Ingrid Betancourt, ex-otage des Farc, appelle la Colombie à «embrasser» la paix

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Ingrid Betancourt, ex-otage des Farc, retrouvait ses proches après sa libération en 2008. (AFP)
Ingrid Betancourt, otage des Farc depuis 2002, retrouvait ses proches après sa libération en 2008. (AFP)

L’ex-otage de la guérilla des Farc Ingrid Betancourt a appelé jeudi la Colombie à « embrasser » la perspective de la paix et à promouvoir la réconciliation et le pardon, après plus d’un demi-siècle de conflit armé.

« J’adresse aujourd’hui à la Colombie une seule supplique : qu’elle ait l’audace d’avoir confiance en elle-même et d’embrasser de tout son âme la grandiose perspective de la paix », a déclaré Mme Betancourt, revenue dans son pays après trois ans d’absence, pour participer à un forum intitulé « Réconciliation, au delà du réalisme magique ».

Dans un discours où elle a plusieurs fois dû s’interrompre sous le coup de l’émotion, Mme Betancourt a rappelé quelques unes des expériences vécues durant ses six ans de captivité aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), engagées aujourd’hui dans la dernière ligne droite de pourparlers de paix avec le gouvernement du président Juan Manuel Santos.

L’ancienne parlementaire colombienne, également de nationalité française, avait été enlevée en 2002 alors qu’elle était candidate du parti écologiste Oxigeno à l’élection présidentielle. Sa libération en 2008, en même temps que d’autres otages lors d’une action militaire baptisée « Operacion Jaque » (Opération Echec), dirigée par M. Santos alors ministre de la Défense, avait eu d’importantes répercussions médiatiques.

« Il n’y a rien de plus fort que le pardon pour arrêter la déshumanisation » qui affecte tous les Colombiens après plus de 50 ans de guerre interne, a-t-elle estimé jeudi, en racontant comment pendant sa captivité un guérillero lui avait un jour demandé pardon suite à des propos qu’il lui avait tenu et comment cela lui avait permis de surmonter un moment de dépression qu’elle traversait.

A propos du processus de paix avec les Farc, engagé depuis novembre 2012, Ingrid Betancourt, revenue rarement en Colombie depuis 2008, a estimé que les « ambitions » de justice de la société civile et de « sécurité juridique » de la guérilla étaient compatibles.

« En tant que société, nous aspirons à ce qu’il n’y ait pas d’impunité et eux, ceux des Farc, exigent la sécurité juridique. Ces deux ambitions sont justes et ne sont pas incompatibles : la possibilité d’une justice transitoire est une proposition créative et raisonnable pour résoudre cette équation », a affirmé l’ex-otage.

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