Irak: les forces spéciales canadiennes au côté des Kurdes qui reprennent 9 villages à l’EI

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Des combattants peshmergas kurdes irakiens font feu avec un canon anti-char sur la ligne de front à l'est devant la ville de Mossoul. (AFP)
Des combattants peshmergas kurdes irakiens font feu avec un canon anti-char sur la ligne de front à l’est devant la ville de Mossoul. (AFP)

Les forces kurdes, aidées et conseillées notamment par les forces spéciales canadiennes et soutenus l’aviation de la coalition dirigée par les États-Unis, ont conclu aujourd’hui lundi une opération contre le groupe État islamique (EI) dans le nord de l’Irak après avoir repris neuf villages aux djihadistes, selon un communiqué.

Cette opération à l’est de Mossoul « a atteint ses objectifs clés », a indiqué le Conseil de sécurité de la région autonome du Kurdistan irakien (KR Security Council), évoquant la reprise de neuf villages contrôlés par l’EI depuis juin 2014.

Environ 5.500 peshmergas soutenus par l’aviation de la coalition internationale ont pris part à l’opération lancée dimanche avant l’aube pour reconquérir au prix de violents combats le neuf vollages situés à environ 20 km à l’est de Mossoul.

Ils ont ainsi réussi à prendre le contrôle d’une zone d’environ 120 Km², près de la route principale entre Mossoul, le principal bastion de l’EI en Irak, et Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

Toujours selon le communiqué du KR Security Council, 140 djihadistes ont été tués et 14 voitures piégées détruites au cours de cette opération de deux jours.

Quatre peshmergas ont également été tués et 34 blessés, a aussi indiqué un responsable des forces kurdes au cours d’une conférence de presse.

Cette opération aux abords de Mossoul est intervenue en même temps qu’une offensive majeure -toujours en cours- des forces irakiennes contre Falloujah, une autre grande ville irakienne aux mains de l’EI.

Les forces spéciales canadiennes en Irak

Pendant ce temps, des responsables militaires américains confirmaient que les forces spéciales canadiennes étaient sur les lignes de front de la nouvelle offensive en Irak pour reprendre à l’EI les villages à l’est de Mossoul, rapportait de son côté le National Post.

Des soldats de la coalition ont été vues avec les forces kurdes alors qu’ils se préparaient pour la bataille dimanche.

Des membres du Régiment d’opérations spéciales(Canadian Special Operations Regiment) de la BFC Petawawa sont actuellement dans le nord de l’Irak pour former et conseiller les Kurdes.

Un correspondant de l’agence britannique Reuters rapporte avoir vu des soldats de la coalition charger des véhicules blindés à l’extérieur du village de Hassan Shami, à quelques kilomètres à l’est de la ligne de front de l’offensive contre l’EI. Les soldats parlaient anglais et leur uniforme, pour certains d’entre eux, arborait la feuille d’érable.

Même si le Canada refuse de qualifier la mission des forces spéciales canadiennes de « mission de combat », insistant sur leur rôle de conseil et d’assistance, les militaires canadiens guident également les frappes aériennes et, notait plus tôt cette année le chef d’état-major de la Défense, le général Jonatan Vance, les forces spéciales canadiennes peuvent être attaquées par les djihadistes, répliquer à l’attaque… et être blessés ou tués dans les combats.

Comme cela est arrivé en mars 2015, quand le sergent Andrew Doiron a été tué en Irak dans un incident de tir ami, au moment où des membres des Forces d’opérations spéciales ont été pris pour cible par erreur par les forces de sécurité kurdes à la suite de leur retour à un poste d’observation derrière les lignes de front.

Et ce n’est pas la première fois cette semaine que les forces spéciales canadiennes sont impliquées dans une offensive kurde. En décembre 2015, lors d’une attaque de grande ampleur des djihadistes du groupe armé État islamique, les forces spéciales canadiennes se sont retrouvés à prendre part à une contre-offensive majeure.

«Les attaquants ont été en mesure de s’infiltrer brièvement dans les positions défensives des FSK [forces de sécurité kurdes]. Nos forces ont alors conseillé les FSK et les ont aidées à lancer une contre-attaque et à rétablir leurs lignes défensives […] Ces actions mettent en valeur les contributions précieuses qu’ont apportées nos forces aux FSK et à la lutte contre l’EI», avait alors indiqué le major-général Charles Lamarre, Directeur d’état-major à l’État-major interarmées stratégique, et

«Tous les Canadiens peuvent tirer fierté du professionnalisme de nos membres et des efforts de la coalition», avait pour sa part déclaré en décembre le ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan peu après l’événement.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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