Armée: une réserve en sous-effectif conclut le Vérificateur général

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Après plus de 10 ans à s'entraîner aux États-Unis, c'est désormais à la maison que la Réserve s'entraîne (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
De nombreuses unités de réserve à travers le Canada sont en sous-effectif, certaines fonctionnant avec moins de la moitié de la taille idéale. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Après s’être inquiété il y a quelques mois des logements militaires, le Vérificateur général du Canada Michael Ferguson a sorti aujourd’hui une nouvelle série de rapports, dont un sur la Réserve.

Dans un audit lié au secteur militaire, le bureau du vérificateur général conclu que le nombre de soldats de la Réserve a diminué et que, à cause de lacunes dans leur entraînement, les soldats de la Réserve ne sont pas complètement prêts à prendre part à des missions.

Ainsi, les soldats de la Réserve représentent environ la moitié de l’effectif de l’Armée canadienne, et ils sont censés fournir jusqu’à 20% des soldats déployés lors d’opérations internationales.

Le VG a constaté que la Réserve de l’Armée n’a pas de directives claires sur l’entraînement que doivent suivre ses soldats pour se préparer pour les missions internationales. La Réserve n’a pas le nombre de soldats dont elle a besoin, et l’Armée canadienne n’a pas toute l’information voulue pour déterminer si les soldats de la Réserve sont prêts à être déployés en cas de besoin.

Recrutement, rétention

La Défense nationale n’a pas été en mesure de recruter et de garder dans les rangs le nombre de soldats dont la Réserve a besoin, et le nombre de soldats de la Réserve accuse un recul soutenu.

Par exemple, en 2014-2015, l’Armée canadienne a financé environ 21.000 postes de soldats de la Réserve, mais seulement environ 13.944 soldats étaient entraînés et actifs. De plus, en 2015, seulement environ 3.600 soldats de la Réserve ont pris part aux grands exercices annuels d’entraînement collectif.

Encore plus grave, Michael Ferguson indique avoir constaté que 58 des 123 unités de la Réserve de l’Armée fonctionnaient avec moins de 70 % du nombre idéal de soldats, tandis que 12 de ces unités fonctionnaient même avec moins de 50 % du nombre idéal de soldats!

Au Québec, la situation entre les deux brigades de réserve est bien différente. Si la 34e Brigade (Montréal) affiche un taux de soldats de près de 102% en moyenne sur ses 13 unités, la 35e Brigade (Québec) n’a en moyenne que 88% de ses effectifs.

Il y a un an, lors de sa prise de commandement du 35e Groupge-brigade du Canada, la colonel Josée Robidoux avait déjà annoncé à 45eNord.ca dans une entrevue exclusive que sa «priorité majeure sera plus au niveau de la rétention et de la préparation de la relève».

Le Vérificateur général recommande donc au ministère d’«élaborer et mettre en œuvre une stratégie de maintien en poste des effectifs pour la Réserve de l’Armée».

Dans une déclaration envoyée aux médias, le commandant de l’Armée Marquis Hainse, a accepté cette recommandation et précise qu’«au cours de l’année qui vient, les Forces armées canadiennes […] élaboreront un plan qui permettra à la Force de réserve de demeurer forte et en santé. Nous mettons actuellement sur pied des stratégies qui viseront à réduire un certain nombre de défis associés au processus de recrutement et ainsi faire en sorte que nous aurons les bonnes personnes pour l’avenir».

Instruction

Dans son audit de la Réserve, le VG dit avoir constaté que, dans l’ensemble, l’Armée canadienne a conçu son programme d’instruction de manière à ce que les soldats de la Réserve de l’Armée suivent un entraînement physique moins poussé et n’acquièrent pas le même nombre de compétences que les soldats de la Force régulière.

De plus, certains soldats de la Réserve de l’Armée n’avaient pas acquis des compétences pourtant nécessaires avant leur déploiement.

«Nous avons constaté que l’instruction collective des unités de la Réserve de l’Armée n’était pas bien intégrée au programme d’instruction des unités de la Force régulière», précise encore le rapport.

La Défense nationale a reconnu le besoin d’améliorer l’entraînement des soldats de la Réserve de l’Armée et de mieux intégrer les soldats à temps partiel avec leurs homologues de la force régulière.

Avec les consultations publiques dans le cadre d’un processus d’examen ouvert et transparent visant l’élaboration d’une nouvelle politique de défense pour le Canada, la balle est dans le camp du gouvernement pour définir ou redéfinir ses priorités envers la Réserve de l’Armée.

La prochaine séance de consultation aura lieu à l’École nationale d’administration publique, le 7 mai prochain. 45eNord.ca est d’ailleurs partenaire média de l’évènement, qui est déjà complet !

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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