Syrie: une autre vingtaine de morts dans de nouveaux raids dans la province d’Alep

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Le Centre de la défense civile dans la ville d’Atareb, dans la province d’Alep, a été touché mardi 26 avril 2016 par deux frappes aériennes et un missile, rapportent les médias locaux. (ATTENTION: IMAGES DIFFICILES/Step Agency)

Au moins 19 personnes ont péri mardi lors de raids contre les zones rebelles d’Alep et d’une autre ville de la province éponyme, dans le nord de la Syrie, ont indiqué des secouristes.

Ces frappes interviennent au lendemain de bombardements rebelles contre des quartiers tenus par le régime dans l’ouest d’Alep, faisant au moins 19 morts.

Mardi, quatorze civils ont été tués dans des frappes aériennes contre les quartiers rebelles situés dans l’est de cette ville coupée en deux depuis juillet 2012, ont indiqué les secouristes de la défense civile reconnaissables à leur casque blanc.

Et cinq de ces secouristes ont perdu la vie dans un raid contre leur siège à Atareb, une ville à l’ouest d’Alep contrôlée par des rebelles islamistes, a annoncé le groupe sur Twitter.

Une ambulance et un camion de pompiers ont également été endommagés par la frappe. Le bâtiment où siégeait la défense civile était lui entouré de gravats et de ferrailles, selon un correspondant de l’AFP.

Il n’était pas immédiatement clair si les frappes sur Atareb, à 35 km d’Alep, avaient été conduites par l’aviation syrienne ou son allié russe.

Au total depuis vendredi 100 civils ont perdu la vie dans cette ville où les artilleurs des deux bords ainsi que l’aviation du régime tirent sur les habitants.

Des roquettes tirées par les rebelles ont atteint mardi les zones gouvernementales de la ville, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans le quartier de Ferdous, toujours à Alep, un jeune homme couvert de poussière, le visage et la jambe ensanglantés, a été secouru, selon un correspondant de l’AFP.

Dans les quartiers rebelles, les habitants ne sortent que le soir quand les bombardements baissent en intensité, a constaté ce journaliste.

Dans les quartiers gouvernementaux, les gens restent terrés chez eux, note Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

La principale formation de l’opposition syrienne en exil, la coalition nationale, a condamné l’attaque sur Atareb et rendu hommage « aux remarquables efforts et à la bravoure des membres de la défense civile ».

« Les conditions favorables à un processus politique ne peuvent être créer alors que la machine de mort d’Assad fauche des vies en Syrie », affirme la coalition dans un communiqué.

Les bombardements font voler en éclat le cessez-le-feu mis en place le 27 février par les États-Unis et la Russie alors que cinq ans de guerre ont déjà fait plus de 270.000 morts.

Ban Ki-moon « profondément préoccupé » par les violences

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s’est dit mardi « profondément préoccupé » par les violences qui se poursuivent en Syrie, invitant les deux camps à respecter le cessez-le-feu et à participer aux discussions de paix à Genève.

« Je suis profondément préoccupé par les derniers développements sur le terrain, en particulier les attaques hier à Damas et à Alep dans la nuit (de lundi à mardi, ndlr), a-t-il déclaré à Vienne.

« La suspension des hostilités doit être maintenue au risque de rendre très difficile la tâche des humanitaires », a-t-il ajouté à l’adresse de journalistes.

Après huit semaines de trêve mise en place par les Etats-Unis et la Russie, la Syrie a replongé la semaine dernière dans la guerre qui a, en cinq ans, fait 270.000 morts.

Les violences d’aujourd’hui s’ajoutent à celles des jours précédents. Lundi, au moins sept personnes ont été tuées et une vingtaine blessées dans un attentat à la voiture piégée près du célèbre mausolée chiite de Sayeda Zeinab, au sud de Damas.

À Genève, les discussions de paix indirectes entre les parties sous l’égide de l’ONU doivent théoriquement se poursuivre jusqu’à mercredi, mais aucun progrès n’est à attendre puisque les principaux représentants de l’opposition (HCN) a suspendu sa participation « formelle ».

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