Bénéfice du doute: l’élève-officier Whitehead acquitté des deux accusations d’agressions sexuelles

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Se voyant accorder le bénéfice du doute, l’élève-officier du Collège militaire royal de Kingston, Alexander Whitehead, a été acquitté de 2 accusations d’agression sexuelle – à la suite d’une affaire qui remonte à 2013 et d’un procès militaire commencé le 19 mai 2015 et qui se sera donc étiré sur un an.

Whitehead, 23 ans, était dans sa troisième année au Collège militaire royal de Kingston, en 2013, en cours de formation comme officier de systèmes de combat, lorsque les accusations ont été portées. Ses accusatrices, deux camarades de classe, ont terminé leur année et obtenu leur commission d’officier, mais le diplôme de Whitehead a été retenu et il n’a pas eu sa commission d’officier dans les Forces armées canadiennes en raison de cette affaire.

Finalement, au procès, qui avait repris le 18 avril et se tenait au Collège militaire royal du Canada à Kingston, les procureurs des plaignantes ont échoué à prouver la culpabilité hors de tout doute raisonnable de l’élève-officier sir les deux chefs d’agressions sexuelles (Art. 130 LDN, agression sexuelle (art. 271 C. cr.).

Le jeune homme jouait sa carrière et son avenir dans cette affaire. Au moment de l’acquittement, rapportent les médias locaux, Whitehead, les larmes aux yeux, a étreint sa famille et ses avocats.

En acquittant Whitehead de toutes les accusations, le juge militaire, le lieutenant-colonel Louis-Vincent d’Auteuil, a mis en doute la crédibilité et la fiabilité des deux plaignantes, notant que leurs témoignages affirmant que Whitehead les avait sexuellement agressé dans leurs dortoirs en 2013 avaient varié au fil du temps, alors que la version des événements de Whitehead a été constante.

La juge en a conclu que l’accusation n’avait donc pas prouvé sa culpabilité hors de tout doute raisonnable sur la question du consentement.

« Je ne dis pas que les plaignantes ont menti. », a dit le magistrat, « … juste qu’elles ne sont pas crédibles et suffisamment fiables. »

Pour ce qui d’en appeler de la décision, les avocats des plaignantes, encore à étudier la décision de la Cour, ne peuvent pas se prononcer sur cette question pour le moment, mais il semble improbable qu’ils portent l’affaire en appel.

Interrogé après l’audience à savoir si la décision de la Cour signifie que le statut de son client au CMR sera rétabli et s’il recevra finalement son diplôme et sa commission d’officier, l’un des défenseurs de l’élève-officier, le major David Hodson, a déclaré: « ce serait la bonne et honorable chose à faire. », ajoutant toutefois que c’était à la direction du Collège de prendre cette décision.

Les plaignantes: deux fois victimes

La question qu’on ne peut s’empêcher de se poser est, si la preuve était aussi faible et ne tenait qu’aux témoignages des plaignantes sur deux événements distincts (le témoignage de l’une ne pouvant corroborer le témoignage de l’autre), pourquoi l,accusation a-t-elle été de l’avant dans cette affaire ?

Ce à quoi la procureure de l’accusation, la major Maureen Pecknold, n’a pu que répondre: «Si nous avons un cas à porter en Cour, nous allons le faire avec toutes les ressources dont nous disposons, mais, parfois, cela ne signifie pas qu’il y aura une condamnation. »…

Voilà donc qu’après l’affaire Jian Ghomeshi au civil où l’ex animateur vedette a été acquitté le 18 avril de toutes les accusations auxquelles il faisait face par le juge William B. Horkins à Toronto, un autre procès dans une affaire d,agression sexuelle se termine par un acquittement.

L’ex-animateur de l’émission culturelle Q à la radio de CBC avait plaidé non coupable à quatre chefs d’agression sexuelle et un autre pour avoir vaincu la résistance d’une personne par l’étouffement, des allégations qui remontent à 2002 et 2003.

Encore une fois, c’était une affaire de « he said/she said » et de consentement qui s’est soldée par une défaite pour les plaignantes.

Est-ce que l’accusation fonce et traduit en justice trop facilement et sans évaluer adéquatement la qualité de sa preuve dans les affaires d’agressions sexuelles parce que c’est « dans l’air du temps » ou, plus simplement, quand une accusation au criminelle ne tient que sur le témoignage non corroborée d’une plaignante, le système qui veut une preuve hors de tout doute est au départ nettement défavorable à la présumée victime ?

Dans les dernières semaines, le score dans ces drôles de matchs que sont les procès pour agressions sexuelles, tant au civil qu’au militaire est: Accusés 2 Accusatrices 0

Et ce, sans compter le « retentissant » acquittement de l’adjudant Gagnon en cour martiale en août 2014, qui s’était joué, lui aussi, sur la notion de consentement.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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