Colombie : l’accord de paix Farc-gouvernement sera inscrit dans la constitution

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Humberto de la Calle, négociateur en chef du gouvernement colombien, à La Havane le 26 juin 2015. (Archives/Omar Nieto/Presidencia)
Humberto de la Calle, négociateur en chef du gouvernement colombien, à La Havane le 26 juin 2015. (Archives/Omar Nieto/Presidencia)
Le futur accord de paix entre la guérilla des Farc et le gouvernement colombien sera inscrit dans la constitution du pays pour garantir son application, ont annoncé jeudi les parties dans un communiqué commun publié à Cuba.

Cette décision vise à « apporter sécurité et stabilité juridique à l’accord final, à assurer son introduction dans l’ordre juridique colombien et donner les garanties d’application (…), conformément au droit colombien et au droit international », indique le texte lu devant la presse par les représentants de Cuba et de la Norvège, médiateurs des discussions de paix menées depuis plus de trois ans à La Havane.

Le Congrès sera chargé d’incorporer le futur accord final à la constitution et le rendre conforme au droit international, précise le communiqué.

« Cette décision a d’énormes implications », a salué peu après le chef de la délégation du gouvernement aux pourparlers, Humberto de la Calle.

Ainsi, a-t-il expliqué, « le gouvernement garantit qu’il tient la parole donnée. Et il le fait en s’appuyant sur le plus haut niveau juridique, accordant à l’accord final l’importance exceptionnelle que représente la fin de la guerre ».

Depuis le début de ces discussions ouvertes fin 2012, gouvernement et Farc ont déjà signé plusieurs accords intermédiaires, notamment sur la lutte contre le trafic de drogue ou encore les réparations à accorder aux victimes.

Depuis juillet 2015, les Farc observent un cessez-le-feu unilatéral, tandis que le gouvernement a suspendu les bombardements aériens à leur encontre. Toutefois, les parties ne sont pas encore parvenues à s’entendre sur un cessez-le feu bilatéral.

Restent également à résoudre les questions des modalités du désarmement et de la ratification de l’accord de paix final.

Le gouvernement et la seconde rébellion du pays, l’ELN (environ 1.500 combattants), viennent par ailleurs d’annoncer l’ouverture prochaine de pourparlers parallèles.

Ces processus menés avec ces deux guérillas fondées en 1964 pourraient permettre de tourner définitivement la page d’un conflit qui a officiellement fait 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,6 millions de déplacés depuis plus d’un demi-siècle.

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