, Asaad al-Zoabi et Mohammad Allouche le 15 avril 2016 à Genève. (POOL/AFP/FABRICE COFFRINI)

L’opposition syrienne a demandé lundi à l’ONU de « faire une pause » dans les négociations de paix de Genève, en attendant des réponses du régime de Damas sur la transition politique et les questions humanitaires, a déclaré à l’AFP un membre du Haut comité des négociations (HCN).
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Mise à jour au 18/04/2016 à 16h00

L’opposition syrienne a suspendu sa participation « formelle » aux négociations de paix de Genève, a annoncé lundi l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

« J’ai pris connaissance de l’intention (de l’opposition) de suspendre sa participation formelle aux négociations au Palais (des Nations) afin d’exprimer son mécontentement et son inquiétude à propos de la détérioration de la situation humanitaire et de la cessation des hostilités » en Syrie, a-t-il dit devant la presse. « Ils ont toutefois exprimé leur intention de rester à Genève et de participer à ma demande à des discussions techniques » à leur hôtel, a-t-il ajouté.

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« Une petite délégation est en train de rencontrer l’émissaire (de l’ONU Staffan) de Mistura pour lui demander de faire une pause dans les négociations jusqu’à ce que le régime prouve son sérieux à propos de la transition politique et les questions humanitaires », a précisé cet opposant, ajoutant que la délégation du HCN restait pour l’instant à Genève.

Le HCN, qui regroupe les principaux représentants de l’opposition et de la rébellion syriennes, réclame la mise en place d’un organe gouvernemental de transition sans le président syrien Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 16 ans. Le régime se dit prêt à envisager un gouvernement de coalition avec l’opposition, mais considère que le sort du président Assad n’est pas négociable.

Le coordinateur de l’opposition, Riad Hijab, a déclaré lundi qu’il était « inacceptable » de poursuivre les négociations, alors que le régime de Bachar al-Assad continuait de « bombarder et d’affamer les civils » en menant une offensive militaire contre la région d’Alep, en dépit de la trêve.

Un négociateur du HCN a confié à l’AFP que l’opposition était divisée entre « ceux qui sont enclins à suspendre la participation et d’autres qui insistent pour rester » à Genève.

Après un premier round de pourparlers infructueux en mars, une nouvelle session, qualifiée de « cruciale » par M. de Mistura, a débuté mercredi dernier au Palais des Nations, siège de l’ONU.

À l’issue d’une deuxième entrevue lundi matin avec le médiateur, le chef de la délégation du régime, Bachar al-Jaafari, a évoqué de « nouvelles idées », sans plus de précisions.

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