Le Canada signe les «principes de Kigali»: une évolution significative de l’humanité dit Roméo Dallaire (VIDÉO)

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Ça y est, le Canada a ajouté son nom à ceux des vingt-neuf pays qui ont adhéré la semaine dernière aux « principes de Kigali » qui font de la protection des civils une priorité des Casques bleus, quelque soit la mission. Une grand pas et une évolution significative de l’humanité, nous explique le lieutenant-général à la retraite et ex sénateur Roméo Dallaire, connu internationalement pour son action au Rwanda.

Les Principes de Kigali représentent un engagement commun pour faire face au terrible sort subi par les civils lors des conflits armés et le Canada est est fier d’appuyer les Principes de Kigali en se joignant à 29 autres pays dans cet engagement commun important, a écrit la Mission canadienne sur son compte Twitter vendredi.

Vingt-neuf pays qui fournissent des Casques bleus à l’ONU avaient déjà adhéré mercredi dernier à New York aux «principes de Kigali», un engagement pour donner priorité à la protection des civils, y compris par la force, avaient alors annoncé annoncé les Pays-Bas et le Rwanda.

Pour des raisons purement techniques, le Canada n’a pu signer l’engagement que vendredi, signature qui a été immédiatement salué par la Mission du Rwanda à l’ONU.

Rencontré dimanche 15 mai, alors qu’il était l’invité d’honneur à l’inauguration du Musée du Fort-Saint-Jean, le lieutenant-général à la retraite et ex sénateur libéral Roméo Dallaire, très proche de ce dossier et qui était justement en négociation avec les Forces armées rwandaise sur la formation des militaires de ce pays sur la protection des enfants-soldats au moment où il a appris la signature de cet engagement, nous en a expliqué toute l’importance.

La souveraineté de l’individu avant celle de l’État

«Les principes de Kigali, ça change énormément», nous explique le général. «parce que ça met un principe fondamental de lien entre les pays vis-à-vis les population civiles où, avant, il y avait des grandes conventions, de Genève, ainsi de suite, mais là, maintenant, on est dans l’ère moderne, on spécifie».

«Spécifiquement la protection des civils parce qu’on fait face [de nos jours, ndlr], non pas à des grandes guerres entre des grandes armées, mais on fait face à des États qui sont en implosion, on fait face à des guerres civiles, on fait face à des atrocités de masse, à des génocides. Et donc les plus vulnérables sont des civils, qui sont les cibles».

«Alors, ces principes que le Rwanda a initié, et d’ailleurs on sait pourquoi, on connaît son ‘background’», souligne le général, «nous donne un autre point d’appui pour pouvoir combattre l’impunité de ceux qui veulent abuser des droits des individus et des civils».

«Cela fait partie de l’évolution assez significative où l’humanité qui prend maintenant ses responsabilité vis-à-vis l’humanité [sic], versus les États ou la souveraineté des États, le bon fonctionnement des différents États-Nations», affirme Roméo Dallaire.

«Aujourd’hui on reconnaît, avec le principe de souveraineté protégée que le Canada a mis en place en 2005 aux Nations Unies, aujourd’hui, c’est un autre volet de cela qui, essentiellement, dit que la souveraineté, c’est une affaire de l’individu et non pas de l’État. Donc, la souveraineté de l’individu, elle prend un ‘préséant’ sur la souveraineté de l’État.»

Roméo Dallaire

Roméo Dallaire est connu internationalement pour avoir agi dans un cadre humanitaire au Rwanda alors qu’il était commandant de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), la force de maintien de la paix des Nations unies au Rwanda, pendant le Génocide au dans ce pays en 1994. Ses tentatives d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les crimes qui se perpétraient alors sont restées lettre morte, ce que qu’il a très amèrement regretté et dénoncé avec force à son retour d’Afrique.

Il est aussi l’auteur de «J’ai serré la main du diable», un livre qui relate les événements qu’il a vécus au Rwanda, et il est considéré tant à l’étranger qu’au Canada comme un héros qui a essayé de toutes ses forces d’arrêter le génocide et a pu sauver au moins quelques vies.

160516 Kigali Principles by 45eNord

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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