Washington: Obama et Hollande ont réaffirmé leur détermination à lutter contre l’EI

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Déclaration conjointe avec Barack Obama à… par elysee

Les présidents américain et français Barack Obama et François Hollande ont réaffirmé jeudi à Washington leur détermination à lutter de concert contre le groupe État islamique (EI) et à œuvrer pour la stabilité politique en Irak, Syrie et Libye.

« Nous constatons que Daech (acronyme arabe du groupe État islamique, Ndlr) est en recul grâce aux frappes que nous avons pu mener dans le cadre de la coalition » militaire conduite par les Etats-Unis, s’est félicité le chef de l’État français à l’issue d’une rencontre bilatérale organisée en marge d’un sommet sur la sûreté nucléaire.

« Avec le président Obama, nous avons encore davantage coordonné nos actions de renseignement et de suivi des combattants étrangers », a-t-il souligné, parlant d’une « coordination de très haut niveau ».

Selon François Hollande, il s’agit de permettre au gouvernement irakien de « reconquérir l’ensemble de son territoire et notamment Mossoul », la deuxième ville du pays.

En Syrie, « nous sommes là encore convaincus que Daech est en train de perdre la partie », a-t-il poursuivi, faisant de Raqa, un « objectif » et soulignant la nécessité de « soutenir toutes les forces, notamment arabes et kurdes » engagées sur ce théâtre.

Le président français a de nouveau plaidé pour une « transition politique » à Damas avec pour « objectif que ce soit un autre gouvernement (que celui de Bachar al-Assad, Ndlr), un autre régime qui puisse être celui de l’avenir de la Syrie ».

Évoquant la Libye, il a appelé à accorder une « pleine reconnaissance » au gouvernement d’union nationale formé sous l’égide de l’ONU et à « tout faire pour que la stabilité soit la priorité ».

De son côté, Barack Obama a salué le rôle joué par son homologue français pour « mobiliser les Européens autour de la nécessité d’être plus efficaces dans l’échange d’informations transatlantique, éliminer les combattants étrangers, identifier les attaques potentielles et couper les sources de financement » des groupes terroristes.

« Nous sommes totalement engagés pour détruire Daech », a-t-il ajouté, évoquant de prochaines « décisions stratégiques » visant à « réduire le territoire » contrôlé par l’organisation djihadiste et à la « mettre à genoux ».

Tout comme François Hollande, le président américain a également souligné la nécessité de soutenir le nouveau gouvernement Libyen pour empêcher l’EI de faire de la Libye une nouvelle « base à l’avenir ».

Le sommet nucléaire se penche sur la menace djihadiste

L’attention des dirigeants mondiaux réunis à Washington pour un sommet sur la sécurité nucléaire glissera vendredi vers le groupe État islamique (EI), après s’être beaucoup concentrée jeudi sur la Corée du Nord.

Après les attaques de Bruxelles et de Paris, la Maison Blanche est préoccupée par les capacités des Européens à contrer les risques d’attaques sur leurs grandes villes.

Le spectre d’une bombe sale plane dans les tous esprits: des djihadistes mettant la main sur des matériaux nucléaires, pour faire une « bombe sale », une explosion non-nucléaire mais disséminant des particules radioactives dans l’environnement.

Les craintes sur ce genre d’attaque ont été alimentées notamment par la découverte d’une dizaine d’heures de surveillance vidéo d’un responsable nucléaire belge par des membres du groupe État islamique.

Mais les discussions des dirigeants dépasseront le seul risque nucléaire.

Jeudi, le président Obama a souligné le besoin d’augmenter la coopération transatlantique pour « identifier les attaques potentielles, couper le financement ».

Le président Obama a rencontré en réunion bilatérale le président français François Hollande, ce dernier se félicitant de la « coordination de très haut niveau » entre les deux pays pour lutter contre les djihadistes.

D’une manière générale, les pays engagés contre l’EI ont « fait de bons progrès pour accélérer les frappes aériennes et augmenter la pression » en Irak et en Syrie, a expliqué Ben Rhodes, l’un des principaux conseillers du président Obama.

« Mais nous pensons aussi qu’il est extrêmement important que nous travaillions à mettre au jour les projets d’attaque » en dehors d’Irak et de Syrie, « étant donné les efforts de l’EI pour évoluer vers plus d’attaques en Europe et dans d’autres parties du monde », a-t-il expliqué.

Le partage du renseignement sera au coeur des discussions, a-t-il expliqué.

« Comment s’assurer que cela va le plus vite possible », et « comment mieux surveiller les combattants qui quittent l’Irak et la Syrie pour venir en Europe, mais aussi dans d’autres pays? », a-t-il demandé.

Les représentants des six grandes puissances qui ont négocié l’accord sur le nucléaire iranien feront aussi sur le point sur l’application de l’accord par Téhéran, pour l’instant sans problème selon Washington.

Les discussions sur la sécurité nucléaire proprement dites comprendront notamment dans l’après-midi un échange autour d’un scénario fictif d’un incident de sécurité nucléaire, une première dans les quatre sommets de ce type réunis par l’administration Obama depuis 2010.

La journée s’achèvera par une conférence de presse du président américain.

Jeudi, les échanges ont été notamment marqués par la Corée du Nord, l’épouvantail atomique qui inquiète toute la communauté internationale avec ses essais nucléaires et ses tests de missiles condamnés par l’ONU.

Le président Obama a reçu dans une réunion tripartite la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye et le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Les trois dirigeants ont promis de « se défendre » contre la menace atomique du régime de Pyongyang.

Ils se sont engagés à « mettre en oeuvre les mesures fortes du Conseil de sécurité de l’ONU » prises le 2 mars, c’est-à-dire l’arsenal de nouvelles sanctions sans précédent contre Pyongyang.

Et le président Obama a également discuté de la Corée du Nord en bilatéral avec Xi Jinping, le président chinois dont le pays est un allié traditionnel du régime de Pyongyang.

Pékin a voté les sanctions de l’ONU contre le régime, mais les Etats-Unis veulent que la Chine fasse monter la pression pour lui faire entendre raison.

« Le président Xi et moi-même sommes déterminés à obtenir une dénucléarisation de la péninsule coréenne et la pleine application des sanctions de l’ONU », a martelé M. Obama aux côtés de son invité.

Ce dernier a salué une « coordination et une communication efficaces » avec les Etats-Unis sur la « question du nucléaire coréen ».

Le climat sur la péninsule coréenne ne cesse de se détériorer depuis le quatrième essai nucléaire de Pyongyang le 6 janvier et le lancement le 7 février d’une fusée, considéré comme un essai déguisé de missile longue portée.

La Corée du Nord menace quasiment quotidiennement Séoul et Washington de frappes nucléaires ou conventionnelles et semble faire fi de la résolution 2270 du 2 mars du Conseil de sécurité.

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