15h52 (HNE) Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été tué par la police jeudi soir dans le quartier Neudorf, a-t-on appris de source proche du dossier.

16h57 (HNE) Le groupe armé État islamique revendique l’attentat de Strasbourg via l’agence Amaq et qualifie son auteur, Cherif Chekatt, de “soldat de l’Etat Islamique”

Intensification des opérations anti-EI en Syrie et en Irak

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Des soldats irakiens maintiennent leur position contre le groupe État islamique près de Falloujah dans la province irakienne Anbar le 3 mai 2016. (AFP/Archives/MOADH AL-DULAIMI)
Des soldats irakiens maintiennent leur position contre le groupe État islamique près de Falloujah dans la province irakienne Anbar le 3 mai 2016. (AFP/Archives/MOADH AL-DULAIMI)

Les forces soutenues par les Etats-Unis en Irak et en Syrie ont intensifié jeudi leurs opérations contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), les analystes prévenant toutefois que la bataille pourrait être longue.

Dans la Syrie ravagée par la guerre depuis cinq ans, l’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura a averti que de nombreux civils pris au piège des combats « risquent de mourir de faim » si l’aide humanitaire ne leur parvenait pas rapidement dans plusieurs localités.

Alors que les violences continuent d’enflammer plusieurs fronts en Syrie, le combat semble se concentrer contre l’EI dans la province de Raqa (nord-est) où se poursuit une offensive terrestre lancée mardi par une alliance de forces arabo-kurdes avec l’appui de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Cette alliance des Forces démocratiques syriennes (FDS) veut chasser l’EI du nord de la province de Raqa, contrôlée en grande partie par l’EI et dont le chef-lieu éponyme est considéré comme la capitale du groupe jihadiste.

A la faveur de l’offensive, la plus importante jamais lancée contre l’EI en Syrie, les combattants des FDS avancent lentement dans les champs agricoles et les villages au sud de la ville d’Aïn Issa, située à 60 km au nord de ville de Raqa et aux mains des forces kurdes.

Ils ont « libéré cinq villages dont ceux de Fatsa, Namroudiya, Wasta, et quatre champs », selon un communiqué des FDS.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les FDS bombardent les positions de l’EI près d’Aïn Issa, tandis que les avions de la coalition mènent des frappes sans arrêt.

Mais le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, a souligné que les FDS ne s’étaient pas encore emparées de positions importantes.

Selon lui, l’EI « concentre 2.000 combattants sur les lignes de front au nord de la ville de Raqa. Le groupe a préparé cette bataille depuis des mois en creusant des tunnels et en les bourrant d’explosifs. Il a également préparé des voitures piégées et ses combattants se cachent dans les immeubles parmi les civils ».

Les FDS ont souligné dès le départ que la bataille en cours serait concentrée uniquement dans le nord de la province de Raqa, mais les analystes soutiennent que la ville éponyme reste le principal objectif.

« L’objectif final est la ville de Raqa », affirme à l’AFP Mutlu Civiroglu, un analyste basé à Washington. « C’est possible que cela ne soit pas à court ou moyen terme mais il est important (pour les forces anti-EI) d’assiéger la ville et de bloquer les mouvements de l’EI ».

L’assaut dans Raqa a été annoncé au lendemain du début d’une offensive d’envergure de l’autre côté de la frontière, en Irak, pour reprendre à l’EI la ville de Fallouja.

Les troupes irakiennes soutenues par des milices progouvernementales ont avancé en direction de la ville, où les conditions de vie des civils sont dramatiques selon l’ONU.

Depuis le lancement de l’offensive lundi, seules 800 personnes ont réussi à fuir la cité située à 50 km à l’ouest de Bagdad, a indiqué l’ONU qui estime à 50.000 le nombre de civils vivant encore à Fallouja.

« La nourriture est rare et les distributions très contrôlées. Les médicaments sont épuisés et de nombreuses familles sont contraintes de s’approvisionner en eau non potable », a affirmé la coordinatrice de l’ONU pour l’Irak Lisa Grande.

Dans ce contexte, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a exhorté les citoyens ayant prévu de manifester vendredi à Bagdad pour un nouveau gouvernement de renoncer alors que les forces de sécurité bataillent pour reprendre Fallouja.

Les Etats-Unis et leurs alliés veulent reprendre Raqa, Fallouja et éventuellement Mossoul dans leur bataille contre l’EI, un groupe ultraradical responsable de terribles exactions dans les régions sous son contrôle en Syrie et en Irak et d’attentats meurtriers en Europe.

Mais les analystes mettent en garde contre des combats qui pourraient s’éterniser.

« Les défis en jeu pour affaiblir et chasser l’EI de positions fortifiées pendant longtemps sont énormes », écrit le groupe d’analyse Soufan basé à New York. La reprise de Fallouja « pose le plus grand défi militaire pour les forces irakiennes depuis deux ans ».

En Syrie, la « détermination de l’EI à défendre Raqa signifie que la bataille sera une des plus féroces » , ajoute-t-il. Les considérations ethniques sont également à prendre en considération, Raqa étant une ville à population arabe, tandis que la coalition des FDS est dominée par les Kurdes qui « ne sont pas vus comme des libérateurs ».

La guerre complexe en Syrie, dans laquelle sont impliqués plusieurs acteurs locaux et étrangers, a fait plus de 270.000 morts et poussé à la fuite des millions de Syriens depuis mars 2011.

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