Op IMPACT: le Canada envoie ses Griffon dans la lutte contre l’EI

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Des militaires des Forces armées canadiennes chargent des hélicoptères CH-146 Griffon, qui sont déployés dans le cadre de l’opération IMPACT, à bord d’un avion CC-177 Globemaster à la Base des Forces canadiennes Trenton (Ontario), le 4 mai 2016.(MDN)
Des militaires des Forces armées canadiennes chargent des hélicoptères CH-146 Griffon, qui sont déployés dans le cadre de l’opération IMPACT, à bord d’un avion CC-177 Globemaster à la Base des Forces canadiennes Trenton (Ontario), le 4 mai 2016.(MDN)

Dans le cadre de la contribution élargie du du Canada aux efforts déployés par la communauté internationale pour affaiblir et vaincre le groupe armé État islamique (EI), les Forces armées canadiennes ont récemment ajouté trois hélicoptères CH-146 Griffon, un centre du renseignement de toutes sources, et des formateurs supplémentaires à l’opération IMPACT, annonce aujourd’hui le ministère de la Défense.

Les trois hélicoptères CH-146 Griffon permettront, dit le communiqué d’Ottawa, «d’améliorer le transport tactique en théâtre, incluant les évacuations médicales au besoin. Les Griffon et leur équipage excellent dans le transport tactique de soldats et de matériel».

Les pilotes et personnels à bord des appareils disposeront de d’armes d’autodéfense de plusieurs calibres durant leur déploiement.

En outre, les Forces ont officiellement ouvert un centre du renseignement de toutes sources qui fera partie de la Force opérationnelle interarmées (Irak). Le centre, précise le ministère canadien de la Défense, a la responsabilité de recueillir, de synthétiser et d’analyser des renseignements provenant de différentes sources. Ces renseignements sont par la suite utilisés pour guider la planification opérationnelle et, ultimement, pour contribuer à la protection des forces de la coalition et à l’exécution de ses opérations.

« Le combat contre l’EI repose sur la collecte de renseignements crédible, intégrés et à jour. Il s’agit d’un élément essentiel à la planification et à l’exécution des opérations militaires. Le centre du renseignement de toutes sources nous permettra d’améliorer notre connaissance de la situation, de même que celle de la coalition. Les hélicoptères Griffon fourniront du transport tactique efficace en théâtre et enrichiront les capacités de nos formateurs en Irak. Toutes ces ressources canadiennes contribueront de manière substantielle aux opérations de la coalition», d’expliquer le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense.

L’envoi de personnel supplémentaire dans les domaines de l’aviation tactique, du renseignement et de la formation s’inscrit dans le cadre de la mission élargie du Canada, « qui verra éventuellement près de 830 militaires des Forces armées se déployer pour participer aux efforts de la coalition visant à améliorer la sécurité en Irak et dans la région », souligne aussi le communiqué du ministère

On prévoit que ces ajustements en matière de personnel et de capacités seront terminés d’ici la fin de l’été, précise-t-on.

Donc, tel qu’annoncé au moment du retrait des CF-18 le 15 février, malgré le retrait des chasseurs, le Canada poursuit la lutte, mais autrement.

Dans le cadre de la mission élargie, le Canada triple donc la taille de sa mission de formation, de conseil et d’assistance visant à aider les forces de sécurité irakiennes à planifier et à exécuter des opérations militaires contre l’EI.

Après avoir réorienté ses efforts sur, selon les mots du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, « ce que le Canada fait de mieux », Ottawa continue autant, sinon plus qu’avant, de jouer un rôle important aux côtés de ses partenaires en vue d’établir les conditions nécessaires pour que les forces de sécurité irakiennes atteignent leurs objectifs d’assurer la sécurité du pays de façon autonome.

« L’ajout de ces nouvelles capacités confirment l’inébranlable engagement du Canada envers la coalition internationale et le combat contre l’EI. La mission élargie du Canada contribue à créer les conditions favorables pour que les forces de sécurité irakiennes et ses partenaires régionaux atteignent leurs objectifs à long terme en les habilitant à planifier et à exécuter efficacement des opérations militaires visant à vaincre l’EI et à améliorer la sécurité et la stabilité dans la région », a déclaré à ce propos le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

Le point final au débat sur la crédibilité du Canada auprès de ses alliés

Plusieurs, surtout du côté des conservateurs, craignaient que le Canada ne perde toute crédibilité auprès de ses principaux alliés quand le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé qu’il tenait sa promesse faite en campagne électorale et, tel qu’annoncé, rapatriait au pays les six avions de chasse qui participaient aux frappes aériennes de la coalition internationale menée par les États-Unis contre l’EI en Irak et, accessoirement, en Syrie.

La réalisation de la nouvelle stratégie canadienne de lutte contre l’EI devrait mettre un point final au débat, un peu puéril, sur la crédibilité du Canada auprès de ses alliés.

Démenti éclatant de cette thèse de la perte de crédibilité auprès de nos alliés et illustration de l’importance du rôle que joue plus que jamais Ottawa sur la scène internationale, le Canada s’est joint cette semaine au Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) et le chef de la diplomatie canadienne a participé à Vienne même aux discussions pour tenter de sauver le fragile processus de paix.

L’invitation à se joindre au groupe coprésidé par les États-Unis et la Russie constitue un signe clair que le Canada contribue activement à la lutte contre le le groupe armé État islamique et à l’instauration de la paix et de la stabilité en Iraq et en Syrie, n’avait pas manqué de souligné, non sans une certaine satisfaction, le ministre canadien des Affaires étrangères: «Je suis fier que le Canada soit maintenant membre du Groupe international de soutien à la Syrie.[…] Le rôle du Canada dans la lutte pour la paix et la protection des civils dans la région sera rehaussé par notre participation au GISS ».

« La présence du Canada à Vienne permettra aussi «de mieux appuyer nos valeureux militaires et civils qui jouent un rôle important afin de permettre aux Irakiens et aux Syriens de vivre au quotidien dans la paix», avait également déclaré Ottawa à cette occasion.

En un mot comme en mille, pour un excellent « jeu vidéo », des chasseurs qui ciblent les positions ennemis, c’est formidable, mais, quand on cherche à établir les conditions de la paix, la présence du Canada dans les forums internationaux et, sur le terrain, les efforts en matière de renseignement, de logistique et de formation, sont sans doute moins « sexy », mais non moins importants…

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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