Fin de l’année pour les élofs du CMR Saint-Jean (PHOTOS)

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L’année 2015-2016 s’est achevée en beauté pour les élèves-officiers du Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR Saint-Jean), alors que tous ont défilé samedi matin devant parents et amis, lors d’une cérémonie présidée par le vice-amiral Mark Norman, commandant de la Marine et bientôt vice-chef d’état-major de la Défense.

La veille, vendredi soir, les finissants avaient reçu leurs diplômes attestant des deux années passées à Saint-Jean et, samedi matin, c’était parade sous le soleil de mai et, pour clore le spectacle, parachute avec les Skyhawks.

« Cet événement prend une signification particulière pour nos finissants et finissantes qui ont toutes les raisons d’être fiers de leurs réalisations personnelles dans le cadre d’un programme aussi exigeant », a déclaré le commandant du Collège, le colonel Simon Bernard.

Le colonel Bernard, qui était lui-même élève-officier au CMR Saint-Jean lors de l’annonce de la fermeture en 1993, n’a pas caché en entrevue avec 45eNord.ca après la cérémonie sa joie de voir le Collège recouvrer son statut universitaire.

Pour le colonel Bernard, cette erreur historique, reconnu nous a-t-il souligné par l’ex premier ministre Jean Chrétien lui-même mdans son autobiographie, est enfin réparé.

Le retour de l’enseignement universitaire à Saint-Jean marque selon le commandant de l’institution une meilleure compréhension, aujourd’hui, des véritables besoins des Forces armées et du pays: des officiers avec non seulement une formation technique, comme celle qu’on peut recevoir à Kingston, mais une formation humaniste et libéral.

Tirant les leçons de son expérience en Afghanistan, le colonel Bernard explique à quel point une pareille formation et la sensibilité culturelle peuvent être des atouts sur un théâtre d’opération, citant en exemple la difficulté qu’il y avait au cours de cette guerre insurrectionnelle de démêler ce qui venait des Talibans et ce que appartenaient à la culture tribale des Afghans.

C’est ainsi que le colonel a bon espoir de pouvoir offrir en 2017, non seulement un programme d’études en humanités mais également des programmes d’Espagnol, d’Arabe et, tenez-vous bien, de Mandarin.

L’officier-réviseur à cette cérémonie, le vice-amiral Norman, va encore plus loin. Pour le futur vice-chef d’état-major, lui-même diplômé en économie et en science politique, les Forces armées n’ont pas besoin que d’ingénieurs et de techniciens, comme il n’ont pas besoin que de tacticiens, mais aussi de stratège qui ont une profonde compréhension du monde.

Ainsi, pour le vice-amiral, le retour de l’enseignement universitaire ,ce n’est pas tant un cadeau que le ministère de la Défense fait au Québec, qu’un cadeau pour les Forces armées canadiennes et tout le pays que d’établir ainsi un centre d’excellence où les futurs dirigeants militaires pourront recevoir une éducation libérale qui les préparera à mieux comprendre le monde dans lequel nous évoluons.

Quant aux finissants, il semble bien qu’ils ont le goût du changement et de l’aventure. Si le programme de leur choix étaient disponibles tant à Kinsgston que Saint-Jean, certains nous ont confié qu’ils opteraient sans doute pour Kingston pour connaître un nouveau milieu. Mais ils ne s’attendent pas nécessairement à ce que la réciproque soit vraie chez leurs collègues des autres provinces qui pourraient bien pourtant choisir Saint-Jean pour la même raison, mais seraient plus réticents à quitter leur milieu, selon les élofs qu’a pu interroger 45eNord.ca.

Parviendra-t-on alors à imposer de nouveau Saint-Jean comme centre d’excellence de l’enseignement militaire de niveau universitaire au Canada? On le saura bientôt.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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