Irak: l’EI cherche à empêcher les civils de quitter Falloujah

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Des soldats irakiens maintiennent leur position contre le groupe État islamique près de Falloujah dans la province irakienne Anbar le 3 mai 2016. (AFP/Archives/MOADH AL-DULAIMI)
Des soldats irakiens maintiennent leur position contre le groupe État islamique près de Falloujah dans la province irakienne Anbar le 3 mai 2016. (AFP/Archives/MOADH AL-DULAIMI)

Le groupe État islamique utilise des tireurs embusqués pour empêcher les civils de quitter la ville irakienne de Falloujah assiégée par les forces de Bagdad, a affirmé vendredi un porte-parole militaire américain.

Les djihadistes ont utilisé des tireurs embusqués pour couvrir les corridors d’évacuation mis en place par les forces irakiennes, « pour tuer les gens quand ils essaient de partir », a indiqué le colonel Steve Warren, en vidéoconférence depuis Bagdad.

Les corridors ont du coup été peu utilisés, a-t-il déploré.

La ville de Falloujah dans la province sunnite d’Al-Anbar, à une cinquantaine de kilomètres de Bagdad, est en proie à des pénuries de nourriture et de médicament.

En mars dernier, l’ONG Human Rights Watch avait tiré la sonnette d’alarme, expliquant que les habitants ne mangeaient « plus que du pain fait avec de la farine préparée à partir de noyaux de dattes et des soupes faites avec de l’herbe ».

Falloujah est contrôlée d’une main de fer par le groupe État islamique, qui tient la ville depuis janvier 2014.

Mais les forces gouvernementales l’encerclent presque complètement, et « grignotent » du terrain petit à petit, a indiqué le colonel Steven Warren, citant par exemple une progression de « 350 mètres » jeudi.

En 2004, les Marines américains avaient dû mener une terrible bataille pour parvenir à conquérir la ville.

Les combats, les plus violents depuis le Vietnam pour l’armée des Etats-Unis, s’étaient soldés par la mort de 95 soldats américains.

Les djihadistes perdent petit à petit du terrain en Irak. Mais ils continuent de mener régulièrement des attaques contre des civils et des forces de sécurité dans les zones sous contrôle gouvernemental.

Au moins 16 personnes ont été tuées dans des attaques revendiquées par l’EI vendredi dans la ville de Balad, au nord de Bagdad. Jeudi, au moins 94 personnes ont été tuées mercredi dans trois attentats à la voiture piégée, lors de la journée la plus meurtrière dans la capitale irakienne cette année.

Selon le colonel Warren, environ la moitié de l’armée irakienne est mobilisée par la défense de Bagdad.

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