Syrie: un hôpital d’Alep bombardé par les forces gouvernementales, au moins 20 civils tués

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(Vidéo Aleppo Media Center/ATTENTION IMAGES DIFFICILES)

« Au moins 20 personnes ont été tuées ce soir par des frappes aériennes contre l’hôpital al Quds et un immeuble résidentiel voisin dans le quartier d’al Sukkari, à l’est d’Alep », a indiqué à l’AFP la défense civile.
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Mise à jour au 27/04/2016 à 21h45

Le bilan s’élèverait maintenant à environ 50 victimes, dont 28 sont toujours pris au piège sous les décombres, selon le Aleppo Media Center, qui ajoute qu’il y aurait parmi ces victimes 13 femmes et 15 enfants.

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L’Observatoire syrien des droits de l’Homme(OSDH) a confirmé que les raids avaient été conduits par « des avions du régime » de Damas.

Un précédent bilan faisait état de 14 civils tués. Six corps ont ensuite été extraits des décombres, dont cinq membres d’une même famille parmi lesquels deux enfants et un dentiste de l’hôpital.

L’unique pédiatre des quartiers est d’Alep, contrôlés par les rebelles, est également au nombre des morts, selon le correspondant de l’AFP.

La plupart des patients de cet hôpital sont âgés et atteints de maladies chroniques.

L’établissement a été très sévèrement endommagé, a-t-on constaté, et les recherches d’éventuels survivants se poursuivaient dans la nuit.

Ces derniers jours, les bombardements dans la province d’Alep, notamment dans la ville éponyme, coupée en deux depuis 2012, se sont multipliés, provoquant la mort de plus d’une centaine de civils depuis vendredi.

Mercredi encore, avant les raids sur l’hôpital al Quds, 16 personnes avaient péri dans les bombardements qui ont visé aussi bien les quartiers rebelles que les quartiers contrôlés par le régime, selon un média syrien et des secouristes.

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, plus de 270.000 personnes sont mortes et plus de la moitié de la population a été déplacée.

Washington condamne la frappe du régime contre des secouristes dans la ville d’Atareb

Par ailleurs, les États-Unis ont condamné mercredi une frappe aérienne apparemment menée par les forces du régime syrien contre une équipe de secouristes lundi près d’Alep.

Mark Toner, porte-parole du département d’État, a exprimé son horreur devant « de multiples frappes aériennes » sur des secouristes de la défense civile près d’Alep, dans le nord de la Syrie.

« Au moins cinq membres de la défense civile sont morts et d’autres victimes innocentes ont été blessées », a-t-il dit.

M. Toner a souligné que ces frappes reflétaient « une tendance abjecte » dans les tactiques employées par le régime de Bachar al-Assad, où des personnels médicaux sont délibérément visés dans les zones tenues par les rebelles.

Le porte-parole a rendu hommage au groupe de défense civile, surnommé « les casques blancs », pour le travail accompli depuis le début du conflit il y a cinq ans et les nombreux civils qu’ils ont sauvés.

En revanche, le responsable n’a pas expliqué pourquoi plus tôt ce mois-ci les autorités américaines ont refusé au leader de ce groupe, Raed Saleh, l’entrée sur le territoire américain alors qu’il devait venir recevoir un prix récompensant son travail humanitaire.

« De manière générale, sur chaque cas de visa, nous examinons constamment les nouvelles informations à notre disposition », a-t-il dit. « Et si nous avons de nouvelles informations qui nous laissent à penser que cet homme pourrait poser un problème de sécurité, nous prenons alors les mesures qui s’imposent ».

M. Toner n’a pas dit si Raed Saleh était soupçonné de quoi que ce soit.

Négociation: De Mistura veut « revitaliser » le cessez-le-feu avant le prochain round

Pour sa part, l’envoyé spécial de l’ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura, veut « revitaliser » le cessez-le-feu dans le pays, qui est « en grave danger », avant de fixer la date du prochain round de négociations de paix intersyriennes.

Au cours d’une conférence de presse donnée dans la nuit de mercredi à jeudi à Genève, M. de Mistura a indiqué qu’il avait lancé un appel devant le Conseil de sécurité de l’ONU aux États-Unis et à la Russie, les deux initiateurs du cessez-le-feu introduit le 27 février, pour qu’ils agissent en ce sens.

L’envoyé spécial a notamment recommandé au Conseil de sécurité d’organiser dans un futur proche une rencontre du GISS (Groupe international de soutien à la Syrie composé de 17 pays et co-présidé par la Russie et les États-Unis, ndlr).

« Durant ces dernières 48 heures, un Syrien est mort toutes les 25 minutes, le dernier pédiatre d’Alep aurait été tué lors des bombardements survenus » dans la soirée, a déploré M. de Mistura.

« Le cessez-le-feu est toujours vivant, mais il est en grand danger », a-t-il dit.

« Nous voulons obtenir cette réunion du GISS avant de lancer le nouveau round au courant du mois de mai », a-t-il dit.

« Mon but est de continuer les entretiens, avec au moins un ou deux autres rounds d’ici juillet », a-t-il ajouté.

Mercredi s’est terminé le 3e round de négociations intersyriennes, qui avait commencé le 13 avril dernier.

Pour la première fois, M. de Mistura a également publié jeudi un résumé en 7 pages des entretiens menés lors de ce round qui vient de se terminer, et qui ont porté sur l’agenda d’une transition politique en Syrie et la mise en place « d’une gouvernance » de transition « inclusive ».

« Les parties syriennes ont à présent accepté la nécessité d’une transition politique » qui sera chapeautée par une « nouvelle et inclusive gouvernance, qui remplacera la gouvernance actuelle en Syrie », a indiqué M. de Mistura.

Il a cependant ajouté qu’il y avait toujours des fossés « substantiels » concernant les représentations de cette transition.

M. de Mistura a également indiqué que le round qui vient de se terminer avait été fortement influencé par la dégradation de la situation sur le terrain en Syrie.

Il a demandé notamment un accès pour l’aide humanitaire dans des villes telles que Douma, Darraya, Madamiyet Elsham et East Harasta.

Enfin, M. de Mistura a dressé une liste des problèmes « fondamentaux » qui doivent être réglés en vue d’instaurer une transition « politique viable » en Syrie. Cette liste, a-t-il dit, n’est pas figée et peut être modifiée au fur et à mesure des discussions.

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