Opération PAIRS, qui offre du soutien aux soldats et vétérans la nuit, menacée de disparition

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L'équipe d'Opération PAIRS prête à aider militaires et vétérans. (Nathalie Corneau/45eNord.ca)
L’équipe d’Opération PAIRS prête à aider militaires et vétérans. (Archives/Nathalie Corneau/45eNord.ca)

Plombée par les dépenses encourus dans le local qu’elle occupait jusqu’en avril dernier où des problèmes de moisissures rendaient malade son personnel et empêtré dans un déménagement qui ne lui a pas laissé le temps d’organiser d’activités de financement, Opération PAIRS, qui ne touche pas de subvention et qui offre du soutien aux soldats et vétérans la nuit quand tous les autres services sont fermés, risque maintenant carrément de disparaître.
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Mise à jour au 01/06/2016 à 16h11

Yvon Poirier, président d’OP, écrit aujourd’hui « Nous pouvons sauver OP » et lance un autre appel. « Samedi prochain aura lieu un party de hotdogs familial sur les terrains de la Légion Royale. Si seulement 1000 personnes viennent faire un tour et laissaient 10 à 20,00$ chacune, OP serait sauvée ». Il fait aussi un appel aux bénévoles pour l’événement. Pour plus de détails, voyez sa page Facebook.

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Le 19 décembre 2015, avait lieu l’ouverture officielle du local d’Opération Pairs (O.P), situé alors sur le boulevard Valcartier « Un lieu chaleureux et un foyer accueillant qui sera ouvert de 22 heures à 6 heures du matin, tous les jours, afin d’accueillir les militaires actifs ainsi que les militaires en voie de libération ou libérés, afin de leur offrir un support nocturne », écrivait-on alors.

Mais les choses se sont gâtées rapidement. Le local du boulevard Valcartier s’est avéré insalubre et l’organisation l’abandonner en avril pour se loger temporairement dans un local offert par la Légion royale canadienne du 7101 boulevard Wilfrid Hamel Ouest, Québec.

«Vous avez probablement remarqué que les membres de l’équipe ont éprouvé des problèmes de santé durant les derniers mois. Hélas, force a été de constater qu’il y avait un lien direct avec l’édifice et ces réactions. Nous sommes donc contraints de cesser définitivement nos activités à cet endroit », avait alors expliqué l’organisation sur sa page Facebook.

Mais, si l’organisation a pu continuer d’offrir un support téléphonique 24/24, elle ne pouvait accueillir les personnes en difficultés ou qui cherchaient à briser leur isolement après 3h00, ce qui était pourtant au centre de sa mission.

Un local approprié est nécessaire à la réalisation de la mission

Opération PAIRS avait en effet été crée pour offrir une alternative « face aux vastes choix et accessibilité d’endroits non recommandés, tels que les bars ou autres ». L’idée était d’accueillir dans un local sans alcool où les substances illégales sont interdites et ce, dans un environnement sain, chaleureux, et sécuritaire, les personnes en difficultés durant la nuit au moment elles sont les plus vulnérables.

Le président de l’organisation, Yvon Poirier, tout en exprimant sa reconnaissance à la Légion royale canadienne qui héberge temporairement Opération PAIRS, a expliqué en entrevue téléphonique à 45eNord.ca, hier, que le local à la Légion ne permet pas à Opération PAIRS de remplir adéquatement sa mission, d’autant plus, de préciser M. Poirier, que les jeunes, qui constituent une partie importante de la clientèle visée, ne sont pas portés, à tort ou à raison, à se rendre dans un local de la Légion royale canadienne, associé dans leur esprit aux vétérans plus âgés.

L’attrait du local et son accessibilité demeurent sans contredit des facteurs non négligeablse quand il s’agit de recevoir des personnes en détresse ou qui ont simplement besoin de se retrouver avec leurs « pairs ».

En outre, l’organisation n’a évidemment pas encore eu le temps de s’assurer une subvention qui lui permettrait de respirer et de trouver un local qui lui permettrait de remplir véritablement sa mission. Toujours en entrevue avec 45eNord.ca, Yvon Poirier n’a pas caché qu’il avait l’impression de ne pas toujours être le bienvenu dans ce qu’il a appelé « l’industrie du rétablissement ». Industrie bien organisée où il n’est pas toujours facile de faire sa place…

Il est minuit moins une

Et c’est ainsi qu’une louable initiative née de ce qui semblait une excellente idée, offrir un support « nocturne » aux soldats et vétérans en difficultés, jeunes ou vieux, risque de finir en queue de poisson à moins d,un revirement inattendu.

« Une décision dure à prendre mais qui s’avère nécessaire: OP fermera officiellement ses portes dans dix jours à moins que nous ne réussissions à trouver les fonds requis », écrivait le 28 mai le président d’OP sur la page Facebook de l’organisation, ajoutant que « Pour vivre, OP aurait besoin d’un apport financier important de l’ordre de 20 à 30 000$ afin de louer un local, de l’aménager, d’y présenter des activités ».

Selon M. Poirier, le temps qu’Opération PAIRS a pu accueillir ces personnes en difficultés qui cherchait, minimalement, la compagnie de leurs « pairs », ont démontré deux choses: « que la mission répondait à un besoin réel et que […] l’accueil, le café, la chaleur humaine avaient permis de sauver des vies[ Yvon poirier parle de huit vies] sans compter l’établissement de liens avec des personnes formidables qui l’ont fréquenté ».

C’est donc aujourd’hui, à huit jours de l’échéance finale, « la campagne de la dernière chance », pour Opérations PAIRS, qui lance un appel à l’aide que nous reproduisons intégralement ci-dessous:

La mission d’OP est de servir et protéger ceux qui nous protègent et nous servent: militaires, pompiers, policiers, ambulanciers, agents des services correctionnels, personnel des lignes d’urgence et des salles d’urgence, garde-côtes, agents frontaliers, personnel de Search and Rescue,…, bref TOUS les premiers répondants.
OP c’est aussi une manière pour la société civile de manifester sa gratitude pour tous ces héros prêts à risquer leur vie – et qu’ils le font quotidiennement – pour elle. Voilà pourquoi on retrouve des civils et des personnes portant ou ayant porté l’uniforme au sein de l’équipe. Du coup, ceci contribue à lutter contre la ghettoïsation et à briser l’isolement.
OP est donc un point de rencontre entre ces deux mondes, un endroit où on peut être accueilli avec un bon café, écouté par un pair aidant et accompagné dans le dédale des ressources existantes mais aussi un endroit où on peut rire, apprendre et avoir du plaisir avec du monde hors de l’ordinaire : des gens pour qui l’Autre est important.
Si on oublie l’argent, voici des moyens concrets d’aider OP :
* Vous faites partie d’une grande organisation ? Adoptez-nous selon la formule « Maison Votre Entreprise – Opération Pairs et assumez les frais d’opération en totalité;
* Vous êtes dans les services ? Pour opérer nous avons besoin d’assurances, de câble, d’internet, de publicité, d’hébergement Web, etc. Vous pouvez donc absorber les frais qui relèvent de votre champs de compétence;
* Vous êtes dans les biens ? Matériaux pour aménagement, ameublement divers (fauteuils divans, tables basses, sièges de bars, miroirs), éclairage d’ambiance, sonorisation, ordinateurs, système téléphonique, réfrigérateurs commerciaux, système d’alarme… Allez-y aussi selon votre champs de spécialisation. Nous avons besoin de tout. Ce genre d’appui est tout autant efficace que nécessaire tout en vous permettant de contrôler comment votre appui est utilisé.
Nous ne demandons pas la charité ! « Redonner ce que l’on reçoit » est au cœur-même de OP. Si vous êtes en affaires, nous offrons différentes formules permettant de mettre en valeur votre générosité, que ce soit lors de nos activités ou sur nos différents médias. Vous y recevrez votre juste place.
Dans l’état actuel des choses, nous ne vous demandons pas de nous donner votre aide immédiatement. Un engagement nous suffit dans l’immédiat.
Alors que j’écrivais ce texte, un généreux donateur s’est manifesté et nous a offert 1 000$. Merci aussi à l’équipe de la Maison du Sergent de Trois-Rivières qui a ouvert un compte de financement populaire pour OP dont le solde est actuellement 340.
Comme mentionné dans le précédant message, nous comptabilisons ces dons sans les encaisser. Donc, 20 000 (340 + 1000) = 18 660 à trouver. Combien vaut une vie à vos yeux ?

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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