L’Équateur prêt pour accueillir les pourparlers de paix colombiens avec l’ELN

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L'ELN (Ejército de liberaciòn nacional) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/courtoisie/Espectador)
L’ELN (Ejército de liberaciòn nacional) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/courtoisie/Espectador)

L’Équateur est prêt pour accueillir les pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et la guérilla de l’ELN lorsque leurs différends seront « résolus » et qu’ils seront prêts à négocier, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères équatorien, Guillaume Long.

Lors d’une visite à Bogotá, M. Long a indiqué que l’Equateur est « en pleine capacité de recevoir les délégations pour la phase publique des dialogues » de paix entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste), afin de mettre un terme à plus de 50 ans de conflit armé.

« L’Équateur a été choisi pour entamer les dialogues et nous avons déjà le lieu (…) qui remplit toutes les conditions de sécurité requises pour ce type de négociations. Nous sommes à leur disposition. Lorsque les parties seront prêtes, nous pourrons commencer », a-t-il précisé lors d’un entretien à la radio colombienne BluRadio.

« Nous savons que certains obstacles ont surgi ces derniers jours et espérons qu’ils seront résolus », a-t-il ajouté.

Le gouvernement colombien et l’ELN, seconde guérilla du pays après les Farc, ont annoncé fin mars à Caracas leur disposition à entamer des pourparlers officiels, délocalisés en Equateur.

Mais aucune date n’a encore été annoncée pour le début de ces négociations, qui se tiendront ensuite également au Venezuela, au Chili, au Brésil et à Cuba, pays garants avec la Norvège de ce processus de paix, mené en parallèle à celui engagé depuis novembre 2012 à La Havane avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

Cependant le président Santos exige que l’ELN relâche en préalable tous ses otages, ce à quoi la guérilla a répondu le weekend dernier que les conditions posées par le gouvernement sont « un obstacle pour la paix ».

À la suite du séisme qui a dévasté la côte pacifique de l’Equateur mi-avril, M. Santos avait évoqué la possibilité de changer le lieu des négociations avec l’ELN, mais après avoir rencontré sur place son homologue Rafael Correa, il avait finalement confirmé le premier choix.

Le complexe conflit armé colombien a impliqué au fil des décennies plusieurs guérillas d’extrême-gauche, milices paramilitaires d’extrême-droite et forces armées, sur fond de violence des narcotrafiquants, faisant au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

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